Avinoam Emunah, le chef pressenti de la nouvelle « garde nationale »

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Avinoam Emunah, le chef pressenti de la nouvelle « garde nationale »

Avinoam Emunah, le chef pressenti de la nouvelle « garde nationale » d’Israël

​​​​​​​Un commandant de l’armée israélienne connu pour avoir encouragé ses soldats à tuer des Palestiniens et refusé de travailler avec une femme pour des raisons religieuses est en lice pour diriger une nouvelle unité de sécurité controversée

Le gouvernement israélien a approuvé ce mois-ci le projet d’établissement d’une « garde nationale » sous le commandement direct du ministre de la Sécurité nationale, le politicien d’extrême droite Itamar Ben Gvir.

La garde nationale, à laquelle se sont opposés de hauts responsables de la sécurité israélienne, disposera d’un budget d’un milliard de shekels (environ 277 millions de dollars) et emploiera quelque 2 000 gardes qui auront la même autorité que les policiers.

Ben Gvir a déjà commencé à réfléchir à des candidats pour la commander afin de s’assurer que le programme de son chef s’aligne bien sur le sien.

L'’un des principaux candidats est Avinoam Emunah, un colonel à la retraite connu pour sa violence, et son rejet des femmes dans l'armée ayant des opinions religieuses strictes .

Avinoam Emunah, a été réprimandé par son commandant après avoir reconnu avoir rencontré récemment le ministre d’extrême-droite « sans coordination ni autorisation préalable comme il se doit, violant ainsi l’interdiction de contact direct entre les officiers de l’armée et les politiciens de haut rang », a déclaré le communiqué, confirmant une information de la radio de l’armée.

Le communiqué précise qu’Emunah, qui doit prendre sa retraite de l’armée dans six mois, a assumé la responsabilité de ses actes suite à sa rencontre avec Ben Gvir. Selon une source militaire, Emunah n’a rencontré Ben Gvir qu’une seule fois.

Emunah a été cité à plusieurs reprises comme l’un des principaux candidats pour diriger la nouvelle garde nationale controversée de Ben Gvir, que les critiques ont qualifiée de « milice privée » pour le politicien extrémiste.

Emunah a déjà suscité la controverse après avoir été filmé en 2014 en train de dire à des soldats avant une opération près de la Bande de Gaza : « Dans la majorité des cas, ils fuiront : tuez-les quand ils s’enfuient. » (La vidéo

En 2021, Emunah a été blâmé par le chef d’état-major de Tsahal de l’époque, Aviv Kohavi, et sa promotion prévue a été retardée de deux ans, en raison d’un incident survenu un an auparavant, au cours duquel un soldat de l’unité Maglan a été grièvement blessé en sautant d’un véhicule en marche dans un buisson épineux.

Emunah était à la tête de Maglan en 2016, lorsqu’un incident similaire s’est produit, et il n’a pas empêché cette coutume dangereuse de se perpétuer.

En 2018, en tant que chef de la 474e brigade régionale du Golan, Emunah a suscité la controverse après avoir demandé un porte-parole masculin pour l’unité, et non une femme soldat, apparemment pour des raisons religieuses. Bien que la majorité des soldats de l’unité du porte-parole de Tsahal soit des femmes, sa demande a été approuvée.

La semaine dernière, le cabinet a voté en faveur de la création d’une garde nationale, dont Ben Gvir a demandé qu’elle lui soit directement rattachée.

Cette force controversée devrait comprendre 2 000 militaires chargés de lutter contre la « criminalité nationaliste » et le terrorisme, et de « rétablir la gouvernance là où c’est nécessaire ».

Le calendrier de création de cette force est encore flou, mais il est probable que cela prenne plusieurs mois.

Les pouvoirs spécifiques accordés à la garde nationale, et à qui elle devra rendre des comptes, seront discutés par un panel de responsables de la sécurité qui rendra ses conclusions dans un délai de 90 jours, selon un communiqué du cabinet publié dimanche dernier.

Cette décision a suscité de nombreuses critiques, notamment de la part du chef de la police israélienne Kobi Shabtaï, qui a prévenu que si la garde nationale n’était pas subordonnée à la police, cela conduirait à un effondrement des forces de police et porterait atteinte à la sécurité des citoyens.

La procureure générale Gali Baharav-Miara a également tiré la sonnette d’alarme, déclarant au gouvernement qu’il existe un « obstacle juridique » à la version actuelle du projet de loi et que la police pouvait faire face à ses responsabilités sans service concurrent.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a promis à Ben Gvir de soumettre la question à un vote du cabinet en échange du maintien du ministre d’extrême-droite au sein du gouvernement, malgré sa forte opposition à l’interruption par Netanyahu du processus législatif de la réforme du système judiciaire afin de permettre un dialogue avec l’opposition.

Plusieurs anciens hauts responsables de la police ont également mis en garde contre ce projet, notamment l’ancien chef de la police israélienne Moshe Karadi, qui a déclaré que Ben Gvir pourrait utiliser les forces de l’ordre pour lancer un « coup d’État ».

Les groupes de défense des droits civils ainsi que les politiciens de l’opposition ont également exprimé leur extrême inquiétude quant à la proposition de placer une telle force sous le contrôle direct d’un ministre, arguant qu’elle pourrait politiser le maintien de l’ordre et saper le principe d’égalité dans l’application de la loi.

Carrière militaire

Parmi les différents rôles joués par Emunah dans l’armée, figure son service au sein de l’Unité 101, la force de parachutistes d’élite d’Israël, jusqu’à en devenir le commandant.

L’Unité 101 est l’une des unités les plus tristement célèbres de l’armée israélienne.
Elle a été créée en 1953 et dirigée au départ par l’ancien général et Premier ministre Ariel Sharon, qui lui donnera l’ordre de terroriser les communautés civiles palestiniennes, jordaniennes et égyptiennes au-delà des frontières d’Israël.

La carrière militaire de l’homme de 43 ans a connu une progression rapide, à l’exception d’un gel de deux ans dans le cadre d’une réprimande reçue alors qu’il commandait l’Unité Magelan.

Sous sa surveillance, un soldat avait été grièvement blessé après avoir sauté d’une jeep en mouvement dans un buisson dans le cadre d’une cérémonie d’initiation traditionnelle de l’unité.

Emunah est tout de même devenu le commandant de l’école de commandement tactique de l’armée israélienne et a commandé la division Hermon sur le plateau du Golan syrien occupé.

Engagement religieux

Avinoam Emunah est également connu pour ses opinions religieuses très pieuses et orthodoxes. Bien qu’il soit issu d’une famille laïque, il est devenu un juif pratiquant strict.

Dans l’armée, il a insisté pour passer une grande partie de son temps à prier et étudier les textes sacrés parallèlement à ses opérations militaires, au point d’avoir été critiqué pour avoir tenu à rester éveillé la nuit afin d’étudier les textes religieux avant des missions importantes et dangereuses.

Lors de son commandement d’une garnison sur le plateau du Golan syrien occupé, il a refusé d’accepter qu’une femme devienne son porte-parole, invoquant des raisons religieuses.

Après 24 ans de service militaire, Emunah a quitté l’armée l’année dernière lorsque sa promotion au poste de commandement de la division des parachutistes lui a été refusée.

Selon le journal religieux Arutz Sheva, des sources au sein de l’armée auraient déclaré que, plutôt que son zèle religieux, la raison pour laquelle il s’était vu refuser la promotion était son enthousiasme excessif vis-à-vis de l’usage de la force en tant que commandant.

Beaucoup ont déjà soulevé des craintes quant au fait que Ben Gvir – lui-même connu pour ses incitations à la haine contre les Palestiniens et son soutien à un groupe désigné comme terroriste – pourrait politiser le commandement de la force et en faire sa propre « milice privée ».

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