Artistes juifs :Saskia Boddeke & Peter Greenaway exposent à Berlin

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The Good Book revisité artistes juifs exposent à Berlin

The Good Book revisité

Saskia Boddeke & Peter Greenaway, « Obedience » Jewish Museum Berlin, 22mai – 15 novembre 2015. catalogue oublié par Kerber Publishers Bielefeld / Berlin.

Saskia Boddeke & Peter Greenaway exposent à Berlin Allemagne artistes juifs

Saskia Boddeke & Peter Greenaway exposent à Berlin Allemagne artistes juifs

L’artiste multimédia Saskia Boddeke et le cinéaste Peter Greenaway ont créé une installation au sein de 15 salles du Jewish Museuem de Berlin.

L’histoire d’Abraham qui accepta d’obéïr à Dieu lorsqu’il lui intima l’ordre de tuer son fils est reprise car il s’agit pour les deux artistes d’un des passages les plus important de la Bible. Il reste pour les trois religions monothéïstes l’épisode le plus populaire et significatif.

Le texte qui est passé dans le Judaïsme comme "le lien d'Isaac" lève toujours des questions auxquelles l'on répond différemment selon les trois religions.

L’exposition raconte à sa manière l’histoire d’Abraham, Isaac et Ismael selon un scénario qui déconstruit l’histoire originaire et la recompose afin de proposer un questionnement renouvelé autour du Sacrifice d’Isaac considéré ici comme avant tout un drame humain.

Avec en corollaires les interrogations essentielles : qu’est-ce qui est le plus important entre le commandement de Dieu et l’amour paternel et par delà la réflexion sur les priorités accordées soit à l’obéïssance, soit à la vérité.

Saskia Boddeke et Peter Greenaway ont l’intelligence et la modestie de ne pas – si l’on peut dire – trancher.
Face aux incarnations purement imagières et leurs matières trop lourdes et claquantes ils introduisent l’esprit de la lettre. Certains diront qu’il y a là l’intrusion de l’intelligence du logos au service de l’émotion.

Mais ce serait faire une belle biffure sur le sens même de l’art et de son rôle. Il possède une puissance par effet d’éther mais aussi par ses conditions matérielles d’existence. Les deux artistes le savent.

Au sein de leur travail tout se joue entre chair et esprit dans une approche où l’importance de l’image n’est pas abolie et pour cause. Elle passe néanmoins par divers filtres afin de renforcer l’imaginaire et la réflexion.

Le verbe premiers et les éléments visuels des deux artistes pousse à une exploration poétique de l’image. Elle soumet à une étrange initiation pour sortir le spectateur du simple état de regardeur ou de lecteur.

Il est sollicité d’une autre manière. Il devient aussi partie prenante avec le projet collectif. A la question de savoir « qu’est ce qu’une image ou ce qu’un lieu ouvre ? » les artistes répondent en faisant que l’opposition entre animus et anima y soit retournée (comme le lait tourne) par différents systèmes de création.

Tout sophisme visuel ou mercantile est évacué. Et la séduction n’empêche en rien l’altérité critique. Au contraire.

Jean-Paul Gavard-Perret

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