Après la mort de leur fils, ils lancent une IA israélienne qui sauvera des vies à la maison

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Après la mort de leur fils, ils lancent une IA israélienne qui sauvera des vies à la maison

« Nous voulions que Liram ait un impact positif, même après sa mort » : comment une tragédie familiale a donné naissance à une technologie israélienne capable de sauver des vies

En Israël, une famille bouleversée par la perte de son fils transforme son deuil en espoir. Grâce à une alliance entre Amdocs, Google et NVIDIA, une technologie inédite est née pour prévenir les accidents domestiques chez les adolescents.

Il suffit d’entendre parler quelques instants de Liram Daniel pour comprendre qu’il n’était pas un adolescent ordinaire. À 15 ans, ce jeune garçon passionné de sport, curieux de tout, profondément généreux, est tragiquement décédé dans un accident sportif survenu chez lui, alors qu’il était seul. Ce drame silencieux, survenu dans l’intimité d’un foyer, a donné naissance à un mouvement technologique d’envergure nationale, porté par ses parents et soutenu par les géants de la tech.

« Liram était un enfant joyeux et lumineux », confie son père, Ofir, la voix encore nouée par l’émotion. « Il était responsable, curieux, généreux. Il faisait tout avec humour et un grand sourire. Un élève brillant, un athlète passionné. On se levait à six heures du matin trois fois par semaine pour aller s’entraîner ensemble. »

À ses côtés, Liram ne cherchait pas la performance à tout prix. Il chérissait les valeurs, la persévérance, l’esprit d’équipe. « Un jour, il a traversé le pays de Rishon LeZion jusqu’à Metula pour un match de hockey. Il a joué à peine quelques minutes. Quand je lui ai demandé pourquoi il avait fait tout ce chemin pour si peu de temps sur la glace, il m’a répondu : “C’est le chemin qui compte, pas la durée de jeu.” »

Son professeur particulier, Anat, a écrit quelques mots bouleversants sur le mur commémoratif en ligne : « Son désir de perfection, d’en savoir toujours plus, le poussait à venir aux cours avec impatience. L’éclat de ses yeux et le sourire qui accompagnait ses progrès resteront gravés dans ma mémoire. »

Le drame qui a tout changé

Le jour du drame, Liram est seul à la maison. Il tente un exercice sportif de routine, tombe et se blesse mortellement. Ce genre d’accident, aussi silencieux que brutal, est loin d’être rare : 246 enfants sont morts dans des accidents domestiques entre 2018 et 2023, selon l’organisation Betrem, et 13 sont décédés dans leur propre jardin ces cinq dernières années.

Pourtant, peu de familles en ont pleinement conscience. « Les lois de la physique n’intéressent pas autant les enfants que les règles du jeu », note Daniel, un proche de la famille. « L’éducation scolaire ne les forme pas à percevoir les risques. Ils voient une aventure, un défi. Pas un danger. »

Un manque criant de sensibilisation

« En Israël, on parle beaucoup de sécurité routière, on commence à évoquer le cyberharcèlement… mais les accidents domestiques ? Personne n’en parle », s’indigne Ofir. « Il y a un vide dans le système éducatif, un manque de vigilance nationale sur ce danger pourtant omniprésent. »

Une initiative née du deuil : “Excellence par l’amour”

De cette douleur est né un projet : “Excellence with Love – Programme Liram”. L’objectif ? Allier éducation, technologie et valeurs humaines pour créer des outils capables de sauver d’autres vies.

« Nous ne pouvions pas faire comme si rien ne s’était passé. Liram a changé le monde en 15 ans. Nous voulons qu’il continue à le faire même après », explique Ofir. « C’est notre manière à nous de le perpétuer. »

Le hackathon “Safe In Sport”, organisé avec Amdocs, NVIDIA, Google et l’école de Liram, a été la première étape de ce projet. Le défi posé aux participants : imaginer des solutions technologiques pour prévenir les accidents sportifs à domicile, chez les adolescents de 10 à 17 ans.

Un hackathon porteur de sens

Plus de 200 participants se sont réunis, ingénieurs, étudiants, professionnels de la tech. Parmi eux, Eyal Gihon, un ami proche de Liram : « On s’est connus à l’école primaire. Il était toujours entouré, toujours prêt à aider. C’était une évidence pour moi de participer. »

Son équipe a mis au point un système de détection d’anomalies basé sur l’intelligence artificielle. « Si quelqu’un tombe et ne se relève pas dans la minute, l’algorithme détecte qu’il y a un problème. » Une idée simple, mais géniale. Et surtout, réalisable. « Les équipes d’Amdocs nous ont dit : tout est possible. »

Un projet technologique devenu réalité sociale

« C’est un privilège pour Amdocs d’avoir mené cette initiative », affirme Avishai Sherlin, PDG d’Amdocs Israël. « L’engagement de nos employés, de leurs camarades de classe, des partenaires, montre ce que nous pouvons accomplir quand la technologie épouse les valeurs humaines. »

Pour Gal Aljam, directrice de la stratégie d’Amdocs Israël, l’engouement a dépassé toutes les attentes : « En 24 heures, les inscriptions étaient complètes. Quinze équipes internes, près de 150 volontaires… Nous avons compris qu’il fallait aller plus loin. Aujourd’hui, nous travaillons avec des acteurs publics pour rendre cette solution accessible à tous les foyers israéliens. »

Une vision à long terme : sauver des vies à domicile

L’enjeu est clair. « Les enfants continueront à être actifs, sportifs. La solution passe par la technologie, mais aussi par la sensibilisation des familles, dès maintenant », souligne Ofir. « Il faut que chaque foyer israélien soit équipé. Il faut que ce danger soit connu. »

Interrogé sur le pouvoir de la high-tech à créer un impact social réel, Avishai Sherlin répond sans détour : « C’est notre devoir. La high-tech israélienne a une responsabilité énorme, qu’elle doit enfin assumer. Si nous mettons nos compétences, notre expérience, notre humanité, là où il le faut, nous sauverons des vies. »

Et Gal Aljam conclut avec une vérité simple mais profonde : « Seul, on ne peut rien. Ensemble, on peut tout. »

Voici le cœur du système :

Un algorithme d’IA apprend à reconnaître les comportements anormaux liés à une activité physique à domicile – comme une chute, une immobilité prolongée, ou un mouvement incohérent – et déclenche une alerte en cas de danger potentiel.

Exemple concret :

« Si un adolescent tombe pendant un exercice sportif et ne se relève pas au bout d’une minute, l’IA considère cela comme une anomalie critique et envoie immédiatement une alerte aux parents ou aux secours. »

Le dispositif peut être connecté à des capteurs ou à une caméra (selon le degré d’installation souhaité par la famille), et agit comme un système de prévention proactive, intervenant avant qu’il ne soit trop tard. Il ne s’agit donc pas simplement d’un bouton d’urgence, mais d’une technologie prédictive, autonome, intelligente.

Ce système a été pensé pour les jeunes de 10 à 17 ans, une tranche d’âge souvent en mouvement, sportive, curieuse — mais qui ignore encore les limites du danger physique à la maison. Le but est de protéger les enfants même lorsqu’ils sont seuls, grâce à un système discret, non intrusif, mais réactif.

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