Le Pen jugé après la présidentielle pour ses propos sur l'Occupation

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Le président du Front National (FN), Jean-Marie Le Pen, sera jugé par le tribunal correctionnel de Paris les 7 et 8 juin 2007 - après l'élection présidentielle - pour ses propos sur l'occupation allemande en France publiés dans Rivarol, a-t-on appris jeudi auprès du tribunal.

Le dirigeant du FN devra répondre devant la 17e chambre correctionnelle, présidée par Joël Boyer, des délits de "complicité d'apologie de crime de guerre" et "complicité de contestation de crime contre l'humanité" pour son interview publiée le 7 janvier 2005 par l'hebdomadaire d'extrême droite Rivarol. Me Arno Klarsfeld, avocat de l'association des fils et filles de déportés juifs de France (FFDJF), partie civile dans cette affaire, a vivement contesté les dates choisies par le tribunal. "Je dénonce la décision de pure opportunité d'organiser ce procès après la présidentielle, cela peut-être afin de protéger M. Le Pen contre une éventuelle sanction d'inéligibilité", a indiqué Me Klarsfeld à l'AFP. "Je demanderai à la prochaine audience-relais (audience de procédure, ndlr) le 7 février à ce qu'il soit jugé plus tôt", a-t-il ajouté.

M. Le Pen a été renvoyé devant le tribunal à la suite de deux informations judiciaires ouvertes en mars 2005. La première instruction ouverte par le parquet de Paris pour "apologie de crime de guerre" visait une présentation jugée "favorable" par M. Le Pen de la Gestapo, organisation jugée criminelle par le tribunal de Nuremberg pour son rôle dans les crimes contre l'humanité perpétrés par les nazis. La seconde avait été ouverte pour "contestation de crime contre l'humanité", suivant une plainte avec constitution de partie civile déposée par l'association des fils et filles de déportés juifs de France (FFDJF).

Elle visait un passage dans lequel M. Le Pen a notamment déclaré: "en France du moins, l'occupation allemande n'a pas été particulièrement inhumaine, même s'il y eut des bavures, inévitables dans un pays de 550.000 kilomètres carrés". Les deux poursuites seront examinées en même temps devant le tribunal, les 7 et 8 juin, a indiqué M. Boyer, lors d'une audience de fixation, jeudi. Lors de cette audience, l'avocat de M. Le Pen, Me Wallerand de Saint-Just, a indiqué qu'il comptait faire citer quatre à cinq témoins.

Selon Me de Saint-Just, les propos de M. Le Pen n'étaient pas destinés à publication puisqu'ils ont été tenus avec le journaliste "dans une conversation à bâtons rompus", "sur le pas de la porte", après l'interview proprement dite.

 

 

 

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