La soeur de Guy Môquet, gardienne émue de la lettre du jeune résistant

Antisémitisme/Racisme - le - par .
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lettreg.jpgSAINT-LO, le 22/05/07- La lettre écrite en 1941 par Guy Môquet avant son exécution est soigneusement conservée à Saint-Lô par la soeur adoptive du jeune résistant qui accueille favorablement la décision de Nicolas Sarkozy de la faire lire à chaque rentrée dans les lycées.

"Il me considérait comme sa fille et puis il m'a donné son nom, un geste d'une grande générosité", souligne cette petite femme aux cheveux courts. "Il avait une très forte personnalité et mon grand regret c'est qu'il n'ait pas écrit le récit de sa vie". Le jeune homme a 17 ans quand il écrit, au crayon à papier, sa dernière lettre à ses parents juste avant d'être fusillé avec 26 autres camarades, le 22 octobre 1941, à Châteaubriant ( "Prosper était très fier qu'on rende hommage à son fils", avance Anne-Marie Môquet.

Mais elle refuse de prêter à son père, décédé en 1986, un quelconque avis sur l'initiative de "Je trouve l'initiative très bonne si cette lecture peut éveiller quelques sentiments chez les jeunes et leur enseigner l'importance de notre histoire", confie Anne-Marie Môquet, qui n'avait pas été prévenue à l'avance de l'annonce faite le 16 mai par le nouveau président de la République. Mais "j'aimerais éviter toute banalisation", ajoute-t-elle, en souhaitant que la lecture la replace dans son contexte, "faute de quoi elle n'est plus qu'une simple lettre émouvante". Anne-Marie Môquet conserve cette lettre, désormais très célèbre, dans une simple pochette plastifiée à son domicile. "Nous l'avons trouvée dans le portefeuille de sa mère", raconte Anne-Marie Môquet, adoptée à l'âge de 7 ans par Prosper Môquet, le père de Guy, lorsque celui-ci a épousé, en secondes noces, sa mère en 1960. "Guy vouait une grande admiration à son père.

C'était un enfant très doué, qui avait appris à lire à 4 ans avec sa mère, très instruite", relate-t-elle. "C'était un enfant vraiment exceptionnel, une étoile filante, d'où le fait qu'il soit devenu un symbole".Loire-Atlantique).Nicolas Sarkozy. "Je ne peux pas accepter que des gens s'approprient sa pensée", lance-t-elle. A la mort de Prosper, cheminot et député communiste, sa fille a récupéré ses biens, les a triés pour les conserver soigneusement en attendant de les donner à un musée. "Son appartement de la rue Baron à Paris était un vrai mausolée", se rappelle-t-elle.

Elle a donc rapatrié chez elle de très nombreux courriers, mais aussi des jouets ayant appartenu à son frère, comme des petits soldats de plombs, ainsi que des dessins de son plus jeune frère Serge, décédé en 1944. "Il n'a pas toujours été facile de vivre avec ce passé, mais j'en suis sortie grandie", conclut celle qui, depuis l'âge de 7 ans, se rend régulièrement à Châteaubriant pour assister aux cérémonies à la mémoire des résistants.

 

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