Jeune juif séquestré à Bagneux en 2008: six jeunes renvoyés au tribunal

Antisémitisme/Racisme - le - par .
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NANTERRE  — Une juge d'instruction de Nanterre a renvoyé au tribunal six jeunes accusés d'avoir séquestré et commis des violences à l'encontre d'un jeune juif à Bagneux (Hauts-de-Seine) en 2008, sans retenir le caractère antisémite initialement évoqué dans l'affaire, a-t-on appris de source judiciaire.

Le jeune homme, alors âgé de 19 ans, avait été attiré au matin du 22 février 2008 dans l'appartement de l'un des mis en cause pour s'expliquer sur un prétendu vol dont l'accusaient ses agresseurs.

Séquestré toute la journée dans l'appartement puis dans le box d'un garage, il avait subi des violences et des sévices, notamment des actes humiliants à caractère homophobe, qui avaient entraîné cinq jours d'incapacité totale de travail (ITT).

Lorsque l'affaire avait été révélée en mars 2008, l'évocation de soupçons d'insultes et d'humiliations à caractère antisémite avait déclenché l'indignation d'associations comme la Ligue contre le racisme et l'antisémitisme (Licra), SOS Racisme, Ni putes ni soumises, et du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF).

La Licra s'était constituée partie civile.

De son côté, la mairie communiste de Bagneux, "indignée", avait appelé à éviter tout "amalgame hâtif" avec la séquestration meurtrière d'Ilan Halimi deux ans plus tôt dans la même ville par le "gang des barbares".

Les six suspects, alors âgés de 17 à 24 ans, et qui tous connaissaient la victime, avaient été mis en examen pour "violences en réunion à raison de l'appartenance véritable ou supposée à une race ou à une religion et en raison de l'orientation sexuelle, séquestration en bande organisée, actes de torture et de barbarie, vol aggravé, extorsion et menaces".

Dans son ordonnance en date du 19 mai, la juge d'instruction Nathalie Turquey a suivi les réquisitions du parquet de Nanterre en ne retenant ni la qualification d'"actes de torture et de barbarie", passible de la cour d'assises, ni la circonstance d'antisémitisme, en raison des incertitudes de la victime sur ce point.

Quatre des six suspects sont cependant renvoyés devant le tribunal correctionnel, notamment pour "séquestration", "violences en réunion en raison de l'orientation sexuelle" et "vol".

L'un des six jeunes, remis en liberté en décembre dernier, n'est finalement poursuivi que pour "complicité de séquestratrion". Celui qui était mineur au moment des faits, libéré en octobre 2008, est pour sa part renvoyé devant le tribunal pour enfants.

Dans son ordonnance, la juge d'instruction a accordé deux nouvelles remises en liberté. Seuls deux des six suspects sont désormais toujours en détention provisoire.

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