Jean-Marie Le Pen sera jugé pour ses propos sur l'Occupation

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Jean-Marie Le Pen a été renvoyé en correctionnelle pour "complicité de contestation de crimes contre l'humanité et complicité d'apologie de crimes de guerre" en raison de déclarations sur l'Occupation dans l'hebdomadaire d'extrême droite Rivarol en janvier 2005, apprend-on de source judiciaire.

Le président du FN est renvoyé devant le tribunal de Paris dans deux informations judiciaires distinctes, l'une ouverte en mars 2005 par le parquet de Paris, l'autre en avril 2005 à la suite d'une plainte de l'association des "Fils et filles des déportés juifs de France".

Jean-Marie Le Pen avait estimé, dans un entretien à l'hebdomadaire d'extrême droite, que l'occupation allemande de la France entre 1940 et 1944 n'avait "pas été particulièrement inhumaine, même s'il y eut des bavures, inévitables dans un pays de 550.000 kilomètres carrés".

Il racontait un épisode supposé où la Gestapo avait joué, selon lui, un rôle positif en empêchant un officier allemand de faire fusiller des civils en représailles d'un attentat.

"C'est la Gestapo de Lille, avertie par la SNCF, qui arriva aussitôt à deux voitures pour arrêter le massacre. On pourrait multiplier les anecdotes de ce type", disait Jean-Marie Le Pen.

Enfin, il déclarait: "ce n'est pas seulement de l'Union européenne et du mondialisme que nous devons délivrer notre pays, c'est aussi des mensonges sur son histoire, mensonges protégés par des lois d'exception".

Ces propos avaient soulevé un tollé dans le monde politique et suscité des réserves jusqu'au sein du FN, notamment de la part de la propre fille de Jean-Marie Le Pen, Marine. Le ministre de la Justice de l'époque, Dominique Perben, avait demandé une enquête judiciaire.

Le FN a dénoncé un procès "politique".

La peine encourue pour "contestation de crimes contre l'humanité", délit créé par une loi de 1990, est d'un an de prison et 45.000 euros d'amende au maximum. Une sanction d'inéligibilité peut éventuellement l'accompagner.

Jean-Marie Le Pen, 78 ans, qui avait provoqué un séisme politique en se qualifiant pour le second tour de la présidentielle de 2002 face à Jacques Chirac, entend être candidat à l'Elysée l'an prochain s'il obtient les 500 parrainages d'élus nécessaires.

Le procès de première instance devrait se tenir avant le scrutin mais, en cas de sanction, le président du FN pourra déposer un appel suspensif.

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