Antisémitisme à Breads Bakery : Employés exigent la rupture avec Israël sous couvert de syndicat

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Antisémitisme à Breads Bakery : Employés exigent la rupture avec Israël sous couvert de syndicat

« Plus de catering pour l’occupation » : les employés d’une boulangerie israélienne à New York se rebellent contre leurs patrons

Les salariés de la chaîne de boulangeries israélienne Breads Bakery, l’une des plus en vue de New York, ont annoncé la création d’un comité d’entreprise – une première dans l’histoire de la marque.
Au cœur de leur démarche : une exigence adressée aux propriétaires israéliens, Gadi Peleg et Yonatan Ploom, de rompre tout lien avec l’État d’Israël et de cesser ce qu’ils qualifient de
« soutien au génocide à Gaza ». Représentant 275 employés répartis sur six boutiques, le groupe, baptisé Breaking Breads, prévient que tout refus de satisfaire ces demandes entraînera la paralysie de l’une des institutions culinaires les plus emblématiques de la communauté israélienne dans la ville.

Succès commercial et crise sociale

Le conflit éclate alors que la chaîne connaît un triomphe éclatant. Sa babka au chocolat, créée par le chef Uri Shef, vient d’être classée parmi les 25 pâtisseries incontournables de New York par le New York Times, qui y voit le symbole d’un « renouveau de la babka » dans la pâtisserie américaine. Depuis cette consécration, les ventes quotidiennes de ce produit sont passées de quelques unités à plus de 1 000 exemplaires, en route pour devenir un emblème de la ville.

Des revendications politiques et sociales mêlées

Le comité a remis aux dirigeants une liste de revendications incluant le refus de participer à tout « projet sioniste ».
Sont notamment cités le festival culinaire juif The Great Nosh, accusé de bénéficier du soutien de « parties appuyant Tsahal », ainsi que la fin de la production de cookies décorés aux couleurs du drapeau israélien.

Les salariés exigent également l’arrêt immédiat des prestations de catering pour des événements liés à des organisations qu’ils accusent de financer « l’occupation israélienne ». Selon eux, la lutte pour des salaires justes et un traitement digne est indissociable de leur opposition à « l’exploitation et au massacre à travers le monde ».

Parallèlement, ils dénoncent des pratiques discriminatoires. Dans un communiqué diffusé en anglais, arabe, espagnol et français, ils affirment que la direction leur a interdit de s’exprimer en arabe entre eux et les a laissés sans protection face à des « clients violents ». Ils pointent également des salaires au niveau du minimum légal, des conditions de travail précaires, du matériel défectueux et une surveillance omniprésente – y compris dans les vestiaires – dans une entreprise dont le chiffre d’affaires annuel avoisinerait les 30 millions de dollars.

« Nous travaillons sans relâche, même pendant les fêtes, nous nous blessons quotidiennement, nous dormons dans la file d’attente des toilettes, mais nous ne touchons aucune majoration pour les heures supplémentaires, dénonce le comité. Ceux qui ont tenté de s’organiser ont été licenciés. Nous voulons plus qu’un salaire minimum dérisoire : nous exigeons un changement culturel profond. »

Engagement pro-israélien de la direction depuis le 7 octobre

Depuis le 7 octobre 2023, les propriétaires s’étaient fortement mobilisés en faveur d’Israël. Ils avaient levé plus de 20 000 dollars pour le Magen David Adom en vendant des challahs en forme de cœur à 36 dollars pièce, et offert des cookies « black & white » pour une soirée caritative qui a récolté 27 000 dollars au profit de zones touchées par le terrorisme en Israël. « Ce qui s’est passé en Israël était un acte de mal absolu ; ce que nous faisons ici est un acte de bien absolu », avait alors déclaré Gadi Peleg.

Le comité prévient : en cas de signature d’une convention collective, ce type d’actions de solidarité avec Israël cessera immédiatement.

Une première rencontre tendue

Les salariés racontent une première confrontation houleuse au magasin d’Union Square, où une représentante du comité a pris la parole devant Yonatan Ploom. « La fine carapace de leur pouvoir s’est brisée en un million de miettes », écrivent-ils. Selon eux, les propriétaires ont ensuite tenté de quitter les lieux tandis que le discours était repris devant la boutique.

Origines et contentieux de la marque

Fondée comme filiale américaine de la boulangerie Lechem de Tel-Aviv, créée par Uri Shef, Breads Bakery a connu une scission retentissante entre Shef et Gadi Peleg. Une procédure judiciaire a opposé les deux hommes : Shef accusait Peleg de l’avoir écarté, d’avoir utilisé ses recettes sans autorisation et d’avoir détourné des salariés vers d’autres projets personnels. Peleg, resté aux commandes à New York, n’avait pas répondu publiquement à ces allégations. Shef a depuis lancé une nouvelle chaîne, Bakei, à Boston.

Prochaines étapes

Le comité indique que la suite dépendra de la réaction de la direction. En cas de refus de reconnaître l’organisation syndicale, les salariés saisiront les autorités fédérales du travail américaines pour contraindre la chaîne à négocier. Contactée, Breads Bakery n’avait pas répondu au moment de la publication.

Ce mouvement s’inscrit dans une vague plus large de tensions anti-israéliennes touchant des établissements alimentaires aux États-Unis depuis le début de la guerre. À New York, des employés de Hummus Kitchen ont été agressés après que le propriétaire israélien Maor Vanunu a accroché un drapeau israélien en vitrine ;

au Café Aronne, le personnel a démissionné en bloc en raison du soutien du gérant à Israël ; à Philadelphie, une manifestation pro-palestinienne a visé la falafel de Michael Solomonov après une donation de son groupe à United Hatzalah – un rassemblement qui avait suscité des condamnations jusque dans l’entourage du président Biden.

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