Amichai Eliyahu persiste et signe : « Ce n’est qu’après la victoire qu’on s’occupera des otages »

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Amichai Eliyahu persiste et signe : « Ce n’est qu’après la victoire qu’on s’occupera des otages »

Les otages : victimes secondaires d’une guerre idéologique ?

Amichai Eliyahu persiste et signe : « Ce n’est qu’après la victoire qu’on s’occupera des otages »

Alors que la société israélienne est encore meurtrie par les séquelles du 7 octobre et que des dizaines d’otages croupissent toujours à Gaza, les propos d’Amichai Eliyahu, ministre du Patrimoine, continuent de provoquer la stupeur.
Ce matin, au micro de la radio religieuse Kol Hai, le ministre a tenu des déclarations choc : « Les personnes kidnappées devraient être considérées comme des prisonniers. Nous ne nous occupons des prisonniers qu’une fois la victoire acquise », a-t-il asséné, balayant d’un revers de main l’idée que la libération des otages doive être une priorité.

« Le sort des prisonniers est réservé à la fin de la guerre »

Pour Eliyahu, l’objectif est limpide : éradiquer le Hamas avant toute autre considération. Selon lui, mettre les otages au centre du débat « embrouille l’armée » et « empêche de prendre les décisions qui s’imposent ». Il déplore ce qu’il qualifie de « bégaiement stratégique », dénonçant l’hésitation de l’armée et du gouvernement face à une pression internationale grandissante — y compris au sein même de la population israélienne.

« Il y a des otages, nous ne sommes pas en territoire stérile », a-t-il reconnu, tout en fustigeant ceux qui placent leur libération au-dessus de la victoire militaire. « C’est une erreur », a-t-il tranché. Et de rapporter les paroles d’un père d’otage qui, selon lui, aurait suggéré de considérer ces derniers comme des prisonniers de guerre. Une formulation qui, pour le ministre, redéfinit l’ordre des priorités : « Ils doivent être protégés, mais leur sort se décide à la fin. »

« Quand on les appelle otages, cela devient leur guerre. Il faut les considérer comme des prisonniers de guerre, et battre l’ennemi », insiste-t-il. Une rhétorique glaçante, dans un contexte où le moindre mot prononcé par les ministres israéliens est scruté par la communauté internationale.

Une voix radicale au sein du gouvernement

Amichai Eliyahu n’en est pas à son premier dérapage verbal. Ministre d’un portefeuille créé en 2015 pour satisfaire les équilibres de coalition, il s’est illustré par des propos qui, à plusieurs reprises, ont embarrassé les instances gouvernementales israéliennes.

En novembre 2023, soit un mois après les attaques du Hamas qui ont coûté la vie à plus de 1200 personnes, alors que 241 otages étaient encore aux mains du groupe terroriste, le ministre évoquait sans sourciller la possibilité de larguer une bombe nucléaire sur Gaza. Interrogé à la radio sur cette idée d’une frappe atomique « demain matin », il avait répondu sans détour : « C’est une solution. » Et d’ajouter : « L’autre solution est de vérifier ce qui leur importe, ce qui pourrait constituer leur prochain moyen de dissuasion. »

En janvier 2024, dans un entretien accordé à Ynet, le même Eliyahu s’exprimait sur le transfert de la population gazaouie et la colonisation juive de la bande de Gaza, affirmant que son parti Otzma Yehudit ne proposait pas un transfert forcé, mais « une amélioration des conditions de logement pour ceux qui le souhaitent. »
Puis, dans un éclair de lucidité cynique, il avouait :
« C’est l’équivalent du mot transfert, je l’ai utilisé ailleurs. » Avant de conclure : « Nous proposons une immigration volontaire. Nous ne le disons pas, mais des gens de gauche en ont parlé aussi. »

Une communication désastreuse ?

Ces propos répétés, radicaux, voire ouvertement extrémistes, sont de plus en plus dénoncés par des voix israéliennes soucieuses de l’image du pays. Dans un climat où la guerre à Gaza suscite une condamnation croissante à l’étranger et où la crise humanitaire s’aggrave de jour en jour, les mots d’Amichai Eliyahu sont jugés contre-productifs, voire nuisibles à la diplomatie israélienne.

Mais pour le ministre, peu importe les critiques. Il revendique une ligne dure, décomplexée, assumée : éradiquer Gaza, coûte que coûte, quitte à reléguer la souffrance des familles d’otages au second plan. « Tout Gaza sera juif », a-t-il lancé sans détour, dans une déclaration qui a fait le tour du monde et nourri les accusations d’annexionnisme.

Face à ce réalisme brutal, certains s’interrogent : le gouvernement israélien peut-il encore concilier guerre totale contre le Hamas et exigence morale envers ses propres citoyens détenus ? Et surtout, à quel prix cette stratégie pourrait-elle être menée jusqu’au bout sans faire imploser les fondements éthiques d’une démocratie en guerre ?

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