A-wa : trois sœurs israéliennes d'origine yéménite cartonnent en Israël et dans le monde arabe.

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Ces trois sœurs israéliennes d'origine yéménite cartonnent à la fois en Israël et dans le monde arabe. Trois soeurs israéliennes qui parlent au monde arabe.

En arabe, A-Wa (prononcez « Aïwa ») veut dire oui. Oui, au frémissement intempestif des épaules et des hanches qui prend tous ceux qui écoutent les trois sœurs.
Oui, à leur joie communicative. Oui, au message d'unité qu'elles véhiculent dans le monde arabe.

Issues d'une famille juive yéménite exfiltrée en Israël en 1949, les sœurs Haim (Tair, Liron et Tagel) ont grandi dans une maison construite en plein désert, à Shaharut, à la frontière israélo-jordanienne, par leur père architecte écolo et leur mère thérapeute holistique. Avec leurs grands-parents, elles chantent des piyyout, des poèmes..

Vêtues comme des princesse des Mille et une nuits et venues tout droit d'Israël, les trois filles d’A-WA sont bien dans leurs baskets clinquantes et leurs robes traditionnelles. À chaque concert, ce trio de sœurs recrée l'ambiance énergisante d'une « nouba » du désert.

« On appartient à une tribu ancestrale, celle de nos grands-parents qui ont quitté le Yémen pour émigrer en Israël », explique à l'AFP Tair Haim, 32 ans, l'aînée du trio formé avec Liron, 30 ans, et Tagel, 26 ans.

Loin des capitales survoltées, les trois chanteuses ont grandi dans un village désertique du sud d'Israël. Elles ont puisé leur inspiration musicale de leurs racines : des chants folkloriques transmis à l'oral, de génération en génération, par les femmes de la famille. « C'est à une cérémonie de henné (rituel des mariages dans le monde arabe, juif et musulman, NDLR) que j'ai entendu pour la première fois, enfant, cette musique traditionnelle yéménite. Je me suis alors passionnée pour cette tradition, j'apprenais des chansons par cœur, je savais que je voulais en faire quelque chose », se souvient Tair Haim.

À la tout fin des années 1940, lors de l’opération clandestine baptisée « Tapis volant », quelques 45.000 Juifs du Yémen ont été déplacés vers le jeune État d’Israël.
Cet événement a marqué les esprits. La scène culturelle israélienne, aussi bien musicale que cinématographique ou littéraire, revient, depuis quelques années, à un retour aux racines arabes.
La « troisième génération » d'immigrés juifs venus du Yémen ou du Maroc s'attachent aujourd’hui à montrer que les identités arabe et juive se complètent plus qu'elles ne s'opposent.

En  2015, A-WA met en ligne le clip de leur futur tube Habib Galbi (« L'Amour de mon cœur », en arabe). Les trois sœurs « omettent » de préciser qu’elles sont israéliennes, ne s'expliquent pas sur le fait de porter dans le clip un voile flashy sur leur chevelure de jais. « On voulait que les gens viennent à nous l'esprit ouvert, en écrivant quelque chose comme : "Nous vous apportons le vent frais du désert du Yémen" », se souvient Tair.

Il a suffi d’une chanson qu’A-WA (prononcé "Aïwa", qui veut dire "oui" en arabe) séduise Israël. La radio militaire, la plus écoutée du pays, en a fait le tube de l'été dans l'État hébreu.

Du jamais vu pour une chanson en arabe. Dans les mariages, les discothèques, en voiture, les Israéliens fredonnent le refrain entêtant d'Habib Galbi et s'essayent à la danse du clip, un mélange de danse folklorique arabe et de break-dance.

Avec plus de deux millions de vues sur Internet, le titre Habib Galbi est un succès dans tout le Proche-Orient. « C'est incroyable qu'on ait autant de fans dans le monde arabe, tous ces messages que l'on reçoit », s'emballe Liron, la cadette, qui dit aimer répondre à ce public habituellement frileux vis-à-vis des artistes israéliens.

En Europe, les festivals et les radios ont repéré depuis quelques mois l'intriguant trio féminin, qui se définit comme un « chœur israélo-yéménite ». Depuis, les sœurs, dont les deux plus jeunes vivent ensemble en colocation à Tel-Aviv, multiplient les tournées à l'étranger. « On a des moments télépathiques sur scène, c'est comme quand on était petites et que l'on jouait ensemble », assure Liron.

Le groupe A-WA emboîte le pas à quelques grands succès israéliens : la chanteuse transsexuelle Dana International dans les années 1990, puis Asaf Avidan, le « Janis Joplin israélien », la chanteuse Yaël Naim, sacrée vendredi artiste féminine de l'année aux trente-et-unièmes Victoires de la musique, ou encore l'autre grande voix israélienne d'origine yéménite, Achinoam Nini, plus connue sous le nom de Noa...

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