7 octobre : l'officier qui a ignoré les avertissements du Hamas définitivement renvoyé

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7 octobre : l'officier qui a ignoré les avertissements du Hamas définitivement renvoyé

 

Le lieutenant-colonel qui dirigeait le renseignement de la division de Gaza le 7 octobre 2023, et qui avait qualifié d'"imaginaire" un avertissement détaillé sur l'attaque imminente du Hamas, a été formellement démis de ses fonctions au sein de Tsahal le jeudi 17 septembre 2026. Trois ans après le massacre qui a coûté la vie à environ 1 200 personnes et vu 251 otages enlevés, cette décision referme l'un des derniers dossiers disciplinaires ouverts contre les responsables militaires de l'époque.

Un avertissement écrit ignoré trois semaines avant l'attaque

Identifié uniquement par la lettre hébraïque "Aleph" en raison d'une interdiction de publication toujours en vigueur, cet officier occupait le poste de chef du renseignement de la division de Gaza avant et pendant l'attaque du 7 octobre 2023.
Le 19 septembre 2023, soit près de trois semaines avant le massacre, l'unité 8200 avait remis un dossier détaillant un plan d'invasion du Hamas baptisé "Jericho Wall".
Ce document décrivait des exercices d'infiltration de localités israéliennes, la prise d'otages de soldats et de civils, ainsi que les conditions dans lesquelles ces otages pourraient être exécutés.

Dans les jours suivants, une sous-officière du renseignement de l'unité 8200, désignée sous le nom de code "Vav", avait envoyé un courriel à plusieurs responsables, dont Aleph, les pressant d'agir. Elle y écrivait que "l'épée arrive" et appelait à "prévenir la population" tant qu'il était encore temps, précisant que les exercices repérés montraient que le plan "Jericho Wall" était opérationnel et que le Hamas disposait déjà de forces entraînées prêtes à l'exécuter dès réception de l'ordre. Aleph avait répondu que le scénario décrit était "totalement imaginaire".

Des soldats d'observation avaient également alerté sans être entendus

Au moins trois mois avant l'attaque, des soldats affectés à la base de Nahal Oz, située à un kilomètre de la frontière de Gaza, avaient signalé une activité inhabituelle : des entraînements répétés d'opérateurs du Hamas plusieurs fois par jour, le creusement de trous et la mise en place d'explosifs le long de la frontière. Selon leurs témoignages, aucune mesure n'avait été prise à la suite de ces signalements.

Contrairement à d'autres hauts gradés, Aleph n'a jamais démissionné

Après l'attaque du 7 octobre 2023, plusieurs responsables militaires de haut rang avaient reconnu leur part de responsabilité et quitté leurs fonctions, parmi lesquels le chef d'état-major de l'époque, le chef du renseignement militaire Aharon Haliva et le commandant de la division de Gaza. Aleph, lui, n'a ni démissionné ni assumé publiquement de responsabilité. Il est resté en poste jusqu'à la fin de son mandat prévu à la tête du renseignement de la division de Gaza, avant d'être affecté à l'unité 9900, spécialisée dans le renseignement visuel (VISINT).

En janvier 2025, l'armée avait dû geler cette nouvelle affectation après qu'un reportage radiophonique l'a révélée publiquement, provoquant un tollé au sein de l'opinion et des familles de victimes du 7 octobre.

Une procédure de licenciement bloquée pendant des mois par un recours judiciaire

En novembre 2025, le chef d'état-major de Tsahal, le lieutenant-général Eyal Zamir, avait ordonné le limogeage de plusieurs officiers supérieurs pour leur rôle dans les défaillances ayant conduit au 7 octobre, Aleph figurant parmi eux.
L'officier avait alors contesté cette décision devant la justice, obtenant temporairement le gel de la procédure ainsi qu'une ordonnance de confidentialité empêchant la publication des détails de l'affaire.

Le 30 juin 2026, le tribunal a tranché en faveur de l'armée, jugeant la procédure de licenciement légale et entièrement conforme aux prérogatives de Tsahal, et rejetant l'ensemble des recours d'Aleph.
La commission militaire chargée du dossier s'est ensuite réunie, et sur la base de ses conclusions, le chef de la direction du personnel de Tsahal, le général de division Dado Bar Kalifa, a ordonné le jeudi 17 septembre 2026 la libération définitive d'Aleph du service militaire. L'officier a été informé de la décision, qu'il peut encore contester en appel auprès du chef d'état-major Eyal Zamir.

Une identité toujours protégée malgré une large diffusion en ligne

Bien que le nom complet d'Aleph circule depuis des mois sur les réseaux sociaux et dans certains médias étrangers, son identité reste officiellement protégée par une interdiction de publication en Israël. L'officier a en effet saisi la Cour suprême pour s'opposer à la divulgation officielle de son nom par la presse israélienne, une procédure toujours pendante à ce jour.

Fait notable, le père d'Aleph est régulièrement interrogé à la télévision israélienne sur des questions de sécurité, sans que son lien de parenté avec l'officier limogé ne soit systématiquement précisé aux téléspectateurs. Il s'était par ailleurs déclaré publiquement opposé à la création d'une commission d'enquête d'État sur les événements du 7 octobre.

Un dossier qui continue d'alimenter le débat public à l'approche des élections

Cette annonce intervient alors que la presse israélienne a également diffusé de nouveaux enregistrements de communications interceptées de terroristes du Hamas, dans lesquels on les entend plaisanter pendant le déroulement de l'attaque du 7 octobre. Le même jour, Mira Shoshani, l'une des agentes les plus haut placées du Shin Bet, a livré un témoignage poignant sur la façon dont elle avait entendu sa fille mourir ce jour-là au kibboutz Kfar Aza.

Trois semaines avant les élections législatives du 27 octobre 2026, ces révélations successives entretiennent un débat toujours vif en Israël sur les responsabilités individuelles et institutionnelles dans l'échec sécuritaire du 7 octobre, un sujet qui continue de peser lourdement sur la scène politique et sur la confiance du public envers l'armée et les services de renseignement.

 

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