07/10 : "J'ai bouché mes blessures avec mon pouce - l'incroyable témoignage de Yaron Hamias -vidéo-

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07/10/23 : "J'ai bouché mes blessures avec mon pouce - l'incroyable témoignage de Yaron Hamias

"Pendant trois heures et demi, j'ai bouché les trous de ma poitrine avec mes pouces"

Je m'appelle Yaron Hamias. Je suis père de trois enfants et ce qui m'est arrivé le 7 octobre a transformé ma vie à jamais.
Ce jour-là, à sept heures du matin, un message d'Einat, mon ex-compagne, m'a averti qu'il y avait des terroristes à Kfar Gaza, notre kibboutz.
Elle m'a dit de ne pas venir. Mais toute ma vie, j'ai été dans les services de sécurité. Gaza, je la connais comme ma poche, alors malgré tout, je me dirige vers le kibboutz, sans arme.

Sur le chemin, je suis arrêté à un poste de contrôle. Un policier, seul, m'empêche d'avancer. Je lui dis que je peux aider. Il fini par me confier un gilet jaune, et me laisse passer.
En route, je commence à croiser des blessés du festival Nova. Un policier, un ambulancier et moi, nous leurs disons de se rendre à l'hôpital de Soroka. Le policier me donne une arme, je rejoint le lieutenant-colonel Elad et Noam du kibboutz Saad, et nous entrons à Kfar Gaza.

 

À 9h30, nous arrivons à l'entrée du kibboutz. Einat me dit que des terroristes sont sur le toit de notre maison.
C'est là que tout bascule. Je ne me souviens de rien, à part les balles. Elles m'ont transpercé la poitrine. Pendant trois heures et demi, j'ai bouché les trous de ma poitrine avec mes pouces, m'imposant de ne pas m'effondrer. Une balle a même rebondi contre mon pouce avant de tomber. Je savais que c'était grave, mais je savais aussi que si je m'endormais, c'était fini pour moi.

Ce sont les combattants d'une unité spéciale qui m'ont sauvés. Le major Or Yosef (Orush) Ran et le sergent Yosef Malachi Gedaliah m'ont emmené dans une Skoda. Je ne l'ai découvert que plus tard, mais ces mêmes héros ont été tués seulement dix minutes après m'avoir sauvé la vie.

Je me suis réveillé à l'hôpital, grièvement blessé. Cela a marqué le début de ma rééducation, un long chemin vers la guérison. Mes enfants, qui ont été secourus un jour plus tard, m'ont vu à l'hôpital inconscient, avec les médecins pratiquant une RCR sur moi, déchirés entre la perte et la peur.

Un nouvel espoir dans le chaos

Et puis, je les ai vu. Mes enfants, debout, me regardant à travers une vitre d'hôpital, les yeux gonflés de larmes et de fatigue. Ils ne comprenaient pas tout, mais ils voyaient bien que leur père, leur roc, était tombé.
Mon fils aîné, d'à peine dix ans, s'accrochait à l'idée que tout irait mieux, que je me relèverais.
Il me répétait chaque jour, la voix tremblante :
"Papa, je t'attends, on rentrera à la maison tous ensemble, hein ?"

Comment pouvais-je lui répondre alors que je ne pouvais même pas lever la main pour le rassurer ? À ce moment précis, allongé, le corps brisé, je n'avais qu'une seule pensée : je devais survivre. Non pas pour moi, mais pour eux. Ils étaient mes battements de cœur, le seul souffle qui me restait. J'ai fermé les yeux et juré de me battre, encore et encore, jusqu'à ce que je puisse tenir ma promesse.

Avant cet événement, j'étais un combattant, un homme fort. J'ai servi dans des unités de terrain devant Gaza, j'ai travaillé dans la sécurité à l'international. Mais se retrouver dans un état de faiblesse totale, à peine capable de marcher vingt mètres, c'était humiliant. Chaque étape de la rééducation était une montagne à gravir. Mais j'ai appris à apprécier les petits progrès, à ne jamais lâcher. « Je me sens mieux qu'hier », voilà la devise qui m'a accompagné toute cette année.

Pendant cette rééducation, j'ai eu la chance de participer au projet « Equals in Employment ». Cela m'a permis de transformer mon récit, de raconter ce que j'ai traversé, et surtout de donner un sens à ce que j'ai vécu. Aujourd'hui, je comprends que chaque étape, chaque petit pas compte.

Mon chemin n'est pas terminé. Mais je suis vivant. Mes enfants vont bien. Nous avons encore cinq membres du kibboutz Kfar Gaza qui sont enlevés, et tant qu'ils ne seront pas rentrés, cette histoire n'est pas finie.
Mon souhait ? Continuer à aller de l'avant, jour après jour, et voir Kfar Gaza renaître, plus fort que jamais.

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