Guerre en Ukraine, guerre à Gaza : deux poids, deux mesures dans l'indignation internationale

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Guerre en Ukraine, guerre à Gaza : deux poids, deux mesures dans l'indignation internationale

Deux morts, une vingtaine de blessés, un immeuble de 21 étages évacué en pleine nuit avec 400 habitants dont 70 enfants : l'attaque massive de drones ukrainiens sur la région de Moscou dans la nuit de samedi à dimanche a frappé des civils sans que la communauté internationale ne s'en émeuve outre mesure.

Une nuit d'attaque sans précédent sur la capitale russe

Selon les autorités russes, plus de 1 600 drones ont été abattus depuis samedi, dont environ 450 visaient directement Moscou. Une raffinerie du quartier de Kapotnia, dans le sud-est de la capitale, a été touchée : elle assurerait à elle seule près de 40 % des besoins énergétiques de la région moscovite. Des images diffusées par des médias ukrainiens montrent des colonnes de fumée s'élevant de plusieurs points du site.

Mais ce sont les frappes sur des zones résidentielles qui frappent le plus. Un drone a percé le toit d'un immeuble de 21 étages à Ramenskoïe, dans la banlieue de Moscou, provoquant un incendie et l'évacuation de 400 personnes, parmi lesquelles 70 enfants. Une femme de 44 ans a péri dans un immeuble de trois étages touché ailleurs dans la même localité, et un autre civil est mort chez lui, directement visé.

Une frappe qui vise aussi le calendrier électoral russe

L'offensive ukrainienne survient le dernier jour des élections législatives russes à la Douma, qui coïncident dans la région de Moscou avec un scrutin parlementaire local. Le maire de Moscou, Sergueï Sobianine, également candidat sur la liste du parti au pouvoir Russie unie, a dénoncé sur les réseaux sociaux "une attaque sans précédent destinée à faire dérailler les élections", assurant que "l'ennemi a échoué". L'administration municipale a de son côté affirmé que "le jour du scrutin s'est déroulé sans incident".

Cette frappe intervient une semaine après un appel du président américain Donald Trump à son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky, lui demandant de cesser de viser des raffineries en profondeur du territoire russe, un geste qui, selon Trump, alimenterait une pénurie mondiale de carburant et une hausse des prix de l'énergie. Zelensky n'a pas cédé, répondant que les infrastructures énergétiques ukrainiennes sont, elles, quotidiennement bombardées par la Russie, tout comme les ports, la logistique et jusqu'aux entrepôts de nourriture et de médicaments.

Le silence qui interroge

Voici l'essentiel : des enfants évacués en pleine nuit d'un immeuble en feu, des civils tués chez eux, une infrastructure énergétique vitale pour des millions de personnes prise pour cible. Aucune session d'urgence à l'ONU, aucune enquête internationale annoncée, aucune tribune dans la presse occidentale exigeant des comptes. L'affaire est traitée comme un fait de guerre parmi d'autres, un développement du conflit russo-ukrainien, rien de plus.

Comparez ce silence à la mécanique qui s'enclenche systématiquement dès qu'un civil est blessé dans une opération israélienne contre le Hamas ou le Hezbollah. Rapports d'ONG en quelques heures, résolutions à l'ONU, appels au boycott, tribunes dénonçant des "crimes de guerre". La différence de traitement ne tient pas à la gravité des faits, elle tient à qui les commet. Une frappe qui tue des civils reste une tragédie, qu'elle survienne à Ramenskoïe ou à Gaza. Mais seule l'une des deux mobilise les tribunaux internationaux, les unes de presse et les indignations sélectives.

Une guerre qui continue aussi côté ukrainien

L'Ukraine, de son côté, n'a pas été épargnée cette nuit-là non plus : une mère et ses deux enfants ont été tués dans une frappe russe sur la région de Kiev, et de lourds dégâts ont touché des biens civils. La veille, quatre personnes avaient péri dans une attaque russe visant un véhicule dans la région de Soumy, tandis qu'un centre commercial de la région de Dnipro était directement touché, faisant au moins cinq blessés.

Une escalade qui pourrait s'aggraver

Ces développements surviennent alors que l'Europe redoute une nouvelle escalade du conflit une fois les élections russes achevées, avec une majorité écrasante attendue pour les candidats soigneusement sélectionnés par le Kremlin. Selon certaines estimations, Moscou pourrait annoncer une mobilisation élargie pour renforcer ses tentatives de conquête de nouveaux territoires ukrainiens, voire ouvrir un second front face à l'Europe occidentale.

Le quotidien britannique The Telegraph rapporte que des services de renseignement occidentaux observent des préparatifs administratifs permettant au Kremlin d'élargir rapidement le nombre de mobilisés si une telle décision était prise. Une source citée décrit une mise en ordre destinée à permettre la mesure "si telle devait être la décision", estimant que Moscou intensifie déjà ce qui est qualifié en Occident de "mobilisation silencieuse" : extension du recrutement de soldats sous contrat et repérage de populations sur lesquelles une pression à l'engagement peut être exercée.

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