Judée-Samarie : le berceau juif que l'Europe veut interdire aux Juifs

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Judée-Samarie : le berceau juif que l'Europe veut interdire aux Juifs

 

La Judée-Samarie n'est pas un territoire disputé né en 1967. C'est le cœur historique du peuple juif, nommé d'après ses tribus et ses royaumes bibliques, depuis plus de trois millénaires. Alors qu'Israël investit 113 millions de shekels pour restaurer 70 sites patrimoniaux, les Pays-Bas, l'Irlande et une partie de la classe politique française avancent vers l'interdiction pure et simple des produits, voire de la présence, des communautés juives qui y vivent.

D'où viennent les noms Judée et Samarie

Le nom Judée provient de Yehouda, l'un des douze fils de Jacob et l'une des douze tribus d'Israël. Après la mort du roi Salomon, vers 930 avant l'ère commune, le royaume unifié se scinde en deux : le royaume de Juda au sud, avec Jérusalem pour capitale, et le royaume d'Israël au nord. C'est de ce royaume de Juda que dérive le nom Judée.

Le nom Samarie vient quant à lui de Shomron, la capitale du royaume d'Israël, fondée vers 880 avant l'ère commune par le roi Omri. Le récit biblique, au Livre des Rois, précise qu'Omri acheta la colline à un homme nommé Shemer, d'où le nom de la ville puis de toute la région environnante.

Ensemble, Judée et Samarie désignent depuis l'Antiquité le cœur montagneux d'Israël, entre Jérusalem et la Galilée, terre des tribus de Juda, Benjamin, Éphraïm et Manassé. C'est là que se trouvent Hébron et le Tombeau des Patriarches, Silo où fut dressé le Tabernacle avant la construction du Temple, Beit El, et Sichem, aujourd'hui Naplouse, associée au tombeau de Joseph.

Une présence continue de trois mille ans

L'histoire juive en Judée-Samarie précède de loin l'État d'Israël moderne. Elle traverse les royaumes de Juda et d'Israël, l'exil babylonien puis le retour sous domination perse, la période hasmonéenne, l'occupation romaine et la révolte de Bar Kokhba, dont plusieurs foyers se trouvaient précisément dans cette région. Cette continuité se prolonge, à des degrés divers, sous les dominations byzantine, musulmane, croisée puis ottomane, jusqu'au mandat britannique, où le nom Judée-Samarie était encore d'usage officiel.

Le terme Cisjordanie, aujourd'hui largement répandu, ne date que de 1950. Il a été introduit par la Jordanie après son annexion du territoire à l'issue de la guerre de 1948, dans une tentative d'effacer le lien historique entre cette terre et le peuple juif.

Ce que l'occupation jordanienne a effacé

Entre 1948 et 1967, la Jordanie contrôle la Judée-Samarie et Jérusalem-Est. Durant ces dix-neuf années, les Juifs sont expulsés du quartier juif de la vieille ville de Jérusalem, des dizaines de synagogues sont détruites ou transformées, et le cimetière juif du Mont des Oliviers est profané, ses pierres tombales servant à paver des routes et à construire des latrines militaires.

Une loi jordanienne interdit par ailleurs à tout Juif d'acheter un terrain dans la région, une législation restée en vigueur dans le droit israélien jusqu'à son abrogation, votée en première lecture à la Knesset fin 2025.

Ce précédent rappelle qu'un patrimoine non protégé peut disparaître en une génération. C'est dans cette logique qu'Israël engage aujourd'hui 113 millions de shekels pour restaurer plus de 70 sites archéologiques en Judée-Samarie, témoins directs de cette présence millénaire.

L'actualité : interdire aux Juifs de vivre chez eux

Pendant qu'Israël restaure ce patrimoine, une partie de l'Europe avance dans la direction inverse. Les Pays-Bas ont annoncé une interdiction, effective au 22 septembre, des produits fabriqués dans les localités juives de Judée-Samarie, après l'Irlande.

L'Union européenne a par ailleurs confirmé des sanctions visant directement des résidents juifs de la région, gel d'avoirs et interdiction d'entrée sur le territoire européen à l'appui.
En France, une proposition de loi socialiste vise à interdire l'importation de produits issus de ces localités, tandis que le Quai d'Orsay a condamné en février les décisions israéliennes de réforme de l'enregistrement foncier, une réforme qui met précisément fin à des restrictions héritées de la loi jordanienne discriminatoire envers les Juifs.

L'histoire retient rarement les paradoxes en temps réel.
Un continent qui érige des mémoriaux à la mémoire des Juifs assassinés au vingtième siècle légifère aujourd'hui contre les Juifs qui vivent, travaillent et cultivent la terre sur le sol même où leurs ancêtres ont bâti Silo, Hébron et Sichem.

La Judée-Samarie n'a pas besoin qu'on lui invente une légitimité. Elle porte le nom de ses tribus depuis trois mille ans. Ce que les 113 millions de shekels investis cette année cherchent à protéger, ce n'est pas une revendication politique récente, c'est une mémoire que d'autres, hier comme aujourd'hui, ont tenté d'effacer.

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