Mille jours après le massacre du 07/10 : Israël s'arrête, se souvient et exige des comptes

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Mille jours après le massacre du 07/10 : Israël s'arrête, se souvient et exige des comptes

Mille jours après le massacre : Israël s'arrête, se souvient et exige des comptes

Ce jeudi marque le millième jour depuis le 7 octobre 2023. Dès 6h29, heure exacte du début de l'attaque du Hamas, des cérémonies et des rassemblements ont démarré dans tout le pays.
La mobilisation a gagné la Knesset, où des affrontements ont éclaté entre manifestants et policiers, tandis qu'à Tel-Aviv une exposition réunissant des dizaines d'objets personnels de victimes a ouvert ses portes.
Le rassemblement central est prévu ce soir à 20h00 place des Otages, qui sera rebaptisée pour l'occasion place du Souvenir.

Le témoignage de Rotem, sauvé par le sacrifice de ses parents

Shir Matias, fille de Shlomi et Shahar Matias, assassinés dans leur maison du kibboutz Holit le 7 octobre, a partagé pour la première fois sur X un enregistrement de son frère Rotem, rescapé du massacre. Leurs parents lui ont sauvé la vie en le protégeant de leur corps.
Dans cet enregistrement, on entend le garçon annoncer la terrible nouvelle à sa sœur : "Maman et papa ne sont plus la"

Recueillement à la stèle des observatrices de Nahal Oz

Les familles des jeunes observatrices tombées à Nahal Oz se sont rendues à la stèle érigée à leur mémoire, à la frontière avec Gaza, entourées de coquelicots et de drapeaux israéliens. Accompagnées d'autres familles endeuillées et de citoyens venus honorer les disparus, elles ont observé une minute de silence et organisé une cérémonie sur place.

"1 000 souvenirs" : une exposition bouleversante à Tel-Aviv

À la bibliothèque Beit Ariela, près de la place des Otages, l'exposition "1 000 souvenirs" a ouvert à midi.
Elle présente pour la première fois les cartes de prisonnier des rescapés de la captivité Arbel Yehoud, Ariel Cunio et Rom Braslavski, aux côtés d'objets destinés à célébrer la vie des victimes : le vélo d'Ariel Bibas, l'uniforme de la paramédicale Amit Mann, ou encore les bérets des observatrices Noa Price et Roni Eshel.
Sur la place elle-même, les familles et les rescapés ont installé des œuvres et des installations, dont le conteneur jaune du festival Nova et une reconstitution du tunnel où étaient détenus des otages. Des cercles de parole rassemblent familles endeuillées, rescapés du massacre et anciens otages.

Les voix des survivants, minute par minute

À 10h00, une minute de silence a réuni la foule place des Otages. Un film de huit minutes, produit avec l'organisation "710", a ensuite diffusé les témoignages de rescapés des kibboutzim de la région et du festival Nova, racontant minute par minute l'horreur de ce samedi noir. Karin Kleinberg, de Sdérot, se souvient : "À 6h30, tout a commencé, une alerte roquette démentielle sur la ville." Miriam Yehoshua, de Nir Itzhak, raconte être sortie du lit pour rejoindre la pièce sécurisée. Sharon Weissberg, présent à la Nova, se rappelle que la musique s'est arrêtée et que le DJ a crié de se coucher au sol. D'autres évoquent des dizaines de terroristes franchissant les clôtures, des tirs en rafale, des appels au secours restés sans réponse.

La colère d'Eyal Eshel contre Tsahal

Eyal Eshel, père de la observatrice Roni Eshel tombée le 7 octobre et figure du "Conseil d'octobre", a dénoncé sur le plateau de ynet le refus de dernière minute de Tsahal de transférer un poste d'observation des guetteuses jusqu'à la place des Otages, alors même que l'accord avait été donné. Selon lui, cette position, aujourd'hui hors d'usage dans une zone abandonnée, devait rejoindre les autres installations symboliques de la journée : le tunnel, le conteneur de la Nova, le poste des ballons. "Hier, on nous a infligé une gifle supplémentaire, par une décision arbitraire du porte-parole de Tsahal", a-t-il déclaré, les larmes aux yeux. L'armée a refusé de réagir.

La douleur intacte des familles

Dani Algrat, frère d'Itzik Algrat, tué en captivité et dont le corps a été restitué, a pris la parole devant la base de la Kirya à Tel-Aviv : "Mille jours durant lesquels on nous répète que les otages sont rentrés, mais tous ne sont pas rentrés. Celui qui est revenu vivant est revenu. Celui qui a été enlevé vivant, abandonné en captivité, assassiné et rendu dans un cercueil, n'est pas revenu." Il a évoqué "mille jours de douleur, de colère et de manque", reprochant à l'État de ne pas avoir protégé ses citoyens ce matin-là.

Yoram Yehoudaï, père de Ron Yehoudaï tué à la Nova, a confié depuis le parking même du festival : "Mille jours que le cœur saigne. On ne trouve pas le temps de guérir, car il faut se battre pour une commission d'enquête d'État, pour la vérité, pour la justice." Il est notamment revenu, indigné, sur une récente sortie suite à la question posée au Premier ministre "qu'est ce qui a changé pour vous depuis le 7 octobre et à invoqué "sa perte de poids depuis le 7 octobre ": "C'est humiliant, c'est de l'insolence. Je n'ai pas ri une seule fois en mille jours."

Place des Otages toujours, Einav Zangauker, mère de l'ancien otage Matan Zangauker, a manifesté avec une pancarte proclamant : "Le gouvernement du massacre et de l'abandon, dehors."

Bougies à la Nova, sable face à l'ambassade américaine

Sur le site même du festival Nova, des parents endeuillés se sont rassemblés pour allumer des bougies de mémoire, dénonçant un sentiment d'abandon : "On nous ignore, nous sommes totalement invisibles." À Nahal Oz, à 6h29 précises, Liad Bar'am a allumé une bougie à la mémoire de son fils Néta, tombé au combat lors de la défense du poste. Sur la plage de Tel-Aviv, face à l'ambassade des États-Unis, le Conseil d'octobre a réalisé une installation de sable portant l'inscription "Leur sang crie depuis la terre. 1 000 jours d'échec, d'abandon et de deuil."

Manifestations et tensions dans tout le pays

La journée s'est ouverte par des rassemblements devant la Knesset, à Karkour et place de Paris à Jérusalem, où des manifestants ont porté un cercueil symbolique et brandi des pancartes dénonçant "1 000 jours d'abandon et d'échec".

Devant la Knesset, la police a entrepris de disperser les manifestants, provoquant des accrochages ; une immense installation bloquant la route a été laissée sur place.
D'autres manifestants se sont rendus devant le domicile du président de la Knesset, Amir Ohana, le qualifiant de dirigeant sans autorité ni responsabilité.

Des rassemblements se sont également tenus aux carrefours d'Amiad et de Kabri, ainsi que devant le domicile du ministre de l'Éducation Yoav Kisch.
Au carrefour d'Amiad, Dani Miran, père de l'ancien otage Omri Miran, a dénoncé "une guerre du sang" plutôt qu'une guerre de renaissance.
Selon les organisateurs, les manifestants prévoyaient de bloquer plusieurs axes routiers majeurs au cours de la journée.

Par ailleurs, plus de 700 000 shekels ont été collectés en vingt-quatre heures pour financer la cérémonie nationale du souvenir des familles du 7 octobre, prévue dans le parc HaYarkon, un rythme de dons jugé sans précédent par les organisateurs.

Un bilan qui continue de s'alourdir

Le Conseil d'octobre, qui fédère plus de 1 500 familles endeuillées, anciens otages et rescapés du massacre, a organisé cette journée de commémoration et de protestation pour marquer très précisément mille jours depuis l'attaque du Hamas et le début de la guerre "Épées de fer". À ce jour, 2 105 personnes sont mortes depuis le début du conflit, du massacre du 7 octobre aux combats à Gaza et face au Hezbollah au Liban, en passant par les attentats, les tirs houthis depuis le Yémen, les milices en Irak et les échanges de missiles avec l'Iran. Un site dédié permet à quiconque de leur adresser un mot d'adieu.

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