Yagil, 12 ans, enlevé par le Hamas : «Il a voté contre l'accord, et maintenant il se pavane»

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Yagil, 12 ans, enlevé par le Hamas : sa mère pulvérise le ministre qui ose s'en vanter

«Il a voté contre l'accord, et maintenant il se pavane»
La mère de Yagil Yaakov répond au ministre Amihai Eliyahou

Le ministre se félicite, la mère contre-attaque

Le lendemain de l'annonce par Tsahal de l'élimination de l'un des terroristes ayant participé à l'enlèvement de Yagil Yaakov, 12 ans, lors du massacre du 7 octobre au kibboutz Nir Oz, le ministre Amihai Eliyahou (Otzmah Yehudit, Puissance juive) a publié un long message sur X pour se vanter de la neutralisation et proclamer :

«Celui qui a enlevé Yagil est devenu un terroriste de plus avec un long nom et une courte vie.»
Il avait ajouté, citant le garçon lui-même : «Yagil a dit après sa libération une phrase qui s'est gravée profondément dans ma mémoire : 'Parfois j'ai l'impression qu'on oublie ce qui s'est passé. Qu'on nous oublie.' Alors je veux te dire, Yagil : nous n'avons pas oublié ! Car le peuple d'Israël n'oublie jamais ses enfants.»

La réponse de Rennana, la mère, a fusé sur le même réseau : «Ici, c'est la maman de Yagil. Je veux juste te rappeler que tu as voté contre l'accord qui a permis la libération de mes fils, et que vous n'avez pas été là pour nous depuis ce jour jusqu'à aujourd'hui. Je suis contente que tu aies enfin trouvé le temps d'honorer mon fils et d'obtenir ta victoire totale. L'élimination d'un terroriste parmi les centaines qui ont envahi notre maison et détruit nos vies de fond en comble, deux ans et demi trop tard.»

52 jours dans les tunnels

Le 7 octobre, Yagil  12 ans ainsi que son frère 16 ans ont été enlevé à Gaza avec plusieurs membres de sa famille.
Son père, Yaïr, avait également été kidnappé et assassiné en captivité ; son corps a été restitué à Israël ultérieurement. Yagil et son frère Or, 16 ans, ont été détenus dans les tunnels du Hamas pendant plus de 50 jours avant d'être libérés dans le cadre de l'accord sur les otages de novembre 2023.

«Il prend des lauriers qui ne lui appartiennent pas»

Ce mardi matin, Rennana a accordé un entretien au studio de Ynet. «C'est ce message qui m'a fait réagir. Après la publication de la photo et de l'information, j'ai reçu de nombreuses demandes d'interviews que j'ai refusées. La seule raison pour laquelle j'ai répondu, c'est qu'il y a ici une tentative évidente de se parer de lauriers qui ne lui appartiennent pas, de prendre le crédit d'une chose qu'il n'a pas faite. Je rappelle qu'il a voté contre l'accord qui a permis la sortie de mes enfants.»

Elle a insisté sur la gravité de ce contexte : «C'était une période extrêmement difficile. Un enfant de 12 ans et un enfant de 16 ans retenus en captivité pendant 52 jours, je n'ose même pas imaginer. Il y a eu un combat très sérieux pour les récupérer, et Amihai Eliyahou était parmi les rares à s'opposer à cet accord. Un accord dans lequel, je le rappelle, le prix était de trois prisonniers pour chaque enfant. Je ne minimise pas cela, mais quand tu fais partie d'un gouvernement responsable de l'enlèvement de 250 civils, dont mes enfants, tu es aussi responsable de les ramener. Le prix n'est pas à mettre en balance avec mon enfant, il est à mettre en balance avec l'abandon.»

«Où étiez-vous quand il fallait tenir l'épaule ?»

Rennana a nuancé en affirmant ne pas penser que le ministre ne voulait pas voir son fils rentrer, mais elle lui reproche d'avoir «pesé des calculs politiques froids, alors comme aujourd'hui.» Elle a poursuivi : «Je pense qu'il croit au récit qu'il raconte. Mais un homme qui s'est opposé à un accord libérant des enfants et des femmes ferait bien de se taire, au minimum

Ses mots les plus acérés ont visé l'absence du ministre dans les moments sombres : «Je n'ai pas entendu d'excuses. Je n'ai pas entendu 'désolé de ne pas t'avoir ramené plus tôt, mais je suis heureux que...' J'ai entendu seulement 'comme c'est beau qu'on ait éliminé un autre terroriste'. Deux ans et demi après le massacre, deux ans et demi de guerre, la réalité sécuritaire n'a pas changé.
Les habitants de l'enveloppe de Gaza vivent encore sous une menace permanente. Je ne vois pas quel grand changement ce gouvernement a opéré. Il n'y a aucun processus d'apprentissage, aucun bilan.»

Elle a été plus directe encore sur l'absence de soutien concret : «Je suis tellement heureuse d'apprendre que vous ne nous avez pas oubliés. Alors où est l'aide pour que nous puissions reconstruire notre vie ailleurs ? Car moi, je ne peux pas retourner dans l'enveloppe avec mes enfants après ce qu'ils y ont vécu, après ce traumatisme terrible. Où étiez-vous lors des enterrements, des shiv'as, quand les familles de Nir Oz étaient déchirées ? Où étiez-vous pour simplement tenir l'épaule des familles d'otages pendant que leurs enfants étaient détenus dans des tunnels ? Vous n'étiez pas là. Vous n'êtes là que quand il y a des photos de victoire.»

«Il nous utilise politiquement, sans aucun doute»

Interrogée directement sur les intentions du ministre, Rennana a répondu sans détour : «Sans ambiguïté. Il est possible qu'il ait cru chaque mot de ce qu'il a écrit, et qu'à ses yeux il s'agisse vraiment d'un exploit. Mais l'élimination de tous les terroristes du 7 octobre ne crée pas une nouvelle réalité sécuritaire, ni une solution nous permettant de rentrer chez nous dans l'enveloppe. La photo publiée vaut plus que cent mille mots : un enfant de 12 ans en sous-vêtements, tenu par les cheveux de façon brutale, entouré d'une bande de monstres. C'est arrivé, cela ne peut pas être nié. Alors se vanter d'avoir éliminé un terroriste sur des centaines... Si ça te fait te sentir mieux, tant mieux, mais il y a encore beaucoup d'autres choses que tu pourrais faire

«La sensation ne me quittera jamais»

Le ministre n'a pas pris contact avec Rennana après sa réponse publique. «Aucun ministre ne m'a contactée. La veille de l'accord, j'ai parlé à de très nombreux élus, j'ai parlé à tous les membres du cabinet, j'ai essayé de les convaincre de voter en faveur de l'accord.
La sensation qu'il y a des gens de notre peuple qui étaient prêts à laisser mon enfant de 12 ans à Khan Younès, c'est une sensation qui ne me quittera jamais.»

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