Violence scolaire à Holon : les toilettes transformées en salle de torture, les profs ne disent rien

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Violence scolaire à Holon : les toilettes transformées en salle de torture, les profs ne disent rien

Lynchage dans les toilettes d'une école à Holon : « Chaque élève qui posait problème prenait des coups »

Un grave épisode de violence a secoué avant-hier matin un établissement scolaire de Holon. Trois adolescents âgés de 14 et 15 ans ont attiré un camarade dans des toilettes et l'ont roué de coups. Ce que les enquêteurs ont découvert au fil de l'instruction dépasse le simple règlement de comptes : les sanitaires servaient depuis longtemps de salle de punition officieuse, hors de portée des caméras, à l'abri de tout regard adulte.

Un guet-apens dans les toilettes

La victime a livré sa version aux enquêteurs du commissariat de Holon, dans le secteur d'Ayalon. Son témoignage est sans ambiguïté : « Ils m'ont forcé à entrer dans la cabine. Ils m'ont donné des coups de pied dans tout le corps et des coups de poing au visage. »
Après l'agression, le garçon s'est confié à un enseignant, lui signalant qu'il souffrait de vertiges et ne se sentait pas bien. La réponse du professeur laisse sans voix : il lui a conseillé de boire de l'eau et lui a demandé de monter dans le bus pour assister à une représentation théâtrale.

Ce n'est que le soir, au retour à la maison, que les parents ont remarqué les hématomes sur le corps de leur fils. Ils l'ont aussitôt conduit aux urgences. C'est l'équipe médicale, et non l'école, qui a alerté la police.

L'école n'a rien signalé — en violation des procédures

Une source proche du dossier n'a pas mâché ses mots face à la passivité de l'équipe éducative : « Il s'avère qu'aucun responsable de l'école n'a pris la peine de prévenir ni les parents ni la police de cet incident grave. Comment monte-t-on un élève dans un bus pour aller voir un spectacle alors que quelques minutes plus tôt il vient de subir un lynchage dans les toilettes de l'école ? Il avait des marques sur le visage, des rougeurs — personne ne demande ce qui s'est passé ? Comment les professeurs n'ont-ils pas compris qu'il s'agissait d'un événement extrêmement grave ? »

Les enquêteurs de Holon ont ouvert une instruction sans que l'établissement leur ait transmis le moindre signalement, en infraction directe avec les procédures en vigueur.

« On faisait ça là-bas parce qu'il n'y a pas de caméras »

Les investigations ont rapidement permis d'identifier et d'interpeller les trois élèves suspects. Lors des interrogatoires, un détail glaçant est apparu : les mis en cause ont reconnu que les toilettes constituaient pour eux un lieu de punition habituel, un espace où ils envoyaient régler leurs comptes avec les élèves jugés « problématiques ».
L'un d'eux a déclaré sans détour : « Chaque élève qui nous causait des problèmes, on le faisait entrer dans la cabine et on le frappait. On faisait ça là-bas parce qu'il n'y a pas de caméras de surveillance pour nous filmer. Dans certains cas, des élèves ont filmé les coups avec leur téléphone. »

Une enquête qui ne fait que commencer

Pour mesurer l'étendue réelle de la violence pratiquée dans cet établissement, les enquêteurs entendent récupérer l'ensemble des enregistrements des caméras de sécurité de l'école et obtenir des ordonnances de saisie des téléphones portables des personnes impliquées, sur lesquels des scènes de violence auraient été filmées.

La même source proche du dossier a posé la question qui s'impose : « Il est inconcevable que le directeur de l'école ou les enseignants n'aient pas eu connaissance de ce phénomène grave ou n'en aient pas entendu parler.

La question fait l'objet d'un examen par la police auprès des responsables de l'éducation. Les enquêteurs retournent chaque pierre pour instruire l'affaire en profondeur et vérifier d'autres cas de violence survenus dans l'école. La prochaine fois, ça pourrait se terminer en catastrophe. »

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