Rencontre avec Uri Geller à Yaffo : l'homme qui plie les cuillères et... le réel

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Rencontre avec Uri Geller dans son musée à Yaffo : l'homme qui plie les cuillères et... le réel

L'Homme qui pliait le réel

Il surgit en haut de ses marches, vous interpelle de dos, et avant même que vous ayez franchi sa porte, vous avez déjà basculé dans une autre dimension. Uri Geller n'a pas changé. C'est le monde autour de lui qui n'a jamais su comment le contenir.

Avant même d'entrer, il y a cette cuillère. Seize mètres d'acier tordu, plantée devant une ancienne savonnerie ottomane au cœur de la vieille Jaffo.
Le Livre Guinness des Records l'a officiellement couronnée plus grande cuillère du monde. C'est la première chose que vous voyez. Et déjà, quelque chose en vous sourit ce sourire un peu éberlué, un peu ravi, celui de l'enfant qui vient de comprendre que les règles du jeu sont différentes ici.

Je me souviens de lui, enfant, dans le noir et blanc du salon familial.

Un Israélien en costume sombre qui parlait doucement, posait le bout de ses doigts sur une cuillère, et attendait. La cuillère pliait. Les montres se remettaient à tourner.
Bernard Pivot fronçait les sourcils. Et moi, j'étais éblouie non pas par le métal tordu, mais par ce que cet homme semblait dire sans mots : il existe autre chose, et cet autre chose est là, maintenant, dans ce salon, entre vous et moi.

« Son vrai talent n'est pas la télékinésie. C'est de nous avoir convaincus, ne serait-ce qu'un instant, que l'ordinaire n'est pas une fatalité. »

Observation de visite · Musée Uri Geller · Jaffo

Des décennies plus tard, me voilà sur le seuil de son musée dans la Vieille Jaffo, à deux pas du port où les pierres millénaires absorbent la lumière du matin. Je suis de dos, à regarder de prés cette gigantesque cuillère quand une voix me hèle du haut des marches.
« Tu es la journaliste ? ». Je me retourne. Il sourit ce sourire qui n'a pas pris une ride depuis les écrans en noir et blanc de mon enfance.

"Le groupe de cinquante visiteurs du Nord a été réduit à dixen raison de restrictions". Il me le dit simplement, sans excuses superflues. Je lui fait part de ma surprise de la beauté de son musée d'extérieur, il rétorque dans un sourire: « Attends de rentrer. Tu vas être en choc. Et ensuite je te plierai une cuillère pour tes lecteurs. »

À treize heures précises, on entre. La structure nous happe immédiatement ces voûtes, cette pierre de taille, cette densité de l'histoire dans chaque centimètre carré du mur.
Ce n'est pas tout à fait un musée classique : c'est une expérience immersive de plus de cinquante ans de culture pop, une collection personnelle absolument singulière où chaque objet porte une histoire racontée par l'homme lui-même.

Uri Geller nous guide lui-même. À 79 ans, il se déplace dans la pièce avec l'enthousiasme et la vitalité d'un homme décidé à ne jamais s'asseoir, racontant chaque objet avec la fluidité naturelle et le charisme d'un showman hors pair.

Michael Jackson, Elvis Presley, les Beatles ... chaque rencontre devient une porte vers une autre dimension de la réalité. Il y a la veste signée de Jackson, les gants de boxe d'Ali, et puis cette Cadillac recouverte de plus de 2 000 cuillères et fourchettes tordues, pièce maîtresse intitulée "The Geller Effect", dont certains couverts auraient appartenu à la princesse Diana, à Sigmund Freud, ou encore à Yasser Arafat.

Il nous montre une sculpture de Salvador Dali, son mentor de longue date, et une sphère de cristal ayant appartenu à Léonard de Vinci  cadeau de Dali lui-même.
La porte d'entrée en verre ? Une œuvre de Dali, un de ses tableaux transféré ur verre grâce à une technique du Technion. Même la technologie, avec Uri, a un goût de magie.

On devine son vrai talent au fil des salles. Ce n'est pas la télékinésie ou du moins, pas seulement. C'est la bienveillance. La curiosité insatiable.
Le culot israélien, comme il dit lui-même en riant. « Je suis un showman naturel. Je n'ai ni manager ni attaché de presse. Je sais comment aller avec le courant, séduire les tabloïds, les gouvernements et les scientifiques. Je suis ouvert, accessible. Je suis israélien, un Sabra, et j'ai du chutzpah. » -culot israélien-

Il est né dans une famille pauvre à Tel-Aviv.

Il rêvait d'être une star, et il l'a dit sans honte, avec cette franchise désarmante qui est peut-être son plus beau tour de passe-passe.
Il a été parachutiste lors de la Guerre des Six Jours et a été blessé, mannequin, chanteur, auteur de plus de quatorze livres, et artiste formé par Salvador Dali.
Il a traversé toutes les dimensions que la vie ordinaire offre à un homme extraordinaire.

« Il ne parle pas de lui. Il se raconte à travers des hommes et des femmes extraordinaires, comme s'il n'avait été que le témoin privilégié d'un siècle qui le dépassait. »

Il y a une chose que les sceptiques oublient : Des milliers de personnes possèdent peut-être un don similaire au sien. Ses capacités ont même été certifiées par la CIA après une série de tests approfondis.

Mais combien ont eu l'audace, la vivacité, la générosité de partager cela avec le monde entier ? Aucun. Les planètes s'étaient alignées : un don, un talent, et la chance de naître à une époque où l'on s'émerveillait encore de l'extra-ordinaire.

Avant de repartir, il me montre un petit objet doré en forme de capsule Kinder. Et il raconte John Lennon, le Dakota Building, trois heures du matin, une sphère de lumière et une main extraterrestre tendue dans l'obscurité. « Je ne veux pas le faire analyser en laboratoire », dit-il.
« Parce que je ne veux pas être déçu d'apprendre qu'il est fabriqué en Chine. Je veux croire en la parole de John Lennon. »

Voilà Uri Geller en une phrase. Pas un mystificateur. Pas un saint. Un homme qui a choisi, très jeune, de ne pas céder à l'ordinaire  et qui nous offre, dans son musée de pierres anciennes, la permission de faire de même.
Le petit garçon de Tel Aviv issu d'une famille modeste n'a jamais vraiment grandi.
Il a juste appris à plier le métal, le temps, et peut-être un peu la réalité.

La visite se termine sur quelque chose d'inattendu. Un film conçu pour les jeunes. Uri Geller y parle directement à ceux qui doutent encore d'eux-mêmes, avec une simplicité qui désarme : tout ce que vous pouvez imaginer, vous pouvez l'atteindre. Pas comme un slogan. Comme un homme qui l'a vécu. Qui en est la preuve vivante.

 

Car Uri Geller n'a pas lu les livres de développement personnel. Il les a précédés.
Avant que le mot "mindset" n'envahisse les librairies, avant les podcasts sur la réussite et les coaches certifiés, il y avait ce petit garçon de Tel Aviv qui avait décidé, sans filet, que sa réalité serait différente de celle qu'on lui destinait. Et il l'a changée. Pièce par pièce, rencontre par rencontre, cuillère par cuillère.

Il me tend une cuillère à la fin. « Pour tes lecteurs », dit-il. Il la tient du bout des doigts, la regarde, et lentement inexplicablement elle se courbe.

Je rentre avec une cuillère tordue dans mon sac. Et quelque chose de moins pliable, mais tout aussi précieux : la certitude renouvelée qu'il existe, quelque part entre Jaffo et l'impossible, une porte que cet homme maintient ouverte depuis cinquante ans.

Ceux qui le connaissent de longue date évoquent autre chose encore  une perception hors du commun, que lui n'a jamais cherché à cacher. Une part qui échappe aux cases.
Et qui dérange peut-être autant que le reste.

Pour en savoir plus sur Uri Geller
Uri Geller espion mossad ? cliquez-ici

Uri Geller et son enfance cliquez-ici

Informations pratiques

Musée Uri Geller · 7, rue Mazal Arieh, Vieille Jaffo, Tel Aviv

Visites guidées par Uri Geller en personne · Groupes de 10 à 40 personnes · 50 NIS par personne
Réservation obligatoire à l'avance · Disponible en plusieurs langues

urigellermuseum.com

 

 

 

Vos réactions

  1. daniel.sternheimer@u-bourgogne.fr'Daniel

    Il y a de tout chez Uri Geller. J’ai assiste a un de ses spectacles a Tel Aviv, le 28 septembre 1970. Il y a annonce de maniere spectaculaire la mort de Nasser, et pour preuve de ses « talents » a ensuite retransmis les nouvelles de Kol Israel, o`u cela etait annonce. Il avait un complice en coulisse qui avait entendu la nouvelle sur une radio egyptienne.

    Répondre

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