Pessah 2026-5786 : Cette année là le Seder se fera dans le Mamad ,un Pessah de guerre

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Pessah 2026- 5786 : Cette année là le Seder se fera dans le Mamad

Ce Pessah, le Seder se fera dans le mamad. Et les chaises vides ne sont pas toutes pour Élie.

Le 1er avril au soir, des millions de Juifs s'assiéront pour le Seder de Pessah. En Israël cette année, la fête de la liberté se célèbre sous les sirènes, dans des appartements aux volets fermés, en petits comités  pendant que des fils et des frères liront la Haggadah dans un char. Un Pessah de guerre. Le plus éprouvant depuis des décennies.

Il y a des années où Pessah ressemble à une fête. Et il y a des années où Pessah ressemble à ce qu'il est vraiment : le récit d'un peuple qui survit malgré tout.

Cette année, c'est l'une de ces années-là.

Jérusalem entre dans cette Pâque épuisée et abattue. Ses lieux saints sont fermés. La guerre contre l'Iran en est à sa cinquième semaine.

Dans la Vieille Ville, les rues de pierre résonnent du silence. Les échoppes sont barricadées. Les places, d'ordinaire envahies par des milliers de pèlerins du monde entier, sont désertes.

La bénédiction des Cohanim pour Pessah, qui rassemble habituellement des dizaines de milliers de fidèles au Mur occidental, n'aura lieu cette année qu'avec 50 fidèles  le maximum autorisé dans l'espace clos du Kotel selon les consignes de sécurité en temps de guerre, comme au pire de la pandémie.

Cinquante personnes. Là où il en venait cinquante mille.

Un Seder dans le mamad

Pour le Seder, les familles israéliennes préparent des dîners réduits, dépouillés — loin des grandes tablées qui accueillaient autrefois des proches venus de l'étranger.

Cette année, pas de cousins de Paris. Pas d'oncles de New York. Les vols sont perturbés, les esprits sont lourds, et pour beaucoup, la pièce la plus sûre de la maison n'est pas la salle à manger mais le mamad  la pièce sécurisée, l'abri intégré que chaque immeuble israélien construit depuis 1993 doit obligatoirement avoir.

Des familles entières se préparent à lire la Haggadah, matsa à la main, dans cette petite pièce aux murs épais. Prêtes à s'y enfermer si la sirène retentit avant qu'Élie ait eu le temps de boire sa coupe.

Faire le Seder dans un char

Dans les bases et sur les fronts, l'armée israélienne s'est organisée depuis des mois pour que ses soldats puissent célébrer Pessah même au combat.

Le Rabbinat militaire prépare l'armée pour Pessah dès Hanoukka. Tout est prévu : la matsa, le vin, le maror, le harosset, les Haggadot, la cachérisation des cuisines de campagne.
Des rabbins militaires se déplacent jusque dans les avant-postes les plus reculés pour conduire des Seders avec les soldats.

Mais pour certains, même cela ne sera pas possible. Un soldat de combat, sous le pseudonyme E., confie qu'avec deux semaines avant Pessah, il fait face à la possibilité de passer la nuit du Seder écrasé dans son char avec trois autres soldats. "Si on doit faire le Seder dans le char, on le fera avec joie," dit-il. "On boira du jus de raisin et on chantera tous les chants ensemble — Mah Nishtana, V'hee She'amda."

Un soldat. Un char. Une Haggadah peut-être réduite à une page le Rabbinat militaire a rédigé une Haggadah condensée tenant sur une feuille que le soldat en faction peut glisser dans sa poche.

Les chaises vides

Autour des tables israéliennes cette année, les absents seront nombreux. Et pas seulement la chaise d'Élie le prophète, laissée vide par tradition.

La douleur de la guerre continue. Des soldats et des civils restent en danger. La vision d'Israël en paix avec ses voisins demeure hors de portée.

Et pourtant. Le peuple juif a ouvert cette même Haggadah sous Pharaon, sous Haman, sous Torquemada, sous Hitler. Il l'ouvrira ce mercredi soir sous les missiles iraniens.

"Ils se sont levés contre nous de génération en génération pour nous détruire", dit le texte. "Et le Saint béni soit-Il nous a sauvés de leurs mains."

Cette année comme les autres, des millions de voix chanteront ces mots. Les yeux fermés. Les poings serrés. Et le cœur plein de la certitude têtue d'un peuple qui sait, par expérience, que ça finit toujours par passer.

Le Seder de Pessah 5786 aura lieu le mercredi 1er avril 2026 au soir. Le premier jour de Pessah tombe le jeudi 2 avril

'Avadim hayinou' — Nous étions esclaves. Cette année, en Israël, la phrase résonne autrement.

Sources : Times of Israel, Jerusalem Post, Ynet News — 29-30 mars 2026

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