Elles ont caché leur grossesse à Auschwitz. Leurs enfants ont 80 ans. Et ils parlent enfin

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 Elles ont caché leur grossesse à Auschwitz. Leurs enfants ont 80 ans. Et ils parlent enfin.

 Elles ont caché leur grossesse à Auschwitz. Leurs enfants ont 80 ans. Et ils parlent enfin.

En 1944, trois jeunes femmes juives enceintes arrivent à Auschwitz. La grossesse y est un crime passible de mort immédiate. Elles mentent à Mengele. Elles survivent. Elles accouchent. Leurs enfants  Eva, Hana et Mark ont aujourd'hui 80 ans et racontent pour la première fois l'inimaginable.

À Auschwitz, être enceinte signifiait mourir. C'était la règle, appliquée sans exception : les femmes enceintes découvertes à l'arrivée étaient envoyées directement aux chambres à gaz. Celles dont l'état était découvert en cours de détention étaient exécutées sur le champ, ou soumises à des avortements forcés dans des conditions d'une brutalité inimaginable.

Trois femmes ont défié cette sentence. Trois femmes que tout séparait  elles ne se connaissaient pas, ne se sont jamais croisées dans les camps mais que le même courage impossible unit pour l'éternité.

Anka, Priska et Rachel. Tchécoslovaques pour les deux premières, polonaise pour la troisième. Toutes trois jeunes mariées. Toutes trois enceintes de quelques semaines quand les wagons à bestiaux les emportent vers Auschwitz-Birkenau, en 1944, au moment où les exterminations atteignent leur rythme le plus brutal six mille morts par jour dans les chambres à gaz.

"Êtes-vous enceinte ?" — Le mensonge qui sauve

Sur le quai de sélection d'Auschwitz, Josef Mengele en personne désigne qui vivra et qui mourra. Les femmes défilent, nues, devant le médecin SS. Chacune des trois femmes se retrouve face à lui. Chacune entend la même question : "Êtes-vous enceinte ?"

Chacune, séparément, sans se concerter, sans même se connaître, répond la même chose : non.

Toutes trois sentirent qu'elles se trouvaient face à un danger extrême. Toutes trois nièrent leur grossess Ce mensonge leur sauva la vie — et celle de leurs enfants à naître.

Sélectionnées comme travailleuses, elles sont envoyées à Freiberg, en Saxe, dans un camp de travail forcé installé dans une ancienne manufacture de porcelaine reconvertie en usine d'armement. Parmi plus de mille femmes prisonnières, elles travaillent douze heures par jour à fabriquer des pièces pour les chasseurs de la Luftwaffe, subsistant d'un régime de café ersatz, de soupe claire et d'un minuscule morceau de pain quotidien.

Leurs ventres grossissent. Personne ne dit rien.

Elles avaient reçu à Auschwitz des vêtements larges, prélevés sur des femmes déjà gazées. Ces robes informes deviennent leur camouflage involontaire. Pendant des mois, elles dissimulent l'évidence sous les yeux de leurs gardiens.

Nées dans l'enfer — printemps 1945

Au printemps 1945, les Alliés avancent. Les nazis, qui savent la guerre perdue, décident d'éliminer les derniers témoins. Les prisonnières de Freiberg sont entassées dans des trains de la mort.

C'est dans ce chaos que les trois femmes accouchent à quelques jours d'intervalle, dans des conditions inhumaines.

Priska accouche sur le sol de l'usine à Freiberg. Les gardiens SS, présents, prennent des paris pour savoir si ce sera un garçon ou une fille.  Sa fille Hana survit.

Anka et Rachel accouchent toutes deux à Mauthausen, en Autriche, dans les derniers jours d'avril 1945, alors que le camp est sur le point d'être libéré. Anka donne naissance à Eva le 29 avril 1945. Rachel donne naissance à Mark le 20 avril.

Les Alliés arrivent quelques jours plus tard.

Trois destins, une rencontre impossible

Les trois enfants — Eva Clarke, Hana Berger-Moran et Mark Olsky — ne savaient pas que les autres existaient. Ils n'ont découvert leur existence commune qu'en 2010, lors d'une première rencontre. Ils avaient alors 65 ans.

"Nous nous sommes trouvés," dit Mark Olsky. "Nous aurions dû être ensemble depuis le premier jour."

Depuis, ils ne se sont plus quittés. Ils ont entre eux onze petits-enfants. Et malgré leurs 80 ans, on les appelle encore souvent "les bébés".

Cette année, ils ont marché ensemble une nouvelle fois sur le site de Mauthausen, là où deux d'entre eux ont ouvert les yeux pour la première fois dans un monde qui voulait les effacer avant même qu'ils naissent.

Leurs mères ont vécu respectivement jusqu'à 96, 90 et 84 ans.  Elles ont vu leurs enfants grandir, se marier, avoir des enfants et des petits-enfants. Elles ont gagné.

Sources : Ynet News, CBS News — 60 Minutes (février 2026)

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