La machine à mensonges de l'Iran : Un État qui invente ses victoires a déjà perdu la guerre

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La machine à mensonges de l'Iran : Un État qui invente ses victoires a déjà perdu la guerre

La machine à mensonges de la République islamique : quand Téhéran réécrit la guerre

Par la rédaction d'Alliance — Mars 2026

Dans toute guerre, la vérité est la première victime. Mais dans le conflit qui oppose depuis le 28 février 2026 l'Iran aux forces américano-israéliennes, le régime des mollahs a élevé la désinformation au rang de stratégie militaire à part entière.
Depuis les premières frappes, dix-huit affirmations liées à la guerre émanant de l'Iran se sont révélées fausses selon l'organisme d'évaluation des médias NewsGuard Euronews — contre seulement cinq dans les deux semaines précédant le déclenchement des hostilités. Un catalogue de mensonges d'État, documentés et démontés un à un, que Alliance vous présente en exclusivité.

La gaufrette stratégique : le mensonge le plus savoureux

Commençons par le plus cocasse  et le plus révélateur des bobards iraniens.
Des sites et comptes liés au régime iranien ont affirmé avoir mené une cyberattaque contre l'usine de gaufrettes « Manamim », implantée dans la baie de Haïfa depuis 1950, présentant l'opération comme « un coup porté à la chaîne d'approvisionnement militaire sioniste ».

 Une "cible stratégique", vraiment ? Le directeur de l'usine, Tom Marcus, a fermement démenti toute atteinte aux infrastructures actuelles, précisant qu'une intrusion avait eu lieu par le passé  des hackers avaient accédé aux caméras de sécurité et diffusé des images datant de 2023 mais que cet incident, vieux de deux ans et demi, avait été traité et que la faille était « entièrement fermée ». Les lignes de production, a-t-il assuré, tournent à plein régime.

Pendant que les soldats de Tsahal croquent leurs gaufrettes, Téhéran célèbre une victoire fantôme. Ce cas d'école révèle la mécanique entière de la propagande iranienne : s'emparer d'un fait réel, le décontextualiser, le gonfler, et l'habiller de rhétorique martiale pour un public captif.

500, 650 soldats américains tués… le grand bluff des pertes

Le mensonge le plus retentissant de cette guerre concerne les pertes américaines. Ali Larijani, conseiller principal de Khamenei et président du Conseil suprême de sécurité nationale de l'Iran, a affirmé la mort de plus de 500 soldats américains en seulement quelques jours.

Les médias d'État iraniens ont ensuite surenchéri : un porte-parole des Gardiens de la Révolution a affirmé que 650 soldats américains avaient été tués ou blessés lors des deux premiers jours du conflit, des propos relayés par Tasnim, un média iranien proche de l'armée.

La réalité ? Le CENTCOM a démenti ces chiffres, indiquant que six militaires américains avaient été tués dans la guerre avec l'Iran.
Puis sept, officiellement confirmés au fil des jours — cent fois moins que ce qu'annonçait Téhéran.
Le CENTCOM a insisté sur le fait que les informations diffusées par Téhéran concernant des pertes massives et des destructions importantes ne correspondaient pas à la réalité opérationnelle.

L'USS Abraham Lincoln, coulé… et coulé encore

Sans doute le mensonge le plus spectaculairement répété de ce conflit. Les Gardiens de la Révolution ont déclaré le 1er mars avoir frappé le porte-avions américain USS Abraham Lincoln dans le Golfe après les frappes américano-israéliennes, affirmant que « la terre et la mer deviendront le cimetière des agresseurs terroristes ».

Une image très partagée montrait un porte-avions présenté comme l'USS Abraham Lincoln coulé par un missile iranien. En réalité, la photo datait de 2006 et montrait le sabordage volontaire de l'USS Oriskany dans le golfe du Mexique, afin de créer un récif artificiel.

Mais l'Iran n'en est pas resté là : des sources liées à l'État iranien ont également diffusé une vidéo présentée comme montrant un avion de chasse abattu au-dessus de Téhéran.
Dans un premier temps, des chaînes Telegram proches des Gardiens de la révolution ont salué ces images comme la preuve qu'un F-15 américain avait été abattu par l'Iran.

L'armée de l'air israélienne a affirmé par la suite que la vidéo montrait en réalité un F-35 israélien abattant un Yak-130 iranien au-dessus de Téhéran.Autrement dit : l'inverse de la réalité, vendu comme une victoire.

La même semaine, la télévision d'État iranienne a affirmé que des drones des Gardiens de la Révolution avaient atteint le porte-avions. « Ces informations sont fausses », a déclaré un responsable américain. L'USS Abraham Lincoln a en réalité continué ses opérations aériennes sans interruption.

Netanyahu sous les décombres, une image fabriquée par IA

Un exemple particulièrement flagrant est une fausse image de Benjamin Netanyahu le montrant gisant sous des décombres après une frappe aérienne.
L'outil Gemini de Google a détecté l'identifiant synthID de cette image générée par intelligence artificielle.
Parallèlement, un porte-parole militaire iranien a affirmé que des missiles Khorramshahr avaient touché le bureau de Netanyahu et la résidence du chef de l'armée de l'air, le général Tomer Bar. L'entourage du Premier ministre a immédiatement démenti, qualifiant ces allégations de « fake news ».
Netanyahu s'est ensuite rendu publiquement sur les lieux d'une frappe iranienne à Beit Shemesh.

TF1 au service des mollahs : le mythe du missile "indétectable"

La propagande iranienne ne prospère pas seulement sur les réseaux sociaux ou les canaux Telegram des Gardiens de la Révolution elle trouve parfois un relais inattendu dans les grands médias occidentaux.
TF1, première chaîne française, a ainsi repris sans recul critique l'affirmation iranienne selon laquelle Téhéran aurait engagé dans ce conflit un missile Khorramshahr de nouvelle génération, présenté comme "indétectable" et devant, selon la rhétorique des mollahs, "assurer la mort d'Israël".
Un scoop ? Nullement. Ce missile avait déjà été utilisé contre Israël dès juin 2025 et continue de l'être depuis, sans que les défenses israéliennes Iron Dome, Arrow, David's Sling  ne soient mises en défaut de manière décisive. L'"indétectable" est détecté, intercepté, documenté.

En habillant une vieille munition d'un mythe guerrier neuf, TF1 a fait le travail de communication que les attachés de presse des Gardiens de la Révolution n'auraient pas réalisé mieux.

On est en droit de se demander si l'orientation éditoriale de la chaîne sur ce conflit relève de la négligence journalistique ou d'un parti pris autrement plus préoccupant.

Le Service météorologique paralysé, la CIA à Dubaï en flammes

Le groupe de hackers « Handala », relié aux services iraniens, ne manque pas d'imagination.
Il a affirmé avoir paralysé le Service météorologique israélien et provoqué des perturbations dans les systèmes de navigation aérienne. Le Service météorologique a balayé ces allégations, les qualifiant de « fausses informations » et confirmant que ses systèmes fonctionnaient sans la moindre interruption.

Plus fort encore : une vidéo montrait un immeuble en flammes décrit comme le siège de la CIA à Dubaï touché par une frappe iranienne. Ces images n'avaient aucun lien avec le conflit : elles montraient l'incendie d'une tour résidentielle aux Émirats arabes unis en 2015. Une décennie d'écart — aucun scrupule.

Jeux vidéo vendus comme combats réels

L'arsenal de la propagande iranienne s'est enrichi d'un outil aussi redoutable que grotesque : des images d'anciens conflits sorties de leur contexte et présentées comme récentes ont circulé, tout comme des séquences tirées de jeux vidéo de simulation de combat aérien comme Digital Combat Simulator ou Arma 3, présentées comme des images réelles.

Les images du jeu Arma 3 de Bohemia Interactive ont été exploitées en raison de leur réalisme : les créateurs de fausses informations mettent en scène un avion abattu dans le jeu, enregistrent l'écran et réduisent la résolution pour donner l'impression d'une vidéo filmée à la hâte avec un téléphone portable.
Des bombardements de Bagdad datant de 2003 ont été présentés comme des frappes actuelles sur Israël ; la vidéo d'un Boeing d'Emirates en flammes lors d'un accident à Dubaï en 2016 a été décrite comme un avion abattu par un missile iranien.

Une guerre informationnelle industrialisée par l'IA

Ce qui distingue la propagande iranienne de 2026 de tous les conflits précédents, c'est son industrialisation par l'intelligence artificielle.
L'utilisation massive de propagande et de médias synthétiques a été amplifiée par l'environnement internet autoritaire du pays : les citoyens sont souvent incapables de vérifier les informations fournies par les acteurs étatiques, forcés de naviguer à la fois dans l'absence d'information due aux coupures Internet et dans la pollution informationnelle due aux efforts de propagande.

Le mouvement de protestation iranien de 2025-2026 est l'un des premiers où les deux camps  régime et oppositionont utilisé des contenus générés ou altérés par IA de façon systématique et documentée.
Une publication vue plus de 4 millions de fois prétendait montrer des missiles balistiques au-dessus de Dubaï, mais diffusait en réalité des images d'une attaque iranienne contre Tel-Aviv en octobre 2024.

La guerre de l'information est devenue un composant intégral de ce qu'on peut décrire comme la « nouvelle guerre » : un environnement conflictuel dans lequel l'influence cognitive, la domination narrative et la gestion des perceptions sont aussi déterminantes que la force militaire conventionnelle.

Le mensonge comme aveu d'impuissance

Ce catalogue de contrevérités dit plus sur l'Iran que n'importe quel rapport militaire. Un régime qui doit inventer ses victoires est un régime qui n'en a pas. Chaque mensonge révèle en creux l'étendue de ses défaites réelles : le porte-avions toujours en opérations, le bureau de Netanyahu indemne, les soldats israéliens qui croquent leurs gaufrettes.

La République islamique a construit sa légitimité sur la promesse de « détruire l'entité sioniste ». Quarante-cinq ans plus tard, elle fabrique des photos de décombres avec des algorithmes. La leçon la plus dure du conflit iranien n'est pas que la propagande existe — c'est que la vérité sans infrastructure de distribution est impuissante face à la propagande organisée.

C'est précisément pourquoi des médias comme Alliance, et une presse libre attachée aux faits, demeurent la réponse la plus efficace à la machine à mensonges de Téhéran.

Sources : Euronews, France 24, Times of Israel, CENTCOM, NewsGuard, France Info, Radio-Canada, Carnegie Endowment for International Peace.

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