Gaza sous blockchain : le cerveau israélien derrière la révolution monétaire américaine

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Gaza sous blockchain : le cerveau israélien derrière la révolution monétaire américaine

Gaza sous blockchain : Washington prépare une révolution monétaire silencieuse

Une idée née à Washington, révélée par la presse économique américaine

Le 24 février, le Financial Times révèle une initiative inattendue portée par le Board of Peace, organe soutenu par l’administration de Donald Trump chargé de superviser la reconstruction de Gaza. Selon le quotidien britannique, des discussions sont en cours autour de la création d’un stablecoin indexé sur le dollar américain destiné à circuler dans la bande de Gaza.

Le projet n’est pas officiellement adopté. Il est à l’étude. Mais il est réel. Et politiquement explosif. L’idée serait de créer une monnaie numérique stable, adossée au dollar, permettant aux habitants de Gaza d’effectuer des transactions via des portefeuilles numériques, dans un contexte où le système bancaire local est exsangue depuis la guerre déclenchée en octobre 2023. Ce n’est pas un détail technique. C’est un changement d’architecture financière.

Une économie paralysée, un système bancaire brisé

Depuis le début du conflit, Gaza fonctionne avec une économie fragmentée. L
es banques ont subi des destructions majeures. L’accès aux liquidités est limité.
Le shekel israélien, principale devise en circulation dans l’enclave, arrive de manière irrégulière. Les distributeurs sont hors service ou vides.
Le Financial Times souligne que les restrictions sur les flux financiers et l’effondrement des infrastructures rendent les transactions ordinaires extrêmement complexes.
Acheter des produits de base, payer un médecin, recevoir une aide internationale : tout devient dépendant d’un système fragile et partiellement informel.
C’est précisément dans cette faille que s’inscrit l’idée du stablecoin. Un actif numérique adossé au dollar permettrait d’injecter de la liquidité sans transport physique de cash, sans dépendance immédiate au système bancaire traditionnel, et avec une traçabilité technologique intégrée. Autrement dit : contourner l’asphyxie financière par le numérique.

Liran Tancman, l’architecte israélien du projet

Selon le Financial Times et confirmé par le Times of Israel, l’un des acteurs centraux des discussions est Liran Tancman, entrepreneur israélien du secteur cyber et fintech.
Il agit comme conseiller auprès du Board of Peace. Son rôle serait d’évaluer la faisabilité technique et sécuritaire d’un tel dispositif. Il travaille avec le National Committee for the Administration of Gaza (NCAG), entité technocratique censée gérer l’administration civile post-conflit.
Ce point est essentiel : ce n’est pas une initiative palestinienne autonome. Ce n’est pas non plus un projet israélien officiel.
C’est une structure hybride, soutenue par Washington, intégrant des acteurs israéliens et des administrateurs gazaouis post-Hamas. Le stablecoin ne serait pas une monnaie nationale palestinienne. Il ne remplacerait ni le shekel ni le dinar jordanien utilisé dans certaines transactions. Il fonctionnerait comme une couche de paiement numérique parallèle.

Ce que Washington cherche réellement

Officiellement, il s’agit d’accélérer la reconstruction et de fluidifier l’aide internationale. Mais stratégiquement, l’enjeu est plus large. Un stablecoin adossé au dollar placerait l’économie gazaouie, même partiellement, dans l’orbite monétaire américaine directe.
Il réduirait mécaniquement l’influence des circuits financiers opaques. Il permettrait un suivi algorithmique des flux d’aide. Dans une enclave où le détournement de fonds a historiquement été un problème majeur, la traçabilité blockchain devient un argument politique.
Ce projet marque un basculement : la diplomatie ne passe plus seulement par les négociations et les résolutions, mais par l’ingénierie financière.

Les zones d’ombre

Le projet est encore embryonnaire. Aucune réglementation précise n’a été publiée. La Palestine Monetary Authority n’a pas annoncé de validation formelle. Des questions lourdes demeurent. Qui garantirait la convertibilité en dollar ? Quelle infrastructure numérique sécurisée dans un territoire où l’électricité et l’internet restent instables ? Quel cadre juridique pour une monnaie numérique dans une entité qui ne dispose pas de souveraineté monétaire ? Et surtout : un outil technologique peut-il compenser l’absence de stabilité politique ?

Pourquoi cette information est majeure

La presse francophone n’a quasiment pas traité cette initiative. Pourtant, elle marque une rupture conceptuelle. Pour la première fois dans le conflit israélo-palestinien, la reconstruction économique pourrait passer par une architecture monétaire numérique directement indexée sur le dollar américain.
Ce n’est plus simplement une question humanitaire. C’est une redéfinition potentielle des équilibres financiers régionaux. Si le projet aboutit, Gaza deviendrait un laboratoire mondial de finance géopolitique. S’il échoue, il restera comme la première tentative d’utiliser la blockchain comme instrument diplomatique au Moyen-Orient. Dans les deux cas, ce qui se joue ici dépasse largement la technique. C’est une bataille d’influence monétaire.

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