Une journaliste arabe israélienne face au silence international du 7 octobre 2023

Actualités, Alyah Story, Antisémitisme/Racisme, Contre la désinformation, International, Israël - le - par .
Transférer à un amiImprimerCommenterAgrandir le texteRéduire le texte
FacebookTwitterGoogle+LinkedInPinterest
Une journaliste arabe israélienne face au silence international du 7 octobre 2023

Le quatrième jour après le 7 octobre, Lucy Aharish a saisi son micro et défié le monde

Une journaliste arabe israélienne face au silence international

Le 10 octobre 2023, quatre jours après l’attaque meurtrière du 7 octobre, Lucy Aharish, journaliste arabe israélienne, a interrompu le flux habituel des commentaires pour s’adresser directement au monde. Elle n’a pas cherché à analyser. Elle a témoigné. « Je suis désolée d’utiliser mon micro pour transmettre un message au monde. C’est mon arme », a-t-elle déclaré d’emblée. Dans un pays encore sous le choc, sa voix s’est imposée comme un acte de résistance civique.

Depuis le samedi matin, Israël faisait face à une attaque d’une brutalité inédite. Elle l’a formulé sans détour : « Depuis samedi matin, Israël est sous attaque. Notre chère terre est sous attaque. Nous sommes sous attaque d’une organisation terroriste meurtrière, brutale, inhumaine. » Les mots étaient pesés. Ils visaient à rappeler qu’il ne s’agissait pas d’un “épisode” supplémentaire du conflit, mais d’un massacre ciblé contre des civils.

Nommer les victimes, refuser l’euphémisme

Aharish a décrit ce que les images commençaient à peine à révéler : des bébés assassinés, des enfants, des femmes, des personnes âgées, des hommes tués dans leurs maisons, dans leurs lits. Des familles décimées à l’aube. Des bébés, des enfants, des personnes âgées, des femmes et des hommes enlevés et emmenés à Gaza. Des roquettes et des missiles tirés délibérément sur des zones civiles.

Elle a interpellé ceux qui hésitaient encore à condamner : qu’ils imaginent être réveillés par une sirène, voir un terroriste pénétrer dans leur maison et massacrer leur famille sous leurs yeux. « Regardez dans les yeux des victimes. Regardez dans nos yeux. Et soyez de notre côté, du bon côté de l’histoire. » Ce n’était pas une posture médiatique. C’était une sommation morale.

Un pays fracturé mais uni face à la terreur

Dans son intervention, elle a insisté sur l’unité d’un pays pourtant traversé de tensions politiques profondes. Religieux, laïcs, Juifs, Druzes, chrétiens, musulmans, minorités et migrants : tous, a-t-elle affirmé, étaient engagés dans la même lutte pour protéger leurs familles et assurer un avenir à leurs enfants. « Même si nous avons souffert de difficultés, de divisions et de disputes comme n’importe quel pays, cela ne signifie pas que nous ne défendrons pas nos familles, notre patrie. »

Sa prise de parole a circulé largement à l’étranger. Sans mise en scène sophistiquée, sans dispositif institutionnel, elle a utilisé ce qu’elle a appelé son “arme” : la parole. Dans les jours suivants, on a appris que son mari, l’acteur et ancien combattant d’élite Tsahi Halevi, s’était mobilisé pour tenter de porter secours à des familles qui appelaient à l’aide.
Menaces et fractures internes

Un individu est allé jusqu’à se rendre au domicile d’Aharish pour la harceler et la menacer. Certains responsables politiques ont réagi avec une ambiguïté troublante. D’autres ont attaqué son identité, lui collant des étiquettes méprisantes. La violence verbale, parfois physique, n’était plus seulement celle des terroristes. Elle révélait les lignes de fracture d’une société sous tension extrême.

L’ombre politique : la ministre et l’imprimante

 Alors que le pays était encore en état de guerre, la ministre chargée de la communication, Galit Distel-Atbaryan, a été évoquée dans un contexte révélateur des priorités contestées du moment. Des débats et des polémiques internes ont éclaté, jusque sur des questions administratives et symboliques  notamment autour de son bureau et de son matériel, devenu objet de controverse publique alors que le pays enterrait ses morts.

Ce contraste, est brutal : d’un côté, une journaliste arabe israélienne s’adressant au monde pour décrire un massacre et appeler à la solidarité internationale ; de l’autre, une scène politique traversée par des querelles et des accusations.

Une voix qui oblige

 Au-delà de l’hommage, c’est un constat. Le quatrième jour après le 7 octobre, alors que le monde hésitait encore entre empathie et relativisme, une journaliste arabe israélienne a parlé au nom ds son pays attaqué. Elle a refusé les euphémismes, nommé les victimes, décrit les enlèvements, rappelé l’unité d’une société blessée.

Son micro n’a pas seulement transmis un message. Il a fixé une ligne morale. Et ce 10 octobre, cette ligne passait par une exigence simple : voir l’horreur telle qu’elle est, sans détourner les yeux.

POUR S'INSCRIRE A LA NEWSLETTER D'ALLIANCE ET AVOIR ACCES AUX INFORMATIONS EN UN COUP D'OEIL CLIQUEZ ICI :https://alliance-magazine.com/?p=subscribe&id=1

Vos réactions

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A voir aussi