Rishon LeZion : la mairie lance la démolition autour du rabbin “Yenouka”, mikvé compris

Actualités, Alyah Story, Antisémitisme/Racisme, International, Israël - le - par .
Transférer à un amiImprimerCommenterAgrandir le texteRéduire le texte
FacebookTwitterGoogle+LinkedInPinterest
Rishon LeZion : la mairie lance la démolition autour du “Yenouka”, mikvé compris

Rishon LeZion : “on ne détruit pas une synagogue”, mais l’affaire du “Yenouka” tourne à l’épreuve de force

Ce que certains ont vendu comme la “destruction d’une synagogue” à Rishon LeZion ressemble, en réalité, à autre chose : une procédure de démolition visant des constructions annexes jugées illégales , un bureau de réception du public et, selon plusieurs sources, un mikvé privé , sur fond d’afflux massif de fidèles, de plaintes de riverains et d’un bras de fer politico-religieux désormais à ciel ouvert. 

De quoi parle exactement l’ordre de démolition ?

La municipalité de Rishon LeZion affirme que le “cœur” du lieu de prière n’est pas visé, mais une extension d’environ 60 m², construite sans permis, présentée comme un espace servant à “recevoir du public”. 

Dans un second article, il est rapporté que la démolition doit aussi concerner le mikvé privé installé dans le même périmètre. 

Pourquoi maintenant : les plaintes, le quartier et l’argument “sécurité”

Le nœud du dossier, côté ville et riverains, tient à une réalité très prosaïque : un quartier résidentiel devenu un lieu de pèlerinage quotidien, avec des centaines de visiteurs par jour selon la municipalité, alors que l’autorisation d’activité évoquée limite la jauge à environ 100 personnes. 

Des habitants décrivent des embouteillages, des rues bloquées, du bruit, et surtout un point qui pèse lourd politiquement : l’accès des secours. Un témoignage cité évoque un ambulancier contraint de rebrousser chemin faute de passage. 

Qui est “le Yenouka” et pourquoi la ville explose autour de lui

Le rabbin concerné est Shlomo Yehuda Be’eri, surnommé “le Yenouka”, figure devenue très visible grâce aux réseaux sociaux. La couverture indique que la zone, Nevé Hof, a vu son équilibre bouleversé par l’ampleur des visites, bénédictions et cours attirant un public bien au-delà du voisinage. 

Le détail peu repris : la question de l’attribution du terrain

C’est l’élément le plus explosif du dossier, parce qu’il dépasse l’urbanisme : la presse israélienne rapporte que le terrain aurait été alloué à une association (initialement “Nahal Novea Mekor Hokhma”, puis “Geoula LeTsion”), mais qu’une vérification municipale aurait conclu que l’allocation n’a jamais été validée comme requis par le ministère de l’Intérieur, et qu’une tentative de validation au conseil n’aurait pas obtenu la majorité nécessaire. 

Si ce point est exact juridiquement (et il reste à voir ce que produiront les documents officiels complets), alors l’affaire n’est plus seulement “un permis manquant” : c’est la base même de l’occupation du site qui devient contestée.

Police sur place, opération gelée, puis reprise : la journée où tout peut déraper

Ce jeudi 12 février 2026, une opération de démolition encadrée par des forces de police, jugée “sensible”, avec des tensions entre partisans du rabbin et habitants. 

D’autres sources locales évoquent une suspension temporaire liée à des discussions de dernière minute. 

“Guerre religieuse” ou “égalité devant la loi” : deux récits irréconciliables

Autour du rabbin, l’argument est clair : ce serait une guerre contre l’identité religieuse, pas un dossier technique. 

La municipalité, elle, martèle l’inverse : application uniforme des règles, “le même traitement que pour n’importe quel habitant”, et insiste sur un point : ne pas laisser prospérer une activité massive sur du foncier public et dans un tissu urbain inadapté. 

D’après la version municipale relayée par plusieurs médias, la synagogue n’est pas l’objet du צו הריסה, ce sont des structures annexes. 

Cela n’enlève rien à la gravité symbolique d’une démolition sur un site religieux, surtout avec un mikvé, mais ça oblige à être net : si “destruction de synagogue” devient le titre, on quitte l’enquête pour entrer dans la propagande.

Au-delà du permis : l’irritation croissante d’une partie du public laïc

L’affaire ne se résume pas à une querelle de mètres carrés. Le rabbin Shlomo Yehuda Be’eri, dit “le Yenouka”, est devenu en quelques années une figure religieuse très visible, attirant des centaines de fidèles vers son lieu d’étude et de prière à Rishon LeZion.

Dans un quartier résidentiel historiquement laïc, cette affluence quotidienne a profondément modifié l’équilibre urbain. Les rues se remplissent, les stationnements débordent, le flux constant de visiteurs transforme la physionomie du secteur. Pour une partie des habitants, le malaise dépasse l’encombrement : il s’agit d’une crainte plus diffuse d’un basculement religieux progressif de l’espace public.

Sur les réseaux sociaux et dans certains cercles municipaux, l’hostilité à l’égard du rabbin s’exprime sans détour.
Certains critiques ne parlent plus d’urbanisme mais d’“expansion religieuse” jugée envahissante.
La démolition devient alors le révélateur d’un conflit culturel plus large entre Israël laïc et Israël religieux.
Dans ce climat déjà tendu, toute intervention administrative prend une dimension symbolique. Pour les soutiens du rabbin, la mesure apparaît comme un acharnement idéologique ; pour ses opposants, elle représente un rappel nécessaire de l’autorité municipale. Derrière le béton et les permis, c’est une bataille identitaire qui se joue.

 


Vos réactions

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A voir aussi