Israël : la coalition en déroute, le parti Shas claque la porte de ses fonctions parlementaires

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Israël : la coalition en déroute, le parti Shas claque la porte de ses fonctions parlementaires

Crise interne à la coalition : le parti Shas claque la porte de ses fonctions parlementaires

La coalition du Premier ministre Benyamin Netanyahou traverse une grave secousse : le parti ultra‑orthodoxe Shas annonce le retrait de l’ensemble de ses fonctions au sein de la Knesset en signe de protestation. 

À la mi‑juillet, Shas avait déjà annoncé quitter le gouvernement sans pour autant quitter la coalition.  Cette fois, le parti dirigé par Aryé Deri franchit un nouveau cap :
« Lorsque le statut des étudiants en yeshiva sera enfin réglé, Shas reprendra ses fonctions au sein du gouvernement et de la Knesset. » a‑t‑on pu lire dans un communiqué. 

Le motif : le service militaire des étudiants en yeshiva

Le cœur du conflit porte sur la lenteur — selon Shas — de l’adoption de la loi visant à exempter les étudiants des yeshivot du service militaire.  Le parti ultra‑orthodoxe exige que « la loi garantissant l’exemption de conscription pour les étudiants en Torah soit adoptée sans délai ».  Cette exigence s’inscrit dans une promesse de longue date du Likoud, restée lettre morte depuis la fin de la guerre à Gaza. 

L’annonce de Shas est assortie de la démission de deux responsables parlementaires : le président de la commission de l’Éducation, le député Yossi Taïeb, et celui de la commission de la Santé, le député Yoni Mashriki. 

La situation politique s’en trouve fragilisée alors que plusieurs alliés de Netanyahou menacent d’élargir le boycott parlementaire si la question n’est pas tranchée dans les prochains jours. 

Contexte et enjeux

Le parti Shas, pilier du bloc ultra‑orthodoxe en Israël, est un atout stratégique pour la coalition.  Son retrait effectif ou partiel met en péril la majorité parlementaire. Un article résume ainsi :

« Les partenaires ultra-orthodoxes de la coalition de Netanyahou, Shas et Judaïsme unifié de la Torah, ont officiellement quitté le gouvernement en juillet… laissant ainsi le Premier ministre sans majorité claire à la Knesset. »

Selon certaines analyses, cette crise trouve son origine dans un arrêt de la Cour suprême israélienne du 25 juin 2024, jugeant que l’exemption automatique des étudiants haredim du service militaire était illégitime. 

Les manifestations se multiplient : des milliers d’hommes ultra‑orthodoxes manifestent contre les nouvelles convocations, bloquant des axes routiers, notamment autour de la route 4 près de Bné Brak. 

Que risque la coalition ?

Sans le soutien effectif de Shas — ou en cas de retrait complet de ses députés — la coalition pourrait perdre sa majorité et se retrouver dans l’impossibilité de gouverner efficacement. Selon un article,« Si les 11 députés de Shas suivaient le mouvement, la coalition perdrait sa majorité. »

Dans ce contexte, le gouvernement pourrait être contraint à convoquer des élections anticipées. Le débat sur le service militaire des haredim est présenté comme« Le compromis entre la quête d’égalité et la réalité politico-sociale existante. »

Le regard critique

Il apparaît que Shas joue une double partition : d’une part, il menace la coalition — instrument de pression — et d’autre part, il affirme vouloir rester dans la coalition « lorsque l’exemption sera réglée ».
Cette posture permet au parti de demeurer un pivot politique tout en intensifiant le bras de fer. Par ailleurs, la question de l’égalité du service militaire dans un État en guerre, face à une communauté dont la proportion grandit rapidement, ravive un clivage profond dans la société israélienne. 

En conclusion, ce retrait symbolique de Shas ne peut être dissocié de deux données structurantes : la démographie ultra‑orthodoxe, en forte progression, et l’exigence croissante de « charge partagée » dans un pays en proie à des guerres récurrentes. Si aucune solution n’est adoptée — ou si le compromis reste incertain —, alors l’inévitable échéance électorale pourrait devenir le dénouement de cette crise.

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