Le shofar a retenti au cœur de Gaza : « Ce que j’ai vu est incroyable »

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Le shofar a retenti au cœur de Gaza : « Ce que j’ai vu est incroyable »

Le shofar a retenti au cœur de Gaza : « Je ne suis pas un hassid, mais ce que j’ai vu est incroyable »

Rosh Hashana sur le champ de bataille : le témoignage bouleversant d’un soldat de la brigade Golani

« Je suis revenu il y a quelques heures de Gaza — incroyable ce qui se passe là-bas à Roch HaChana.
C’est avec ces mots, haletant d’émotion, qu’un jeune soldat de la brigade Golani a interpellé le journaliste Yedidia Meïr, en plein cœur de Jérusalem, le soir de Shabbat Chouva.
Ce qu’il s’apprêtait à raconter n’était pas une anecdote, mais un moment de grâce, saisi au plus profond d’un théâtre de guerre.

Une mission, un shofar… et un éveil inattendu

Yitzhak Londin, jeune combattant de la 7ᵉ brigade, engagé au sein de la force « Shimshon » de la brigade Kfir — déployée pour reprendre Gaza depuis le sud — n’avait rien prémédité.
Il avait glissé dans ses affaires un shofar, sans trop savoir pourquoi.
« Je ne suis vraiment pas un hassid, et encore moins un sonneur professionnel, » précise-t-il. Et pourtant, ce geste anodin allait transformer son expérience militaire en un instant de spiritualité collective inattendu.

« Dès que les gars ont su qu’il y avait un shofar et quelqu’un qui pourrait le sonner (même de manière approximative…), les demandes ont afflué, » raconte-t-il.
Des soldats, sans kippa, couverts de sueur et de poussière, se sont mis à retarder le début de leur mission. « Attends un peu, appelle ceux dans cette tente-là, dans ce bâtiment-là — eux aussi vont vouloir entendre… »

Le souffle du shofar dans les ruines

Londin a fini par souffler le shofar pour des dizaines de soldats, l’un après l’autre.
La voix brisée, il confie : « J’ai terminé la fête sans poumons, mais ça en valait carrément la peine. » Il ne s’agissait pas d’un folklore de tradition.
Ce moment suspendu, entre ciel et feu, avait pris une dimension prophétique.
Le shofar sonnait moins pour rappeler la Loi que pour relier les cœurs juifs, même les plus éloignés, à une promesse silencieuse.

« C’est là que je suis confiant »

Après la fête, Yitzhak a médité sur les mots du psaume récité pendant la période des fêtes : « Si une guerre se lève contre moi — c’est là que je suis confiant. » Et d’ajouter :
« Mais ‘là’ — c’est dans l’amour des mitsvot du peuple juif en général, et des soldats d’Israël en particulier — en cela je place ma confiance ! »
Son récit, d’une sincérité lumineuse, traverse la rhétorique religieuse pour atteindre un point d’évidence : la véritable force de Tsahal ne réside pas seulement dans ses armes, mais dans la foi vibrante et le lien charnel des soldats avec le peuple et sa tradition.

Un père, un fils, et la chaîne de la transmission

Yitzhak Londin n’est pas un inconnu : il est le fils du rabbin Haggai Londin, figure éducative connue pour rapprocher les jeunes éloignés de la tradition. C’est dans cette lignée qu’il écrit à Yedidia Meïr : « Qu’Hachem nous inscrive tous — tous ensemble — pour une bonne et douce année, une année de victoire absolue et totale à Gaza, bé‑ezrat HaShem. »

En partageant ce témoignage, le journaliste conclut avec humour et chaleur : « J’espère que tu es déjà prêt avec les quatre espèces, oui ? Beaucoup de travail t’attend cette semaine. Chag samea’h. »

Quand l’esprit du Chabad traverse Gaza sans uniforme

Dans tout cela, Yitzhak Londin n’a cessé de rappeler : « Je ne suis pas un chabadnik. » Une manière pudique de dire qu’il ne suit ni le style ni l’intensité du mouvement Habad, réputé pour ses envoyés dans le monde entier — ces ‘chlou’him’ qui vont jusqu’aux coins les plus reculés pour faire sonner le shofar, poser les téfilines, ou rappeler une bénédiction.

Et pourtant, dans les tunnels de Gaza, dans les zones dévastées, c’est exactement ce qu’il a fait. « Peut-être qu’en fait, je suis devenu un shalia’h sans le vouloir, » lâche-t-il dans un sourire.
Ce jour-là, le Chabad s’est invité dans la guerre sans uniforme, sans barbe ni chapeau noir — mais avec la même certitude que chaque juif, même dans la tourmente, attend le son d’un shofar.

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