Barcelone en flamme : chasse ses touristes Israël cible d’une haine décomplexée

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Barcelone en flammes : tourisme de masse, guerre sociale et rejet d’Israël

Barcelone en flammes : tourisme de masse, guerre sociale et rejet d’Israël

Une ville prise au piège de sa propre image

Barcelone n’attire plus. Elle repousse. Cette ville autrefois synonyme d’art, d’architecture et de vie méditerranéenne est aujourd’hui le théâtre d’un rejet viscéral de ceux qu’elle avait autrefois séduits. Le week-end dernier, les ruelles du quartier gothique ont tremblé sous des slogans furieux : “Touristes dehors !”, “Vous n’êtes pas les bienvenus ici”, “La Catalogne aux Catalans”. Sur les pancartes, un mot-clé : “Gaza”. Sur les façades, des jets de peinture rouge sang.

Le point culminant de cette colère s’est cristallisé sur un hôtel du centre-ville.
Des manifestants ont lancé des bombes de peinture, tagué “Free Palestine” en lettres capitales, hurlé leur haine d’un système qui, selon eux, les exploite doublement : par le capitalisme touristique et par le soutien supposé de l’Europe à Israël.

Quand le tourisme devient l’ennemi

Le tourisme n’est plus perçu comme une bénédiction mais comme une agression quotidienne. Les Catalans évoquent des loyers qui flambent, des commerces de proximité qui disparaissent, des files d’attente interminables devant leurs propres boulangeries.
“Nous sommes devenus des figurants dans notre propre ville”, confiait une habitante à la télévision locale, visage masqué, voix tremblante.

Mais cette fois, l’hostilité ne s’est pas arrêtée aux slogans.
Les touristes, notamment anglophones et israéliens, ont été invectivés, filmés à leur insu, suivis dans la rue. Les forces de l’ordre catalanes ont dû intervenir pour éviter les débordements. “Ce n’est plus du militantisme, c’est une campagne de terreur sociale”, a déclaré un restaurateur local, dont la terrasse a été renversée par des activistes masqués.

Le conflit israélo-palestinien comme carburant politique

Ce qui frappe, c’est l’utilisation du conflit au Moyen-Orient comme arme symbolique dans une guerre locale. L’Espagne a récemment reconnu l’État palestinien, le 28 mai 2024 un geste salué par les partis de gauche, mais qui semble avoir déchaîné une radicalisation idéologique dans certaines franges indépendantistes catalanes.

“La cause palestinienne est instrumentalisée pour justifier la haine de l’autre, et en particulier celle des Juifs et des Israéliens”, a déclaré un universitaire barcelonais sous couvert d’anonymat. La présence d’enseignes hébraïques dans certaines zones de Barcelone est désormais vue comme une provocation. Plusieurs commerces appartenant à des Juifs catalans ont reçu des menaces écrites.

Un couple de touristes israéliens raconte : “Nous avions réservé un petit appartement dans le quartier El Raval. En arrivant, la porte avait été souillée avec du ketchup et des insultes en espagnol. On nous a dit de quitter la ville si on ne voulait pas de problèmes.”

L’État espagnol entre silence et complicité ?

Du côté des autorités, c’est la langue de bois qui domine. Le gouvernement espagnol, confronté à une montée des violences sociales dans plusieurs régions, semble minimiser les faits. Le maire de Barcelone, Jaume Collboni, a certes condamné les dégradations, mais a aussi reconnu que “la pression touristique devient insupportable”.

Aucune déclaration officielle n’a été faite concernant les attaques ciblant les touristes juifs ou israéliens. Ce silence assourdissant est dénoncé par plusieurs organisations. L’ambassade d’Israël à Madrid a publié un communiqué discret mais ferme :
“Nous sommes profondément préoccupés par l’hostilité croissante à l’égard de nos citoyens dans plusieurs villes espagnoles, notamment à Barcelone. L’antisionisme affiché se transforme de plus en plus en actes antisémites.”

La Catalogne comme laboratoire du chaos européen

Le malaise catalan révèle en réalité un mal européen plus large.
Ce qui explose à Barcelone, c’est la convergence explosive entre ultragauche, séparatisme, islamisme militant et rejet d’Israël. Une alchimie inquiétante, dans une ville où la culture de l’accueil s’est retournée en forteresse hostile. Les slogans anticapitalistes s’acoquinent désormais avec des drapeaux de la Palestine et des appels à la “libération de l’Espagne du sionisme”.

Les autorités israéliennes suivent de près la situation. Des associations juives locales s’alarment d’une montée des tensions. Le président de la communauté juive de Barcelone, contacté par nos confrères du Times of Israel, a confié :
“Nous avons demandé une protection policière renforcée. Le climat est devenu lourd, délétère. Nous savons que les mots peuvent bientôt devenir des actes.”

Une destination à éviter ?

La question n’est plus seulement économique ou diplomatique. Barcelone devient une destination à risque pour les voyageurs israéliens, juifs ou même simplement francophones. Plusieurs agences de voyage ont signalé des annulations de dernière minute, notamment depuis Tel Aviv et Paris.

“Je ne veux pas être la cible d’un militant en colère simplement parce que je visite une ville européenne”, confie Sarah, 27 ans, une jeune touriste française d’origine tunisienne. Elle avait prévu une escapade à Barcelone avec son compagnon, mais a préféré annuler. “Ce n’est plus du tourisme, c’est un terrain miné.”

Une Europe qui bascule ?

Barcelone n’est peut-être qu’un signal parmi d’autres. Quand les capitales européennes se transforment en terrains d’expression haineuse, quand la tolérance devient prétexte au radicalisme, et quand le conflit israélo-palestinien est utilisé comme levier pour frapper les démocraties occidentales dans leur chair, il n’est plus temps de détourner le regard.

L’Espagne est une démocratie. Barcelone est une ville libre. Mais aujourd’hui, elles sont toutes deux prises en otage. Par ceux qui crient contre l’oppression, mais n’hésitent pas à oppresser à leur tour.

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