Lisbonne : Michael Tordjman du bar Badassery affiche un message antisémite en pleine rue

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Lisbonne : Michael Tordjman du bar Badassery affiche un message antisémite en pleine rue

À Lisbonne, un bar à cocktails branché dissimule une rhétorique militante anti-israélienne troublante

Quand l’agit-prop se mêle aux mojitos : enquête sur Michael Tordjman, alias “Henry”, instigateur d’une campagne politique antisémite au cœur du Portugal

Lisbonne, capitale solaire de l’Europe de l’Ouest, est devenue ces dernières années le terrain d’épanouissement d’une scène artistique, gastronomique et politique décomplexée. Mais parfois, derrière les apparences d’un bar branché et d’une créativité débridée, se cachent des postures idéologiques ambiguës, voire dangereuses.

Michael Tordjman antisémite assumé

Michael Tordjman

C’est le cas du bar “Badassery”, situé au 71A Rua do Sol ao Rato, 1070-030 Lisboa. Ce lieu à la façade faussement discrète, dissimulant un “speakeasy” aux allures underground, est dirigé par Michael Tordjman, un Français installé depuis une dizaine d’années au Portugal, qui se fait également appeler “Tordj”, ou sous un pseudonyme plus provocateur : @who.the.fuck.is.henry sur Instagram.

Une œuvre “militante” qui scandalise

Le 22 novembre 2023, sur son compte Instagram, Tordjman poste une image choc prise devant l’Assemblée de la République du Portugal : un panneau géant peint à la bombe noire, où l’on peut lire en lettres blanches :

“LET’S FREE ALL HOSTAGEs
– The 240 Israelis
– The 2,3 million people of Gaza
– Henry” (voir photo)

Derrière la formule, une stratégie discursive bien rodée : établir une équivalence morale entre les 240 otages israéliens enlevés, torturés et séquestrés par des terroristes le 7 octobre 2023, et les 2,3 millions de Palestiniens vivant à Gaza — faisant ainsi d’Israël le geôlier, sans jamais nommer le Hamas, ni évoquer les atrocités commises ce jour-là.

L’art comme paravent de l’idéologie

Ce type de message, s’il peut séduire un public mal informé, est une manœuvre bien connue des milieux antisionistes contemporains : diluer la responsabilité des crimes du Hamas dans un discours prétendument humaniste et égalisateur, qui accuse Israël de tous les maux, en invisibilisant la haine, l’endoctrinement, l’oppression exercée à Gaza… par le Hamas lui-même.

Or ce n’est pas anodin lorsque ce genre de message s’affiche devant un Parlement national, sous la signature d’un individu bénéficiant d’une visibilité culturelle locale, et d’un commerce prospère fréquenté par des touristes et expatriés français.

Michael Tordjman : un visage double ?

Derrière le slogan “Let’s free all hostages”, c’est donc bien Michael Tordjman, propriétaire du bar Badassery à Lisbonne, qui s’exprime. De sources concordantes, ce compte Instagram lui appartient. Celui-ci se présente comme un artiste activiste, mêlant performances visuelles, installations de rue, et un marketing très personnel, où se côtoient cocktails stylisés, provocations visuelles, et postures politiques engagées.

Mais quelle est la frontière entre l’art et la propagande ? À partir de quand une démarche créative devient-elle le vecteur d’un discours politique orienté, voire dangereux ?

Un antisémitisme qui ne dit pas son nom ?

Il ne s’agit pas ici d’une insulte antisémite frontale. Rien, dans cette publication, ne vise explicitement les Juifs. Mais l’ensemble du propos relève d’une logique idéologique familière :

  • effacer les crimes du Hamas,

  • faire passer Israël pour un oppresseur totalitaire,

  • et transformer les victimes (les otages) en simples accessoires d’un récit plus large, centré sur la diabolisation de l’État hébreu.

Ce relativisme morbide, ce renversement des responsabilités sont aujourd’hui la matrice principale de l’antisémitisme contemporain, plus insidieux, plus chic, plus “artistique”. Il ne crie pas « mort aux Juifs » : il réécrit les faits, floute les lignes, brouille la mémoire.

Le propriétaire Michael Tordjman Tordj et ce lieu

Mikhael Tordjman, plus connu sous le pseudonyme Tordj (ou parfois raccourci ainsi),  se présente comme Parisien, âgé d’environ 33 ans, venu à Lisbonne il y a environ huit ans avec « la volonté de créer des choses nouvelles »  . Aucune formation universitaire achevée, car il savait dès le départ qu’il voulait « construire des projets, créer des choses différentes »  .

Ce que cela dit de l’Europe d’aujourd’hui

Qu’un artiste français, installé au Portugal, puisse installer un panneau aussi politiquement chargé devant le Parlement, sans réaction notable, montre la banalisation inquiétante de ces discours dans les élites culturelles européennes.

L’antisémitisme moderne ne se limite plus aux discours de haine ou aux actes violents : il passe aussi par des slogans pseudo-humanistes, des expositions faussement neutres, des slogans puissants qui inversent les rôles.

Il est temps d’ouvrir les yeux.

Une pétition pour que les autorités agissent contre cet individu circule
Cliquez-ici

 

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