Joyce Mulanga, l’étudiante congolaise qui incarne la réussite de l’intégration en Israël

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Joyce Mulanga, l’étudiante congolaise qui incarne la réussite de l’intégration en Israël

Du Congo à Netanya, l’odyssée israélienne de Joyce Mulanga

Une enfance déracinée, une jeunesse façonnée par la résilience

Sur le quai de la gare Yoseftal à Bat Yam, Joyce Mulanga tient un café d’une main et son sac en bandoulière de l’autre. Elle a l’allure d’une étudiante ordinaire, pressée par le temps. Mais derrière ce quotidien rythmé par les trajets ferroviaires se cache une histoire bien plus vaste, tissée de fuites, d’exils et de recommencements. Une histoire qui commence au Congo, passe par le Kenya, et s’enracine aujourd’hui en Israël.

Née dans un pays en guerre, Joyce a vu son père fuir la République démocratique du Congo pour Israël dès sa première année. Sa mère, restée seule avec les enfants, a trouvé refuge au Kenya. Ce n’est que sept ans plus tard, en 2009, que la famille parvient à se réunir à Tel Aviv. « Nous avons immigré quand j’avais sept ans », se souvient Joyce. « Aujourd’hui, je réalise la chance que nous avons eue de pouvoir nous en sortir. »

 Se construire dans l’adversité

S’intégrer à une nouvelle culture n’a rien d’évident, encore moins lorsqu’on est enfant. Pourtant, Joyce n’a jamais laissé les épreuves entamer sa détermination. « Quand ses parents traversent des difficultés quotidiennes, on apprend vite à prendre ses responsabilités », confie-t-elle.
« Je ne voulais pas qu’ils s’inquiètent pour moi. Je me suis juste dit que je devais rester concentrée. » Avec du recul, elle comprend que cette maturité précoce a forgé son caractère. « Je pense que j’ai mûri très vite. Si quelqu’un a besoin de Joyce, Joyce sera là. »

À 22 ans, Joyce vit à Bat Yam, étudie la gestion d’entreprise et la communication au Netanya Academic College, et travaille parallèlement dans la high-tech chez Nima, une start-up spécialisée dans les transferts d’argent internationaux.
Son plus grand atout ? Les langues. Elle parle couramment l’hébreu, l’anglais, le français, le swahili et le lingala, ce qui lui permet de dialoguer avec des clients à travers toute l’Afrique. « Je suis fière de pouvoir communiquer avec des personnes d’horizons aussi divers. C’est un atout majeur. Certains clients m’entendent parler lingala ou swahili, et tout à coup, les barrières tombent. »

Le train comme ligne de vie

Tous les jours, entre cours et travail, Joyce emprunte les transports en commun. Elle effectue l’aller-retour entre Bat Yam et Netanya par train. « Je n’ai pas de voiture », explique-t-elle simplement. « Bat Yam est difficile d’accès en bus, mais la gare est pratique, stable, rapide – pas d’embouteillages – et cela me permet de gagner du temps pour moi. »

Grâce à un profil étudiant enregistré via l’application Rav-Kav, elle bénéficie de tarifs réduits. L’inscription, rapide et entièrement numérique, ne lui a demandé que quelques minutes. « Je me connecte à l’application, je vérifie que tout est valide et voilà. Je suis détendue, je n’ai pas à faire la queue. Je passe ma carte et je pars. »

Sur ces trajets quotidiens, elle ne perd pas une minute. « Certains jours, je suis dans le train pendant plus d’une heure. J’en profite pour écouter des podcasts, réviser, créer du contenu pour mon travail, ou tout simplement souffler un peu. »

D’une fillette immigrée à une Israélienne accomplie

L’arrivée en Israël n’a pas été un long fleuve tranquille. Le souvenir de son premier jour d’école est encore vif. « J’ai regardé mon père et je lui ai demandé : “Qu’est-ce qui se passe ici ?” », se rappelle-t-elle. « J’ai subi du racisme, mais je ne savais pas que c’était ça. Je ne comprenais pas pourquoi les autres enfants se moquaient de moi et de mon petit frère. Ce n’est qu’en CE2 ou en CM1 que j’ai commencé à comprendre que tout le monde ne se ressemblait pas. J’ai fini par m’intégrer. »

Aujourd’hui, cette intégration est totale. « Quand je suis arrivée ici, je ne savais rien. J’ai dû apprendre l’hébreu, m’adapter, tout était nouveau pour moi. Aujourd’hui, j’étudie, je travaille, je parle cinq langues. Je vis ma vie. Je me construis ici, et c’est chez moi. »

 « Israël est ma maison » – et après le 7 octobre ?

Quand on l’interroge sur la guerre, sa voix se fait grave. « Ce n’était pas facile », confie-t-elle. « Je crois que je l’ai vécu comme tous les Israéliens. Mais il y a de l’espoir. Oui, c’est dur, mais on se lève le matin et on se dit : “Allez, on continue.” Je crois sincèrement que tout ce qu’on traverse nous rend plus forts, d’une manière différente. »

Dans cette simple phrase, tout Joyce est résumé : détermination, espoir, fidélité. D’un champ de guerre africain à une vie d’étudiante israélienne accomplie, elle incarne cette jeunesse qui refuse la fatalité. Une jeunesse qui, malgré tout, avance.

Juive ou pas juive ?

À aucun moment, Joyce ne mentionne son appartenance religieuse ni les raisons précises qui ont conduit sa famille à choisir Israël comme terre d’accueil.
L’histoire familiale évoque un exil provoqué par la guerre civile congolaise, puis un long détour par le Kenya, avant de rejoindre le père réfugié en Israël. Est-ce par lien religieux, par opportunité, ou par simple nécessité ? Le récit ne le dit pas.
Ce flou souligne une réalité souvent ignorée : Israël n’est pas seulement une destination pour les Juifs du monde, mais aussi un refuge, parfois temporaire, pour d’autres en quête de stabilité. Pour Joyce, peu importe la raison du départ : ce qui compte, c’est l’ancrage. « Israël est ma maison », affirme-t-elle, avec une conviction qui dépasse toute étiquette identitaire.

 

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