Front arabe inédit : trois puissances exigent la fin du règne du Hamas à Gaza

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Front arabe inédit : trois puissances exigent la fin du règne du Hamas à Gaza

« Al‑Hayya a commis une grave erreur » : tensions croissantes entre l’Égypte et le Hamas

Les propos d’al‑Hayya déclenchent une vive polémique en Égypte

La récente sortie de Khalil al‑Hayya, chef de la délégation négociatrice du Hamas basé à Doha, a suscité une indignation généralisée en Égypte. S’adressant au « peuple égyptien et à ses dirigeants », il a lancé : « Vos frères à Gaza meurent de faim alors qu’ils sont à votre frontière, si proches de vous ? »  .

La réplique du Caire ne s’est pas faite attendre. Selon un haut responsable cité par Asharq al-Awsat, al‑Hayya « connaît parfaitement le rôle du Caire » et « l’Égypte n’acceptera pas qu’on mette en cause sa position ferme sur la question palestinienne ou ses efforts pour acheminer l’aide humanitaire »  .

 Un front arabe inédit contre le Hamas

Dans un développement diplomatique inédit au Moyen‑Orient, un front arabe élargi, rassemblant le Qatar, l’Arabie saoudite et l’Égypte, a lancé un appel conjoint au Hamas pour qu’il dépose ses armes et transfère sans condition le contrôle administratif et sécuritaire de la bande de Gaza à l’Autorité palestinienne.

Cette position, rendue publique fin juillet 2025, marque une rupture majeure avec la prudence habituelle de ces capitales vis‑à‑vis du mouvement islamiste.

Selon l’Associated Press et le New York Post, cette déclaration reflète à la fois la lassitude face à un conflit qui perdure depuis près de deux ans et la crainte d’un effondrement humanitaire et sécuritaire incontrôlable dans l’enclave.

Pour l’Arabie saoudite, engagée dans des pourparlers de normalisation avec Israël, comme pour le Qatar, longtemps considéré comme le principal bailleur de fonds de Gaza, cette prise de position commune témoigne d’un réalignement stratégique régional, visant à replacer l’Autorité palestinienne au centre du jeu politique et à réduire l’influence du Hamas, perçu comme un obstacle à toute solution diplomatique durable.

L’Égypte, qui assure historiquement un rôle de médiateur et contrôle le poste frontalier de Rafah, voit dans cette transition une condition sine qua non pour rétablir la stabilité et rouvrir durablement la bande de Gaza.

 « Les relations ne sont pas au beau fixe » : l’admission égyptienne

Dans une interview diffusée entre lundi et mardi sur la chaîne égyptienne Al‑Rad, Dia Rashwan, directeur du service d’information d’Égypte, a reconnu : « La semaine dernière, les relations n’étaient pas au beau fixe », ajoutant sans détour : « Khalil al‑Hayya a commis une grave erreur. » Il a souligné que cette déclaration pourrait compromettre la coopération entre Le Caire et le Hamas, sans pour autant ignorer que des différends plus sérieux avaient déjà opposé les deux parties par le passé  .

 Égypte, Gaza et plan d’« occupation totale » : deux options envisagées

Rashwan, Diaa Rashwan, , est un journaliste et homme politique égyptien, évoque le dilemme des négociations en cours :

« Nous sommes confrontés à deux options. La première est de continuer à exercer une pression sur les factions palestiniennes qui mènent les négociations, principalement le Hamas. […] La seconde est qu’Israël agisse effectivement de la sorte », en référence à un plan d’« occupation totale » de la bande de Gaza  .

Il ajoute que « environ 72 % des Israéliens réclament la fin de la guerre », et assure : « Nous accepterons la décision des Palestiniens », qu’il s’agisse de l’Autorité palestinienne ou d’une représentation gazaouie, car « la voie de l’Égypte est parfaitement claire concernant la gestion de Gaza. Les décideurs sont les Palestiniens »  .

Concessions apparentes… mais négociations toujours au point mort

Selon Rashwan, « au cours des trois derniers mois, des pressions ont été exercées pour la tenue de négociations, et cela semble avoir donné certains résultats, notamment la flexibilité du Hamas »  .

Pourtant, les pourparlers restent au point mort. Depuis l’échec des négociations à Doha fin juillet, l’Égypte confirme qu’aucun progrès tangible n’a été réalisé  .

 Hamas : ces négociations n’ont aucun sens sans aide concrète

Al‑Hayya a, par ailleurs, livré une mise au point cinglante le 27 juillet 2025 : « Il n’y a aucun sens à poursuivre les négociations sous génocide, famine, siège des enfants femmes et peuple de Gaza ». Il a exigé l’entrée immédiate et digne de nourriture et de médicaments comme condition sine qua non à toute négociation viable  . Il a dénoncé les livraisons humanitaires par airdrops comme de la « théâtralisation absurde »  .

 Un front régional réclamant la fin de l’emprise du Hamas

Dans ce contexte, un front élargi incluant le Qatar, l’Arabie saoudite et l’Égypte a appelé publiquement le Hamas à déposer les armes et céder le contrôle de Gaza à l’Autorité palestinienne. Cette prise de position inédite marque un tournant au sein du monde arabe  .

En complément, un éditorial récent propose que l’Égypte prenne temporairement en charge un statut de « tutelle administrative » de Gaza, en coopération avec Israël et l’Autorité palestinienne, pour instaurer la sécurité, permettre la reconstruction, et ouvrir les frontières afin de sortir du cycle militaire actuel. L’auteur, ancien diplomate égyptien, y voit une « solution réaliste » à la crise humanitaire et politique  .

Ce dossier révèle une rupture visible entre Le Caire et les principaux dirigeants du Hamas : les accusations d’al‑Hayya ont déclenché une crise politique, tandis que l’Égypte réaffirme son rôle de médiateur conscient de ses limites. Al‑Hayya, de son côté, pose l’aide humanitaire comme seule condition à la reprise des discussions. Le silence ne sert ni la diplomatie ni les populations.

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