Hamas paralysé : comment la guerre avec Israël a brisé le Hamas et sa capacité à décider seul

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Hamas paralysé : comment la guerre avec Israël a brisé le Hamas et sa capacité à décider seul

Près de deux ans de guerre : comment le Hamas peine à trancher sans ses chefs historiques

Un mouvement affaibli, une gouvernance paralysée

Depuis l’élimination de ses deux figures centrales, Ismaïl Haniyeh et Yahya Sinwar, la direction du Hamas semble prise dans un engrenage de blocages internes et de concertations sans fin. Selon une enquête du quotidien saoudien Asharq Al-Awsat, relayée ce dimanche, le mode de décision au sein de l’organisation islamiste a été profondément modifié – signe d’une fragilité structurelle et stratégique.

Des décisions au ralenti, dictées par le besoin de consensus

Selon une source issue d’une organisation palestinienne alliée, « depuis la fin du cessez-le-feu entré en vigueur le 19 janvier et rompu le 18 mars, le Hamas traverse une phase extrêmement complexe sur le plan décisionnel ». Le mouvement terroriste serait désormais contraint de prolonger les négociations pour mener de larges consultations internes, et inclure les factions palestiniennes, notamment le Jihad islamique et le Front populaire.

Éviter d’assumer seul les conséquences d’un accord

Ce changement n’est pas une ouverture démocratique, mais une stratégie d’évitement. La source précise :

« Cette démarche vise à garantir que chaque décision soit prise dans le cadre d’un large consensus entre les factions, afin d’éviter que la responsabilité ne soit imputée au Hamas en cas d’échec d’un futur accord. »

Autrement dit, le Hamas tente de se protéger politiquement, en dissolvant ses choix dans une responsabilité collective.

Un leadership orphelin de ses décideurs charismatiques

Autrefois, les décisions étaient prises de manière unilatérale. « À l’époque de Haniyeh et Sinwar, les décisions étaient automatiques. Les autres factions étaient informées à titre consultatif, parfois même ignorées », rappellent les interlocuteurs du journal saoudien.

Aujourd’hui, l’actuel conseil de direction peine à assumer seul le pouvoir, contraint de partager l’information, non pas par ouverture, mais par incapacité.

Un vide assumé mais nié officiellement

Le Hamas dément toute vacance de pouvoir. Des sources internes affirment :

« Il n’y a pas de vide au sein du bureau politique ni dans les autres institutions. La communication avec les factions est continue depuis le début de la guerre. »

Ces propos se heurtent pourtant aux constats sur le terrain. La multiplication des concertations ralentit l’ensemble des processus de décision, faisant perdre un temps précieux dans un contexte de guerre.

Le fantôme d’Haniyeh plane sur Gaza

Plusieurs responsables palestiniens le disent sans détour : la disparition d’Ismaïl Haniyeh laisse un vide irremplaçable.

« Il possédait un charisme qu’aucun dirigeant actuel ne parvient à égaler », confie un cadre du Hamas.

Haniyeh, homme d’État avisé, diplomate respecté, imposait naturellement ses choix au sein du bureau politique et auprès des autres factions.

« Ses décisions étaient respectées, et il entretenait d’excellentes relations avec les autres mouvements », précise la même source.

Le vide n’est pas seulement hiérarchique, il est aussi relationnel et stratégique.

Un héritage difficile à faire vivre

Un responsable du Hamas à Gaza l’admet :

« Il était la personnalité la plus influente du Hamas sur le plan politique, et a grandement contribué à son ascension sur la scène internationale. »

Sa proximité avec des leaders exilés comme Moussa Abou Marzouk faisait de lui un pont entre le local et le diplomatique, entre le Hamas de Gaza et celui de la diaspora.

Une structure encore fonctionnelle, mais lente et hésitante

Malgré tout, l’organisation ne s’est pas effondrée. Elle continue à fonctionner selon ses cadres établis.

« Toutes les décisions, qu’il s’agisse de propositions de cessez-le-feu ou d’autres sujets, sont examinées dans tous les cercles internes du Hamas », assurent les sources.

Mais ce processus prend du temps. Beaucoup trop.

« Un temps précieux », disent-elles, « pour que chaque décision bénéficie d’un consensus fort ».

Une paralysie politique à haut risque

En multipliant les voix autour de la table, le Hamas gagne du temps diplomatique, mais en perd stratégiquement. Son message s’émousse, ses décisions tardent, sa légitimité se fragilise. Dans un contexte où la guerre impose des choix rapides, le mouvement terroriste semble englué dans son propre vide – orphelin de ses chefs les plus charismatiques, incapable d’en imposer de nouveaux.

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