Un couple israélien accusé d’espionnage pour l’Iran : fiasco judiciaire en vue ?

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Un couple israélien accusé d’espionnage pour l’Iran : fiasco judiciaire en vue ?

Espionnage pour l’Iran : vers une libération du couple de Raanana ?

Après huit jours de garde à vue, l’enquête s’essouffle, les preuves manquent. Leur avocat réclame une libération sans condition.

L’affaire aurait pu ébranler l’opinion publique. Un couple israélien soupçonné d’espionnage au profit de l’Iran, arrêté à quelques pas du domicile de l’ancien Premier ministre Naftali Bennett.
Mais après huit jours de garde à vue, le dossier semble se dégonfler.
La police reconnaît elle-même que l’enquête patine. Alors que le tribunal de Petah Tikva s’apprête à statuer sur leur éventuelle remise en liberté, une question demeure : Yovda Israilov et Doria Ahiel seront-ils libérés sans condition ?

« Il n’y a pas la moindre preuve », martèle leur avocat, Maître David Nir, qui exige la levée immédiate de toute mesure restrictive. Pour lui, le maintien en détention du couple ne repose sur rien de concret. Les enquêteurs de l’unité des crimes graves de la police de la région de Sharon ont eux-mêmes admis aujourd’hui, lundi, devant le tribunal, qu’aucun élément ne permettait de maintenir leur arrestation. Résultat : ils ont consenti en principe à une libération sous conditions, notamment une assignation à résidence.

Les accusations étaient pourtant graves : transmission d’informations sensibles dans l’intention de nuire à l’État, contacts avec un agent étranger, et complot en vue de commettre un crime. Mais à ce jour, aucun élément tangible n’est venu corroborer ces soupçons.
Selon une source proche du dossier, « leurs téléphones ont été passés au crible et aucune preuve incriminante n’a été retrouvée ».

Une opération d’envergure sans résultats

Tout a commencé il y a une semaine, dans la plus grande discrétion. L’unité de répression du crime de Sharon, en collaboration avec le Service de sécurité générale (Shin Bet), ouvre une enquête secrète visant le couple. Yovda Israilov et Doria Ahiel résident dans une dépendance de la maison des parents d’Ahiel, à Raanana, dans un quartier résidentiel situé non loin du domicile de Naftali Bennett.

Les soupçons prennent une tournure spectaculaire lorsque, la veille de leur arrestation, les enquêteurs perquisitionnent leur appartement. Sur place, ils saisissent des téléphones portables, des ordinateurs, ainsi que divers équipements électroniques. La police affirme également avoir trouvé de la correspondance suspecte, échangée selon elle entre le couple et un opérateur basé à l’étranger, présenté comme un contact iranien.

Mais l’enquête, qui se voulait explosive, semble se heurter à l’absence de preuves matérielles. Les appareils saisis n’ont livré aucun contenu compromettant. Le couple nie farouchement toute implication dans une quelconque activité d’espionnage. Et aucun chef d’accusation formel n’a été retenu à ce jour.

Quel avenir judiciaire pour Israilov et Ahiel ?

Me Nir, l’avocat du couple, rejette catégoriquement l’option d’une libération sous conditions. Il dénonce une détention injustifiée, fondée sur des hypothèses hasardeuses : « Il n’y a rien. Pas une seule preuve. La justice ne peut pas se permettre de jouer ainsi avec la vie de deux innocents. »

Le tribunal de première instance de Petah Tikva doit désormais trancher. Soit il accepte la demande de la défense pour une libération inconditionnelle, soit il suit la ligne de la police en imposant une assignation à résidence ou d’autres mesures de restriction.

Quoi qu’il en soit, l’affaire pourrait bien marquer un tournant dans la manière dont les autorités israéliennes abordent les enquêtes de sécurité nationale. Et, dans un climat de tension régionale constante, elle illustre aussi la fragilité des certitudes dans des affaires d’espionnage où la frontière entre suspicion et réalité est souvent ténue.

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