Discrimination anti-juive à la frontière jordanienne : ils ont fouillé son chapeau !

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Discrimination anti-juive à la frontière jordanienne : ils ont fouillé son chapeau !

Un refus surréaliste pour visites humanitaires

Un Israélien ultra-orthodoxe s’est vu refuser l’entrée en Jordanie ce 23 juin 2025, alors qu’il souhaitait se rendre à l’aéroport pour embarquer vers Cracovie.
Son but ? Aller au chevet de son père gravement malade. Malgré des précautions inhabituelles — il avait collé ses peottes à ses cheveux et évité tout signe ostentatoire de judaïsme, comme les téfilines ou un siddour — les autorités jordaniennes l’ont stoppé net au contrôle.

“Pourquoi fouillez‑vous sous son chapeau ?” : l’indignation d’un témoin

Dudi Rubinstein, consultant touristique ultra-orthodoxe, raconte à Mako que l’homme — accompagné de sa mère — ne portait aucun signe religieux évident. Il devait embarquer dans l’avion dans dix minutes. « C’est vraiment exaspérant », confie Rubinstein. « Pourquoi fouillez‑vous sous son chapeau ? Il… est arrivé de la manière la plus spontané possible. Il a volontairement laissé ses téfilines et son siddour à la maison. » En conséquence, le père est resté seul à l’hôpital, et la mère n’a pas pu le rejoindre à Cracovie, faute de billet.

Un incident qui s’inscrit dans un contexte préoccupant

Depuis le début du conflit en Israël, près de 30 000 Israéliens, dont d’importantes communautés juives observantes, ont traversé les postes-frontières jordaniens. Plusieurs cas similaires ont émergé récemment : des touristes ultra-orthodoxes se sont vu refuser l’accès à la Jordanie en raison de portés religieux (péotes kippah, téfilines) .

D’une précision importante, en mai 2022, des responsables jordaniens avaient interdit à un groupe d’Israéliens de transporter des téfilines et un tallit vers la Jordanie, invoquant des « motifs sécuritaires » . Des cas antérieurs, recensés en 2016, impliquaient aussi des refus d’entrée à cause de signes cultuels comme la kippa ou les pèyot  .

La Jordanie se protège, mais à quel prix ?

Les autorités jordaniennes évoquent souvent des « questions de sécurité », et recommandent aux visiteurs juifs de ne pas afficher de signes religieux sur leur territoire  . Par le passé, des incidents sur des pèlerins se rendant à Jebel Haroun * ont entraîné des conseils du ministère israélien des Affaires étrangères pour éviter l’exposition visible de symboles juifs avant de passer la frontière  .

Un appel à la responsabilité politique

Rubinstein estime que cet incident devrait susciter une réaction des autorités israéliennes :
« Je pense que les responsables politiques devraient crier au scandale pour que tous les Israéliens, détenteurs d’un billet d’avion, puissent prendre ce vol. » Après tout, souligne‑t‑il, l’homme n’était pas en train de manifester, ni de brandir ses objets religieux.

Cette situation montre une Jordanie visiblement attentive aux signes religieux identifiables, au détriment d’urgences familiales. Ici, un père malade reste sans soutien.
Des experts et familles pointent le besoin urgent de clarification diplomatique et politique, afin qu’un simple kif — ou même une visite père-fils humanitaire — ne devienne pas une prise de tête à la frontière.

*Jebel Haroun (en arabe : جبل هارون, littéralement « montagne d’Aaron ») est une montagne située dans le sud de la Jordanie, près de la ville antique de Pétra. Elle culmine à environ 1 350 mètres d’altitude, ce qui en fait le plus haut sommet de la région.

Mais ce qui rend Jebel Haroun particulièrement important, c’est sa valeur religieuse et symbolique.

Une montagne sainte pour les trois monothéismes

Selon la tradition juive, chrétienne et musulmane, Aaron, le frère de Moïse et grand prêtre d’Israël, serait mort et enterré à cet endroit.
Cela fait de la montagne un lieu de pèlerinage ancien, notamment pour les Juifs et les chrétiens jusqu’au Moyen Âge, puis pour certains groupes juifs et religieux aujourd’hui.

Le tombeau d’Aaron

Au sommet se trouve un petit mausolée blanc, connu sous le nom de “Maqam Haroun” (le sanctuaire d’Aaron), construit au XIIIe siècle par les Mamelouks. Ce sanctuaire est encore aujourd’hui un site sacré pour les musulmans, qui y voient également Aaron (Haroun) comme un prophète.

Un lieu de tensions

Depuis plusieurs années, la Jordanie restreint fortement l’accès de groupes religieux juifs à Jebel Haroun. Des incidents ont eu lieu lorsque des visiteurs israéliens ont tenté d’y prier en public avec des objets rituels (téfilines, tallit), provoquant des tensions avec les autorités locales. En 2019, un groupe israélien a été expulsé de Jordanie pour avoir tenté de prier sur place sans autorisation.

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