Papillotes, kippa et plaques maquillées : un Palestinien déguisé en haredi arrêté avec six clandestins

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Papillotes, kippa et plaques maquillées : un Palestinien déguisé en haredi arrêté avec six clandestins

Par Claudine Douillet

Il s’était laissé pousser les papillotes, avait coiffé une kippa et revêtu l’habit noir des haredim. Le déguisement n’a pas suffi : des gardes-frontières ont arrêté le conducteur et ses six passagers, tous entrés illégalement en Israël.

Un contrôle de routine qui tourne court

L’arrestation a eu lieu jeudi 5 novembre au point de passage d’A-Zaïm, à l’est de Jérusalem. Les gardes-frontières y menaient une opération dans la ceinture de la capitale. Une voiture a attiré leur attention, et ils ont ordonné au conducteur de se ranger. Derrière le volant, un homme à l’allure de juif ultraorthodoxe, papillotes, kippa et vêtements traditionnels. Les vérifications ont vite révélé la supercherie : le conducteur était un Palestinien sans permis de séjour. Ses six passagers, eux aussi, se trouvaient illégalement en Israël.

Se fondre dans la foule pour franchir le barrage

Pour la police, le calcul du conducteur ne fait guère de doute. En se faisant passer pour un haredi, il espérait se fondre dans une population qu’on soupçonne rarement à ces points de contrôle, et franchir le barrage sans être inquiété. La ruse n’est pas totalement nouvelle, mais rarement poussée aussi loin : il avait laissé pousser les papillotes, ce qui suppose des semaines de préparation, et non un simple déguisement de circonstance.

Une voiture fantôme

L’examen du véhicule a ajouté une deuxième fraude à la première. La voiture était un véhicule retiré de la circulation, que l’argot policier israélien appelle « mashtouba », et ses plaques d’immatriculation avaient été changées. Ces voitures, souvent revendues en Cisjordanie après avoir été déclarées hors d’usage, échappent à tout suivi et servent régulièrement au transport de clandestins ou à des activités criminelles. Le véhicule a été remorqué, et une procédure de confiscation est engagée.

Hébron et Tulkarem, deux bastions sous surveillance

Les sept hommes viennent des régions de Hébron et de Tulkarem. Ils ont été remis à l’unité d’enquête et de renseignement des gardes-frontières pour la ceinture de Jérusalem, qui doit établir leur parcours, leurs points de passage et leurs éventuels complices en Israël. Pour les services de sécurité, le séjour illégal n’est pas un simple délit administratif. Chaque clandestin qui passe révèle une faille dans le dispositif, et la même faille peut servir à des individus bien plus dangereux que des travailleurs sans permis.

Un symbole qui dérange

L’image d’un Palestinien sous l’habit haredi a de quoi frapper, dans un pays où l’apparence religieuse sert souvent de repère, voire de laissez-passer implicite. Elle rappelle aux forces de l’ordre une vérité simple : le contrôle doit porter sur les papiers et les véhicules, pas sur les visages ni les tenues.

(Walla) https://www.walla.co.il/news/israel/383960337

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