Avant que l’ayatollah ne coupe Internet, la jeunesse iranienne avait parlé : « Merci Israël »

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Avant que l’ayatollah ne coupe Internet, la jeunesse iranienne avait parlé : « Merci Israël »

« Israël a tué des gens que nous détestons. Je suis émue » : sur TikTok, les jeunes Iraniens déchirés entre espoir, colère et gratitude

Tandis que les frappes israéliennes ciblent les infrastructures militaires du régime iranien, une autre guerre se joue, plus silencieuse mais tout aussi décisive : celle des cœurs et des esprits.

Sur TikTok, les voix étouffées de la jeunesse iranienne trouvent un souffle de liberté. Des vidéos bouleversantes, sincères, parfois contradictoires, témoignent d’une fracture profonde entre la population iranienne et ses dirigeants. Une chose est claire : en Iran, Israël n’est pas toujours l’ennemi. Parfois, il devient même un espoir inavoué.

Avant que le régime iranien ne plonge à nouveau le pays dans le silence numérique en coupant l’accès à Internet, de nombreux jeunes Iraniens avaient eu le temps de publier sur TikTok leur vision de la guerre. Et ce que l’on découvre, loin des slogans officiels de la République islamique, c’est une jeunesse inquiète, fatiguée, révoltée. Une jeunesse qui ne craint pas tant Israël que son propre régime.

Un jeune vidéaste anonyme, dont les publications reçoivent habituellement quelques centaines de vues, a vu son message exploser. Sa vidéo, vue plus d’un demi-million de fois, dit tout haut ce que des millions pensent tout bas :

« Le peuple iranien éprouve des sentiments contradictoires. Nous sommes tristes, désemparés, effrayés. Mais malgré tout cela, nous gardons un peu d’espoir. La République islamique n’est pas le peuple iranien. Elle nous a gouvernés de force pendant plus de 40 ans, elle nous a soumis à la charia, elle a tué des milliers d’entre nous. Israël pourrait nous attaquer pendant des jours, cela ne représenterait rien comparé à ce que le régime nous a fait subir. »

Maya, la voix qui résonne dans le vide iranien

Parmi les figures les plus écoutées de cette contre-narration numérique, Maya — alias @mahyabli — s’impose avec émotion et lucidité. Suivie par des centaines de milliers d’abonnés, elle a publié deux vidéos qui font sensation.
Dans la première, elle exprime son désarroi : « Israël a tué des gens que nous haïssons en Iran. Mais je suis tellement perdue sur ce sujet. Je sais que l’ennemi de mon ennemi n’est pas nécessairement mon ami, et je sais qu’Israël ne cherche pas forcément à nous libérer de ce régime, mais je suis perdue. Priez pour nous. »

Dans une autre vidéo, Maya catégorise la population iranienne en trois groupes : « Il y a ceux qui soutiennent le régime et veulent voir Israël anéanti. Il y a ceux qui s’opposent au régime et espèrent qu’Israël le renversera. Et il y a ceux, comme moi, qui rejettent le régime, mais pensent que seule une révolution populaire peut le faire tomber. » Et elle insiste, avec gravité : « Le peuple est le problème, le problème n'est ni Israël ni le régime. »

La diaspora iranienne brise le silence

De l’autre côté du monde, les Iraniens exilés prennent aussi la parole. Une femme installée aux États-Unis, dont la vidéo a été vue plus de 2,3 millions de fois, raconte avec émotion :
« Cela fait 40 ans que nous voulons simplement être libres. Retrouver notre vie, notre dignité, nos rêves. » Une autre, vivant en Australie, remercie Israël sans détour :

« Pour la première fois depuis des années, j’ai retrouvé l’espoir. Merci d’avoir tenu tête à ceux qui ont réduit mon peuple au silence. Israël ne combat pas les Iraniens, il combat ceux qui nous assassinent. Merci d’avoir fait ce que le monde a refusé de faire. »

Quand Israël devient un symbole de résistance

L’influenceur israélien Sahar Mazuz, qui dialogue souvent avec des jeunes Iraniens en ligne, témoigne d’un changement d’attitude : « Beaucoup d’Iraniens exilés m’écrivent. Ils me disent leur admiration pour Israël, leur espoir de voir une révolution éclore. Ils veulent croire que le renversement est proche. »

Ce sentiment trouve un écho jusque dans les rangs de l’opposition monarchiste. Mardi, Reza Qoresh Ali Pahlavi, héritier du dernier Shah d’Iran, a déclaré que le régime de Khamenei était à l’agonie : « Il est en train de s’effondrer. Khamenei s’est réfugié dans la clandestinité comme un rat effrayé et a perdu le contrôle. »

Ce discours, diffusé sur X (anciennement Twitter), a embrasé les réseaux sociaux. Quelques heures plus tard, l’Internet iranien était brusquement suspendu. Le régime a compris : aujourd’hui, les révolutions naissent sur TikTok et Twitter. Couper Internet, c’est retarder l’inévitable.

Israël, catalyseur d’un soulèvement ?

Dans le tumulte géopolitique, un fait demeure : les jeunes Iraniens ne sont pas dupes. Ils savent que leur véritable ennemi siège à Téhéran, pas à Jérusalem. Ils savent aussi que, derrière les bombes et les déclarations de guerre, se cache peut-être une opportunité. Celle de secouer les chaînes d’un régime qui les opprime depuis des décennies.

L’ennemi de leur ennemi ne sera peut-être jamais un allié. Mais il est, à cet instant, un miroir. Un miroir dans lequel la jeunesse iranienne, pour la première fois, ose regarder sa douleur… et son espérance.

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