Pourquoi, hétéro j’ai choisi de faire un bébé tout seul— le témoignage d’un père en Israël

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Pourquoi, hétéro j’ai choisi de faire un bébé tout seul— le témoignage d’un père en Israël

Yaniv Shevah, père par amour : l’histoire bouleversante d’un homme seul face au miracle de la vie.

Il a décidé de devenir père sans femme, sans compromis, mais avec une foi inébranlable

À 51 ans, Yaniv Shevah n’a pas attendu que la vie lui offre une nouvelle histoire d’amour pour concrétiser son rêve de devenir père. Après une séparation douloureuse d’avec son ex-compagne, mère d’une petite fille à laquelle il s’était profondément attaché, une certitude le hante : il veut un enfant à lui, porter ce rôle de père non pas en demi-teinte, mais avec tout son être. Il veut aimer, transmettre, construire. Et il décide de le faire… seul.

« Je me suis demandé pourquoi j’attendais. J’avais cet amour en moi qui n’attendait que d’être offert. »

La décision : une GPA, seul face à l’institution

En 2016, Yaniv se lance dans un processus que la plupart considèrent comme hors norme : avoir un enfant par gestation pour autrui. Il passe des nuits blanches à chercher, à lire, à comprendre le protocole, les implications juridiques, le choix de la donneuse d’ovocytes, puis de la mère porteuse.

Il choisit une donneuse qui lui ressemble : cheveux bruns, yeux sombres, et surtout, une lettre qu’elle a rédigée à l’intention de l’enfant. Une lettre d’amour, pudique, pleine de promesses silencieuses. Cette lettre le bouleverse. Ce sera elle.

La mère porteuse, elle, vit dans le Minnesota. Une Américaine déjà mère de quatre enfants, au regard doux et à la voix posée. Yaniv la rencontre, échange avec elle, s’assure qu’elle comprend, qu’elle accepte, qu’elle le soutiendra. Elle dit oui. Le transfert d’embryon réussit du premier coup. Miracle.

Le secret gardé… et les silences de la peur

Pendant des mois, Yaniv garde ce projet secret, même à ses parents. La peur du jugement, l’angoisse du rejet, la honte d’un chemin qui ne ressemble à aucun autre. Ce n’est qu’une fois la grossesse bien entamée qu’il parle à sa mère. D’abord décontenancée, elle finit par l’accompagner avec une tendresse discrète. Elle meurt un an avant la rédaction de cet article, mais aura vu naître son petit-fils.

La naissance : une course contre le temps, un cœur qui explose

Eliraz vient au monde prématurément, alors que Yaniv est encore dans l’avion en direction des États-Unis. À l’aéroport, il se précipite vers l’hôpital. Il ne sait pas encore qu’à partir de ce moment, il ne sera plus jamais seul.

Quand il tient Eliraz dans ses bras pour la première fois, il pleure. Longtemps. Silencieusement. Il n’a jamais nourri un nourrisson, il n’a jamais changé de couches. Il n’a pas de compagne pour l’épauler. Il fait appel à une aide israélienne venue quelques jours, mais rapidement, il doit tout faire seul. Nourrir, laver, bercer, consoler. Il apprend. Il chute. Il se relève.

La mère porteuse reste proche pendant les premières semaines. Elle vient même lui rendre visite à l’hôtel, le rassure, lui montre comment calmer les coliques, lui offre des sourires et des conseils.

De retour en Israël : entre bonheur pur et fatigue extrême

À Herzliya, Yaniv doit tout repenser. Il n’a pas dormi une nuit complète depuis des mois. Mais il tient bon. Le biberon devient rituel. Les bains du soir sont son sanctuaire. Il découvre l’amour brut, sans détour. Il ne travaille plus à plein temps, refuse les promotions. « Ce qui m’importe, c’est d’être là. Tout le reste peut attendre. »

Mais il constate aussi une forme d’abandon du système. Pas de soutien spécifique pour les pères célibataires. Pas de congé adapté. Il se bat pour ses droits, mais aussi pour sa dignité. Car tout cela, il le fait pour Eliraz.

Aujourd’hui : une complicité fusionnelle et des questions d’enfant

Eliraz a presque six ans. Il est curieux, solaire, extrêmement attaché aux figures féminines. Il appelle la maîtresse « maman », s’attache à la femme d’un ami comme à une mère. Yaniv n’en est pas jaloux. Il comprend. Il répond aux questions avec vérité : « Tu es né d’une dame qui nous a aidés. Je suis ton papa, et je serai toujours là. »

Il garde le contact avec la mère porteuse, leur envoie des photos, partage les étapes importantes. Il veut qu’Eliraz sache. Qu’il n’y ait ni mensonge ni flou.

Une famille à part entière

« Je suis une famille », dit Yaniv. Une phrase simple, mais lourde de sens. Contre les préjugés, contre les modèles rigides, il construit une cellule stable, aimante, solide. Il sait que le monde n’est pas toujours tendre avec ceux qui osent sortir du cadre. Mais il s’en moque. Parce que son fils rit. Parce qu’il dort contre lui, paisiblement. Parce qu’il a transformé le manque en force.

Une révolution discrète, mais éclatante

L’histoire de Yaniv Shevah est celle d’un homme ordinaire qui a fait un choix extraordinaire. Elle interroge nos normes, notre rapport à la famille, au genre, à la parentalité. Mais surtout, elle touche. Parce qu’elle dit que l’amour d’un père, seul, peut suffire à faire naître un monde.

Israël, terre de liberté pour les nouvelles parentalités

En Israël, le choix de fonder une famille, même en dehors des cadres traditionnels, bénéficie d’un climat juridique et culturel plus ouvert que dans bien d’autres pays.
Les procédures de gestation pour autrui (GPA) y sont encadrées, accessibles aux hommes seuls et aux couples de même sexe, sous certaines conditions.
Cette ouverture contraste fortement avec la rigidité de la France, où la GPA reste interdite, ou avec les pays musulmans où toute forme de parentalité hors mariage est non seulement illégale, mais souvent socialement condamnée.
En permettant à des hommes comme Yaniv Shevah de devenir pères sans devoir renoncer à leur vérité, Israël affirme son engagement en faveur de la liberté individuelle, du pluralisme familial et du droit fondamental à la parentalité.

Un homme ancré dans la réalité, mû par un idéal de transmission

Yaniv Shevah, aujourd’hui âgé de 51 ans, réside à Tel Aviv et travaille pour la municipalité de Herzliya.
Son quotidien professionnel, bien que stable, ne répondait pas à son désir profond de fonder une famille.
Après une relation significative avec une femme divorcée, mère d’une fille, il a ressenti un vide affectif, une aspiration à la paternité qui ne pouvait attendre une nouvelle rencontre amoureuse.

Plutôt que de chercher une autre compagne, Yaniv a choisi de devenir père seul, convaincu que l’amour et la stabilité qu’il pouvait offrir à un enfant ne dépendaient pas d’une relation de couple.

Cette décision, loin d’être impulsive, s’inscrivait dans une réflexion profonde sur le sens de la parentalité et sur sa capacité à élever un enfant dans un environnement aimant et sécurisé.

 

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