Survivants de la Shoah en Israël : entre précarité et solitude, un appel à l’aide

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Survivants de la Shoah en Israël : entre précarité et solitude, un appel à l’aide

“Il est difficile de garder la joie quand on n’a rien à manger”

Les survivants de la Shoah : entre solitude, traumatismes et précarité

À l’approche du 80e anniversaire de la capitulation de l’Allemagne nazie, la réalité des survivants de la Shoah en Israël demeure alarmante. Beaucoup vivent dans la solitude, confrontés à des souvenirs douloureux ravivés par les conflits actuels, et souffrent d’une précarité économique qui rend leur quotidien presque insupportable.

“Les survivants de la Shoah, appartenant à la troisième génération, ne vivent pas toujours dans la dignité”, déclare avec émotion Inbal Barda, 25 ans, bénévole et coordinatrice régionale sud de l’association « לחיות בכבוד ». Cette organisation, active depuis plus de 30 ans, distribue quotidiennement 3 500 repas chauds aux survivants à travers le pays.

Une aide essentielle face aux carences de l’État

“Il y a beaucoup de bureaucratie liée à l’obtention des droits pour les survivants de la Shoah. Mais pour nous, à l’association, peu importe dans quel ghetto vous étiez ou en quelle année”, explique Barda. “Si vous avez besoin d’aide, nous vous aiderons. Ce qui compte pour nous, c’est qu’ils sachent que nous voyons et ressentons leur douleur.”

L’association ne se contente pas de fournir de la nourriture. Elle offre également une présence humaine, un soutien émotionnel et une écoute attentive. “Nous sommes une famille pour chaque survivant. La nourriture est la chose la plus basique. Il est difficile d’avoir de l’espoir, de garder sa joie, quand on ne mange pas”, souligne Barda.

Des témoignages poignants

Fanny Friedman, née en 1934, confie : “C’est très difficile pour moi. Je ne peux pas me tenir debout et cuisiner.” Irene Weiss, née en 1931, ajoute : “Je porte beaucoup de vêtements pour qu’on ne voie pas combien je maigris. Jeter une miette ? C’est impensable. Cela ne me quitte pas, et plus je vieillis, plus cela me hante.”

L’impact des conflits actuels

La guerre actuelle ravive les traumatismes du passé. Barda raconte la visite à une survivante de 89 ans après le 7 octobre : “Elle s’est effondrée complètement. Elle a expliqué que cette guerre ramenait tout à la surface. Elle a pointé son cœur et dit que la douleur était là, comme si c’était hier.”

La peur des missiles empêche certains de sortir pour acheter de la nourriture ou des médicaments. “Ils préfèrent ne pas manger ou ne pas acheter de médicaments plutôt que de risquer leur vie en sortant”, explique Barda.

D’autres survivants brisent le silence

Parmi les voix qui s’élèvent, celle de Bella, 94 ans, retient l’attention. Survivante du ghetto de Varsovie, elle vit aujourd’hui seule à Bat Yam. Elle confie aux bénévoles : « Je ne sais plus faire les courses, et même si je le pouvais, je ne pourrais pas porter les sacs. C’est humiliant de dépendre des autres, mais je n’ai pas le choix. » Elle ajoute, dans un murmure chargé de dignité : « Quand les missiles tombent, je reste immobile. Je n’ai plus la force de courir. »

À Haïfa, Moshe, 90 ans, partage avec pudeur : « Je n’ai pas pleuré pendant la guerre, mais aujourd’hui je pleure souvent. Je crois que c’est la faim, ou peut-être la solitude, je ne sais pas. »

Ces témoignages rappellent que, derrière les chiffres, ce sont des visages, des destins, des hommes et des femmes qui ont tout perdu et continuent à se battre, cette fois contre l’oubli.

Un appel à la solidarité

L’association « לחיות בכבוד » cherche des bénévoles pour rendre visite aux survivants, leur apporter des repas et surtout, leur offrir une présence humaine. “Chaque visite est une opportunité de donner un câlin. Nous essayons que chaque personne âgée ait un bénévole attitré. Ce n’est pas juste déposer un repas et partir”, insiste Barda.

“Ce sont des personnes qui ont construit le pays, et aujourd’hui, elles n’ont rien à manger”, conclut-elle. “C’est notre responsabilité de les aider. Beaucoup d’entre eux sont descendus du bateau et sont allés directement se battre, et aujourd’hui, ils n’ont rien à manger. C’est une honte pour nous que de telles personnes se retrouvent dans ces situations.”

 

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