Israël interdit l’entrée à 27 élus français de gauche : une rupture diplomatique inédite

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Israël interdit l’entrée à 27 élus français de gauche : une rupture diplomatique inédite

Israël refuse l’entrée à 27 élus français de gauche : “Israël ne veut pas d’ennemis sur son sol”

Une décision choc qui met le feu aux poudres diplomatiques

À deux jours de leur départ pour une mission parlementaire à Jérusalem et dans les territoires palestiniens, 27 élus français de gauche se sont vus brutalement interdire l’entrée en Israël, leurs visas révoqués sans préavis.
Parmi eux, des figures bien connues comme François Ruffin, Alexis Corbière, ou encore Soumya Bourouaha, tous membres de La France Insoumise, LFI  des Écologistes ou du Parti communiste.

L’annonce est tombée le samedi 20 avril, comme un coup de massue sur une délégation qui s’était préparée à ce déplacement depuis plusieurs semaines.
Leur objectif ?
Porter un message de paix, dialoguer avec les acteurs israéliens et palestiniens, visiter les lieux de tensions.
Mais pour Tel Aviv, il semble qu’
aucun dialogue n’est possible avec ceux que l’État considère comme des adversaires idéologiques.

Une réplique assumée : “Pas de place pour les détracteurs”

Selon le ministère israélien de l’Intérieur, cette décision repose sur une loi votée en 2017, qui autorise l’interdiction d’entrée aux personnes soutenant le boycott ou s’opposant à la politique de l’État d’Israël.
Les élus français, accusés implicitement d’hostilité, auraient agi contre les intérêts de l’État, justifie le communiqué israélien.

Un argument que rejettent fermement les parlementaires français : « C’est une punition collective infligée à des élus démocratiquement mandatés », ont-ils dénoncé dans une lettre ouverte, avant d’annoncer une conférence de presse à Paris pour dénoncer “une atteinte grave à la diplomatie parlementaire et à la liberté de circulation”.

 Un précédent révélateur : Rima Hassan également bloquée

Ce n’est pas la première fois que l’État hébreu ferme ses portes à des figures politiques françaises de gauche. Il y a quelques semaines, Rima Hassan, suppléante au Parlement européen sur la liste LFI, s’était elle aussi vu refuser l’entrée sur le territoire israélien. Militante virulente pour la cause palestinienne, et connue pour ses prises de position hostiles à l’existence même de l’État d’Israël, elle avait été stoppée à la frontière et renvoyée en Europe.

Ce double refus d’admission – Rima Hassan puis l’ensemble de cette délégation parlementaire – envoie un message limpide : Israël refuse désormais d’accueillir sur son sol toute personnalité soupçonnée de promouvoir une rhétorique hostile ou de remettre en question sa souveraineté.

Une crise diplomatique en germe entre Paris et Jérusalem ?

Cette décision intervient dans un contexte géopolitique tendu. Le président Emmanuel Macron a récemment évoqué la possibilité de reconnaître un État palestinien lors d’une conférence internationale prévue en juin à New York.
Une déclaration qui a irrité plusieurs membres du gouvernement israélien, déjà confronté à une montée des critiques venues d’Europe.

À Paris, l’affaire suscite de vives réactions. De nombreux élus parlent d’un “incident diplomatique majeur”. Certains demandent même au président de suspendre toute coopération parlementaire avec Israël tant qu’une explication claire ne sera pas fournie.

Israël assume son choix

Au sein du gouvernement israélien, on assume : “Nous n’avons pas à laisser entrer ceux qui cherchent à nous délégitimer. Israël n’est pas un paillasson sur lequel on s’essuie les pieds pour faire de la politique spectacle.”

Cette phrase, prononcée par un proche du ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, résume la doctrine actuelle : la sécurité idéologique du pays vaut autant que sa sécurité physique.

 Un tournant dans la diplomatie israélienne ?

Ce durcissement inédit marque peut-être un tournant dans la doctrine diplomatique d’Israël. Longtemps, l’État hébreu avait laissé ses critiques étrangers circuler librement, comptant sur la puissance de ses arguments et la démocratie de ses institutions.
Désormais, il trace une ligne rouge : on n’entre plus en Israël si l’on soutient ceux qui appellent à sa disparition.

Ce positionnement radical, qui inquiète autant qu’il fascine, soulève une question de fond : peut-on encore faire de la diplomatie si l’on est soupçonné d’hostilité ?
Et surtout, quels sont les critères exacts pour définir cette “hostilité” ?

 

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