Loi antisioniste en Israël : le gouvernement finance l’évasion militaire

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Loi antisioniste en Israël : le gouvernement finance l’évasion militaire

La « loi des dortoirs » : une subvention pour l’évasion de service militaire ? Les réservistes crient à l’injustice sociale

La commission ministérielle de législation israélienne a approuvé dimanche la
« loi des dortoirs », un projet controversé qui subventionne les frais de garde pour les enfants des familles ultra-orthodoxes, même lorsque le père n’est ni employé ni mobilisé dans les forces de défense.
Présentée comme une solution temporaire pour éviter le recrutement obligatoire de jeunes ultra-orthodoxes, cette loi suscite une vive opposition, non seulement au sein de la population générale mais aussi parmi les réservistes, qui y voient une atteinte à la justice sociale et un profond sentiment d’abandon.

« En pleine guerre, approuver une loi qui encourage l’évasion est un véritable coup de poignard pour ceux qui donnent leur vie pour le pays », a déclaré un groupe de réservistes.

Un financement public pour les évadés du service militaire ?

En Israël, l’obligation du service militaire est une règle à laquelle se conforment la plupart des citoyens. Cependant, de nombreux ultra-orthodoxes en sont exempts, invoquant leurs études religieuses comme raison de ne pas s’enrôler. La nouvelle loi permettrait à ces familles de bénéficier de subventions pour la garde d’enfants même si seule la mère travaille.
En pratique, cette mesure offrirait des aides substantielles à des foyers où les hommes restent dans les yeshivas pour étudier la Torah, sans prendre part ni au travail ni au service militaire.

« Nous faisons face à une injustice criante. Alors que certains se battent en première ligne, d’autres bénéficient d’avantages sans assumer aucune responsabilité envers la sécurité ou l’économie nationale », s’indigne un soldat de réserve récemment rappelé pour son quatrième tour de service.

Un budget de plusieurs millions de shekels en faveur de l’inégalité

Le coût de cette loi est estimé à 200 millions de shekels par an. Les opposants soulignent que cet argent pourrait être utilisé pour soutenir les familles des soldats, notamment celles des réservistes, qui subissent un lourd impact financier en raison de leurs obligations militaires répétées.
Le président de la commission législative, Yariv Levin, et le ministre de l'Éducation, Yoav Kish, ont tous deux tenté de défendre la mesure en la présentant comme un soutien aux femmes ultra-orthodoxes qui travaillent, sans toutefois apaiser les critiques sur la nature discriminatoire de cette loi.

Le chef d’état-major Herzi Halevi et le ministre de la Défense Yoav Galant ont reçu une lettre signée par plus d'un millier de jeunes réservistes et soldats actifs. Ces derniers appellent le gouvernement à abandonner ce qu’ils considèrent comme une « loi antisioniste » et demandent le recrutement obligatoire de tous les citoyens, sans exception pour motif religieux.

« Cette loi favorise ceux qui fuient leurs obligations. Elle abandonne la classe moyenne et les soldats qui font passer le bien du pays avant leur propre bien-être », lit-on dans la lettre.

Une loi qualifiée d’anticonstitutionnelle par le médiateur de l'État

La médiatrice Gali Beharve-Miara a émis un avis qualifiant la loi d’anticonstitutionnelle, arguant qu’elle crée une inégalité flagrante entre les citoyens en encourageant indirectement l’évasion militaire. Selon elle, subventionner les dortoirs pour des enfants de familles qui refusent l’engagement militaire est une atteinte aux principes d’équité nationale.

Le cri des réservistes : « Garantir la justice sociale pour tous »

Les réservistes, qui sont appelés à reprendre du service parfois plusieurs fois par an, dénoncent une « garantie mutuelle devenue une coquille vide ».
Nombre d’entre eux, qui reportent études, carrières et vie personnelle pour servir le pays, estiment qu’une telle loi légitime un modèle de société dans lequel une partie de la population bénéficie d’aides sans contrepartie, tandis que d’autres assument les risques et les sacrifices.

Les propos de Yonatan Shalev, un réserviste de 22 ans récemment rappelé au service, illustrent bien le ressenti des soldats sur cette question :

« Nous avons consacré toute une année à notre pays sans poser de questions. Comment expliquer qu’on nous ignore pour subventionner ceux qui n’ont ni obligation militaire, ni devoir envers la société ? »

Bennett et les leaders de l’opposition dénoncent un projet de loi destructeur

L'ancien Premier ministre Naftali Bennett a exprimé son opposition, qualifiant la loi de « loi antisioniste » et dénonçant l'absence de sanctions pour ceux qui échappent à leurs obligations nationales. D’après lui, ce projet crée un précédent dangereux qui pourrait affaiblir la défense nationale à long terme. Il propose un modèle alternatif visant à conditionner les subventions sociales au service militaire, afin de préserver l’égalité et la solidarité nationale.

« Si cette loi passe, nous envoyons un message clair : servir le pays est optionnel, mais les subventions sont garanties », a averti Bennett.

En conclusion, la loi des dortoirs est perçue comme un moyen de maintenir le statu quo pour les ultra-orthodoxes, mais elle aggrave les fractures sociales en Israël, en accentuant l'injustice perçue par les réservistes et la classe moyenne. Les opposants à cette loi soulignent que le pays a besoin d’une politique qui respecte le principe fondamental de justice sociale et d'égalité de contribution pour tous les citoyens.

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