Enfants du 07/10 : Les premiers secours psychologiques face à l'horreur

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Enfants du 07/10 : Les premiers secours psychologiques face à l'horreur

Comment apporter les premières secours psychologiques aux enfants traumatisés : Guide essentiel pour les parents

Face aux situations de traumatisme chez les enfants, la priorité est d'apporter un soutien mental immédiat. Michal, Daniel et Yael, comme tant d'autres enfants en Israël, ont vécu des expériences traumatisantes après les événements du 7 octobre.

La clinique post-traumatique de Schneider a développé un modèle d'intervention pour aider les enfants et leurs familles à surmonter les traumatismes.
Ce modèle, appelé SLM, est basé sur trois principes clés : l'appartenance, l'organisation cognitive et la compétence.

Qu'est-ce que le modèle SLM ?

Le modèle SLM est une méthode de premiers secours psychologiques développée pour fournir une aide rapide et efficace dans les situations traumatisantes. Il s'appuie sur trois piliers essentiels pour restaurer la sécurité mentale des enfants :

  1. Appartenance : Restaurer le sentiment de sécurité et d'appartenance.
  2. Organisation cognitive : Aider à comprendre et organiser l'expérience.
  3. Compétence : Renforcer les capacités personnelles et restaurer le contrôle.

Ces trois principes permettent de structurer une réponse rapide qui favorise la récupération de l'enfant après une situation de crise.

L'importance de l'appartenance : Restaurer la sécurité

La première étape dans l'intervention est de restaurer le sentiment de sécurité de l'enfant. Comme l'explique le Dr Avigal Schnir, directeur de la clinique post-traumatique :
« Les enfants ont besoin de savoir qu'ils sont en sécurité ici et maintenant ». Cela implique de rétablir des repères familiers pour les enfants, qu'ils soient à la maison ou dans un autre environnement.

Dans le cas de Yael, 3 ans, évacué avec sa famille, la perte de repères familiers avait miné son sentiment de sécurité. Les parents de Yael ont créé un espace rassurant dans leur nouvel hôtel, en accrochant des photos familiales et en recréant des moments familiers.
« Nous veillons à ce que nos enfants se sentent en sécurité, même dans des environnements temporaires », ajoutent-ils.

Organisation cognitive : Aider l'enfant à comprendre ce qu'il a vécu

La deuxième étape consiste à organiser l'expérience de l'enfant en lui fournissant des explications claires. Selon le Dr Avigal Schnir, « il est crucial que les enfants puissent comprendre les événements qu'ils ont vécus pour commencer à les surmonter ». Il est essentiel d'adapter les informations à l'âge de l'enfant, tout en raison de ce qui s'est passé et pourquoi.

Dans le cas de Daniel, 17 ans, qui s'isolait après avoir été exposé à des vidéos de violence, ses parents lui ont aidé à comprendre l'origine de son anxiété. Ils ont également expliqué comment son corps réagissait aux vidéos traumatisantes, permettant à Daniel de retrouver un sentiment de contrôle.

Renforcer les compétences et restaurer le contrôle

Enfin, restaurer le sentiment de contrôle chez les enfants est fondamental pour leur récupération. Cela peut être fait en encourageant l'autonomie et en les aidant à retrouver leur routine. « Les enfants qui sont encouragés à agir de manière autonome après un traumatisme se retrouvent plus rapidement leur capacité à faire face », explique Adi Shamia - Atsmon, psychologue au Child Development Institute.

Pour Michal, 7 ans, qui avait perdu un membre de sa famille dans les attaques du 7 octobre, participe à des activités créatives comme faire des gâteaux pour les soldats lui a permis de retrouver son sentiment de compétence. « Cela l'a idée à se concentrer sur quelque chose de positif et à se sentir utile à nouveau », ont déclaré ses parents.

Pourquoi les premiers secours psychologiques sont essentiels

L'application des premiers secours psychologiques après un événement traumatique peut avoir un effet positif immédiat sur les niveaux de détresse des enfants et des adolescents.
« Les premiers secours psychologiques permettent non seulement de réduire la détresse immédiate mais aussi de prévenir les conséquences à long terme des traumatismes », souligne le Dr Avigal Schnir.

En appliquant les principes du modèle SLM, les parents peuvent jouer un rôle central dans le rétablissement de leurs enfants après une expérience traumatisante. Cela renforce non seulement le lien familial, mais favorise également la résilience mentale des enfants, essentielle pour les aider à surmonter les défis de la vie.

Des histoires humaines derrière les traumatismes

Les enfants victimes de traumatismes ne sont pas seulement des cas cliniques, ce sont avant toute des vies bouleversées.
Prenons l'exemple de Michal, 7 ans, qui, après avoir été témoin de la perte tragique d'un membre de sa famille et d'une intrusion terroriste dans son foyer, se retrouve incapable d'évoquer ces souvenirs sans fermer les oreilles de manière défensive.
Elle, qui aimait autrefois écouter des histoires avec ses parents avant de s'endormir, ne peut désormais plus supporter le moindre bruit qui lui rappelle cet événement.
Ses nuits sont hantées par des cauchemars, et ses parents se battent pour restaurer chez elle un sentiment de normalité. Chaque jour est une petite victoire pour cette famille qui réapprend à vivre dans l'ombre d'une tragédie.

Daniel, 17 ans, est un autre exemple poignant. Exposé aux horreurs de la guerre à travers des vidéos brutales partagées sur les réseaux sociaux, il a vu ses amis reprendre leur vie alors que lui est resté prisonnier de ses pensées sombres.
«Il se renferme, il ne sort plus de sa chambre», témoignent ses parents, inquiets. Ce jeune homme, qui devait se préparer à son enrôlement dans l'armée, se retrouve paralysé par l'angoisse, incapable de dormir, se voyant sans cesser lui-même ou ses proches dans des situations d'extrême violence. "Il a toujours été fort, mais là, je ne le reconnaissance plus", confie son père, désemparé.

Yael, 3 ans, quant à elle, est encore trop jeune pour mettre des mots sur ce qu'elle a vécu. Ses pleurs incessantes, ses régressions soudaines comme le fait de recommencer à uriner au lit, sont les seules façons pour elle d'exprimer son angoisse. Ses parents, eux-mêmes traumatisés par le déplacement brutal de leur foyer, se sentent impuissants, incapables de lui redonner le sentiment de stabilité dont elle a tant besoin. "On essaie de la rassurer, mais parfois, on est nous-mêmes perdus", avoue sa mère, épuisée.

 Les premiers secours psychologiques ne sont pas une solution miracle, mais ils représentent un premier pas vers la guérison.


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