Comment la capture des terroristes a fracturé la communauté arabe en Israël

Actualités, Alyah Story, Antisémitisme/Racisme, Israël - le - par .
Transférer à un amiImprimerCommenterAgrandir le texteRéduire le texte
FacebookTwitterGoogle+LinkedInPinterest
La loyauté des Arabes israéliens remis en cause

Près de deux semaines de cavale, un chemin de croix puis une douche froide.

L’arrestation des six détenus palestiniens évadés de la prison israélienne de Gilboa, les 10, 11 et 18 septembre, a suscité une immense déception parmi les Palestiniens.

Selon les avocats de deux de ces hommes, érigés en héros nationaux, le groupe n’avait apparemment aucun plan une fois les murs du pénitencier franchis. Les quatre premiers, arrêtés au bout de cinq jours, ont échoué à passer en Cisjordanie, et erré par petits groupes dans les campagnes, se nourrissant de baies, peinant à trouver de l’eau.

L’oreille collée à une radio pour suivre les nouvelles de leur traque, ils n’ont visiblement pas reçu de soutien de leurs organisations (le Fatah et le Jihad islamique, petite formation vouée à l’action violente).

Dans les environs de Nazareth, deux d’entre eux auraient tenté de chercher de la nourriture auprès d’habitants, selon les autorités israéliennes. Ils ont été capturés près du mont du Précipice, au sud de la ville.

Le plus célèbre d’entre eux, Zakaria Zubeidi, ancien patron des brigades du Fatah à Jénine, dans le nord de la Cijsordanie, durant la seconde Intifada (2000-2005), a été retrouvé peu après, déshydraté, sur un parking à l’est de Nazareth.

Son avocat a affirmé que les hommes qui l’ont arrêté lui avaient brisé la mâchoire et deux côtes, alors qu’il était menotté. Les deux derniers ont été arrêtés à Jénine, samedi 18 septembre. Ils se cachaient hors du camp de réfugiés de la ville, qui restait sur le pied de guerre depuis deux semaines, et se sont rendus sans résistance.

 

Mais le plus dur, pour l’opinion palestinienne, est que des habitants de Nazareth, ville arabe d’Israël, qui les avaient aperçus durant leur errance, ont facilité leur capture, selon la police israélienne, trahissant ainsi la cause nationale. « Pendant quatre jours, les fugitifs ont cru qu’ils obtiendraient de l’aide et du soutien d’Israéliens arabes, et ils avaient tort », s’est félicité le ministre de la sécurité publique israélien, Omer Bar-Lev, le 11 septembre.

Sur les réseaux sociaux palestiniens, les noms et les photographies de résidents de Nazareth accusés d’avoir dénoncé les évadés ont été publiés. Les intéressés ont nié. Des habitants de Jénine ont enjoint ceux de Nazareth à ne plus se rendre dans leur ville.

Des Arabes d’Israël viennent habituellement en nombre y passer le week-end, faire des courses ou se soigner à moindres frais.

Jamal Zubeidi, l’oncle de Zakaria, a affirmé sur Facebook qu’« à partir d’aujourd’hui, en ce qui [le] concerne, [les Palestiniens d’Israël] sont des Arabes israéliens – bédouins israéliens, druzes israéliens, chrétiens israéliens et circassiens israéliens – tous leurs enfants servent dans l’armée israélienne et [travaillent] dans des entreprises de défense israélienne, ils en sont fiers, ils lèvent le drapeau israélien et chantent Hatikva », l’hymne national israélien.

 

Cela est faux : à l’exception de jeunes issus de la minorité religieuse druze, la plupart ne servent pas dans l’armée. Emporté par sa déception, M. Zubeidi faisait une énième fois le procès en « loyauté » de ces descendants d’Arabes demeurés sur leurs terres en 1948, durant la guerre qui suivit l’indépendance d’Israël, alors que 700 000 autres étaient contraints de quitter le pays. Cette communauté, fort diverse, demeure tiraillée entre sa citoyenneté israélienne et sa nationalité palestinienne. Or, justement, elle venait de reformuler les termes de ce vieux débat.

En mai, durant la dernière guerre à Gaza, une série inédite de manifestations et d’émeutes avait couru de Jérusalem-Est à la demi-douzaine de villes dites « mixtes » d’Israël, où Arabes et Juifs vivent côte à côte. Un mouvement de solidarité avait alors traversé la Palestine historique, provoquant une grève commune dans les territoires occupés comme en Israël.

Ces événements ont incité à revoir la manière même dont se nomme la minorité en Israël, qui représente 20 % de la population.

L’Etat, qui les a soumis à un régime militaire jusqu’en 1966, les dit « Israéliens arabes ». Nombre d’entre eux inversent couramment l’ordre de ces deux mots. En 2019, ils étaient près de 68 % à se définir comme « Arabes » ou « Arabes israéliens », selon un sondage du site d’information de gauche israélien +972. Seuls 32 % se voulaient avant tout « Palestiniens » ou « Palestiniens-Israéliens ».

Mais cette étude avait le défaut de contraindre les répondants à un choix, quand nombre d’entre eux assument une identité complexe, accolant avec pragmatisme les termes les uns aux autres : « Palestinien citoyen d’Israël » ou « Arabe palestinien vivant en Israël ». Pour ceux des territoires occupés ou exilés à l’étranger, ils sont aussi les « Palestiniens de 1948 », ceux « de l’intérieur ».

Dans le même temps, en juin, la communauté a fait un pas important pour son intégration en Israël. La Liste arabe unie (RAAM en hébreu), le parti islamo-conservateur de Mansour Abbas (quatre sièges au Parlement), a brisé un plafond de verre, en intégrant pour la première fois une coalition de gouvernement.

M. Abbas n’a rien d’un sioniste, mais il est pragmatique : il cherche à améliorer le sort des villages bédouins non reconnus par l’Etat dans le Neguev (Sud) et à faire endiguer une criminalité endémique dans les régions arabes.

Son expérience ne doit pas faire oublier un fait : les Palestiniens d’Israël votent peu. Moins de 45 % se sont rendus aux urnes en avril. Les autres refusent de reconnaître l’existence d’Israël, ou bien sont las de partis arabes très divisés, ou réticents à valider un « système » politique jugé discriminant. Même parmi ceux qui votent, des avocats, des médecins bien intégrés se reconnaissent dans le programme du parti nationaliste Balad, qui refuse la nature juive de l’Etat.

Durant la cavale des six de Jénine, leurs députés au Parlement israélien sont d’abord demeurés discrets, finissant par exiger que l’Etat cesse de réprimer les détenus, alors que des émeutes naissaient dans les prisons.

L’Autorité palestinienne a appelé pour sa part la population à ne pas blâmer ses « frères » en Israël. Comme elle, le Hamas a aussi cherché à lisser les différends, estimant que « l’adhésion de notre peuple à son identité arabe palestinienne dans l’intérieur occupé constitue l’un des plus grands défis du projet sioniste, qui tente de l’intégrer dans sa société raciste ».

Le mouvement islamiste, qui ne reconnaît pas officiellement l’existence d’Israël, a beaucoup gagné en popularité en mai, y compris parmi les Arabes d’Israël, en s’érigeant en défenseur des lieux saints à Jérusalem, après des opérations brutales menées à Al-Aqsa par la police israélienne.

Source : Le Monde

Mots clés : gilboa, terroristes évadés, palestiniens, arabes israéliens, arabes palestiniens, israel, arabes israéliens 

Vous cherchez à communiquer efficacement sur vos services ?
Communiquez sur Alliancefr.com, le premier magazine juif sur le net 
Plus qu’un magazine, Alliance est une plateforme à destination de la communauté juive francophone concernée par Israël et le monde juif
Son ADN  : offrir  une information dans tous les domaines sur Israël 
Contactez-nouspour découvrir la formule de communication qui vous convient.
tel : 01 70 00 75 75,, 

Vos réactions

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A voir aussi