Sanction pénale minimale pour 4 femmes proxénètes et trafiquantes d'êtres humains en Israël

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Des femmes proxénètes et trafiquantes d'êtres humains en Israël.

Des femmes proxénètes et trafiquantes d'êtres humains en Israël.

Un accord faisant suite à un procès a pris fin la semaine dernière, quatre trafiquantes ont reçu des peines minimales allant de 27 mois à 4,5 ans de prison et une amende de 5 000 shekels.

Les faibles sanctions, ainsi que le fait que l'État n'a pas encore budgétisé le nouveau programme de lutte contre la traite des êtres humains, sont une preuve de la pauvreté du système judiciaire israélien

Essayez d'imaginer,un instant, la sanction pénale  que vous pensiez devoir appliquer à un trafiquant d'êtres humains, un réseau qui sévit depuis de deux ans, exploitant des dizaines de femmes, à des fins de prostitution, les privant de leur liberté et utilisant leur corps et leur vie exclusivement à son profit ?

Dans un accord sur le plaidoyer qui a pris fin cette semaine, quatre femmes trafiquantes (Nodri Kabazda, Yuri Seminov, Ahmer Shahada et Roslan Otinsky) ont été condamnées à des peines minimales allant de 27 mois à 4,5 ans de prison et à une amende de 5 000 shekels.

Sur les dizaines de femmes qu’elles ont exploitées à des fins de prostitution en Israël, elles n’ont été obligées d’indemniser que deux victimes pour la somme humiliante de 2 500 shekels soit environ 700 euros. Comme si ce montant pouvait compenser les délits graves commis, comme l'exploitation de leur corps et les post-traumatismes qui continueront à les accompagner tout au long de leur vie.

Israël a réussi à arrêter la traite des femmes à travers la frontière avec l'Égypte qui faisait rage en Israël depuis le début des années 2000 et s'enorgueillit à ce jour, mais à vrai dire, la traite n'a pas disparu d'Israël elle a juste changer de forme.

Pour beaucoup d'entre nous c'est difficile à croire, mais les réseaux de traite des femmes opèrent dans notre vie quotidienne et sont presque ininterrompus.

Les victimes de la traite à des fins de prostitution continuent de venir en Israël.  Elles entrent en Israël par la porte principale après avoir été informées par leurs proxénètes de ce qu'il faut dire aux gardes frontières à l'aéroport .

Ces femmes trafiquantes à la tête de ce réseau de prostitution, recrutent des femmes dans des situations de grande précarité dans les pays d'Europe de l'Est, leur promettant la lune et en particulier la possibilité d'apporter un bien-être économique à leurs familles, de les amener en Israël afin de les exploiter quotidiennement, de les priver de leur liberté, de les violer, de les abuser et de les exploiter.

En janvier 2019, le gouvernement a réalisé qu'il y avait un problème et une décision gouvernementale a été prise avec un nouveau plan de lutte contre la traite des êtres humains en Israël.

Plus d'un an après la décision, elle n'a pas encore été appliquée et aucune clause n'a été mise en œuvre. La culpabilité peut être imputée à la situation politique, en l'absence de budget de l'État, mais ce ne sont que des excuses, voici des vies humaines, des vies de femmes, que personne dans le pays ne peut défendre, car le problème est ignoré.

L'indemnisation humiliante indiquent que le système judiciaire ne prend pas en compte la vie des victimes.

Pourtant, le système judiciaire devrait jouer un rôle important dans la lutte contre la traite des femmes - il doit sensibiliser le public, punir et dissuader sévèrement les trafiquants et indemniser les victimes de manière appropriée, envoyant ainsi un message fort, qui ne passerait pas inaperçu afin de dissuader d'autres criminels de ce type dans le pays.

Au lieu de cela, les juges ont accueilli favorablement la volonté des accusées d'accepter un accord sur le plaidoyer et d'économiser ainsi beaucoup de temps à la justice.

Le temps judiciaire économisé est une ressource publique et son utilisation pour la lutte contre la traite des femmes n'est pas une perte de temps .

"La traite des femmes n'a pas disparu, elle a juste changer de forme"

Étonnamment, dans cette affaire, aucun communiqué de presse n'a été publié, ni aucun avocat interviewé sur la question et tout le monde semble tout à fait à l'aise dans cette sordide affaire de traite d'êtres humains.

En faisant ce choix, le ministère public a choisi d'ignorer ces dizaines de femmes victimes de la traite qui ont été exploitées à des fins de prostitution en Israël mais également toutes les victimes actuelles et futures de la traite en donnant carte blanche à d'autres criminels.

Ils pourront, en toute quiétude, continuer de faire venir des femmes d'Europe de l'Est, les prostituer sans avoir à se soucier d'une sanction judiciaire, tout au plus un rappel à l'ordre. 

La semaine dernière, nous avons célébré le 72e jour de l'indépendance de l'État d'Israël, après 72 ans, il était temps pour nous d'agir pour qu'Israël soit une société équitable et morale où les femmes ne sont pas des biens que l'on peut échanger et exploiter quotidiennement pour la prostitution.

Nous devons lutter contre tous les moyens possibles de traite des femmes et ne pas nous contenter de décisions gouvernementales qui restent sur le papier et servent de feuille de vigne qui peut à peine cacher la honte.

L'auteur est co-directeur du siège pour la lutte contre la traite des femmes et la prostitution
l'avocat Ayelet Dayan

 

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