L'étonnante reconversion de Yann Moix d'antisémite à l'étude du Talmud ...

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Yann Moix a participé à des publications antisémites et négationnistes dans sa jeunesse. Des caricatures qu’il regrette aujourd’hui.

Les dessins antisémites de Yann Moix

Les dessins antisémites de Yann Moix

 

Avant d’écrire des prix Goncourt, de publier chez les plus grands et de devenir un auteur à succès, Yann Moix a eu une autre vie. À 21 ans, l’auteur de Jubilations vers le ciel, ed.Grasset qui a un jour rêvé de devenir auteur de BD, publie des dessins antisémites dans un magazine de fabrication artisanale, comme le révèle L’Express. Le titre de la publication, Ushoahia, avec une étoile de David sur le "i", donne le ton. Les caricatures de Yann Moix y illustrent des propos d’une grande violence : "Les six millions de Juifs soi-disant morts dans les camps en carton-pâte que la Metro Goldwyn Mayer a fait construire pour le compte de quelques Juifs avides de pognon..."

La Une du premier numéro ? Un dessin de Yann Moix qui met en scène un déporté qui joue de la guitare dans un camp. Derrière lui, un homme à la batterie et un tas de cadavre. La page deux n’est pas plus reluisante : "Chacun sait que les camps n’ont jamais existé". La phrase du militant négationniste français Robert Faurisson est mise à l’honneur par les créateurs du magazine. Quelques articles plus loin, ce sont Anne Sinclair, André Glucksmann ou encore le philosophe Bernard Henri-Levy qui trinquent : "Ce philosopheux coprophage et sodomite sioniste au nez long, dont le crâne n’a pas été rasé par les amis d’Adolf". Quatre ans après la publication de ces lignes, c’est pourtant BHL qui l’introduit chez Grasset et lui ouvre les portes du milieu très fermé de l’édition....

Contacté par L’Express, Yann Moix affirme regretter profondément d’avoir pris part à ce journal créé par deux ou trois camarades qu’il a rencontré sur le bancs de l’ESC Reims, qu’il a fréquenté avant Science-Po.

S’il reconnait être l’auteur des dessins, il assure que les textes ne sont pas de lui. Qu’il n’a jamais été antisémite : "Je souhaitais simplement, par le choix de sujets tabous (...) choquer les gens qui me liraient. Je me fichais alors du sujet. Le conflit israélo-palestinien ne m’intéressait pas. La "question juive" non plus". L’écrivain de 51 ans a depuis développé un grand attrait pour la culture juive, a appris l’hébreu et lu le Talmud : "Les antisémites notoires tentent tantôt de me faire passer pour juif, tantôt pour antisémite. Désolé, je ne suis ni l’un ni l’autre". 

Yann Moix, aujourd'hui dans la tourmente, éprouve de profonds remords : "En repensant à ces pages vieilles de plus de trente ans qui sont exhumées aujourd’hui, j’ai non seulement envie de vomir, mais de vomir le jeune homme de vingt ans que j’étais. Et que je déteste."

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