Paracha de la semaine :CHOPHETIM La génisse décapitée

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claude layani choftim paracha de la semaine , la vache décapitée

CHOPHETIMLa génisse décapitée

Les derniers versets de notre Sidra (Deut. XXI, 1-9) se rapportent à la cérémonie de la "génisse décapitée (egla aroufa), représentant un sacrifice d'expiation lorsque le cadavre d'un homme a été découvert dans le pays et que l'on ne savait pas qui l'avait frappé.

En fait la communauté toute entière porte la responsabilité du drame, telle est la leçon de ce passage. Nos commentateurs se partagent sur le point de savoir si cette responsabilité collective de la cité est à imputer à une faute à l'égard de la victime que l'on n'aurait su héberger et protéger ou à une défaillance vis-à-vis du meurtrier que l'indifférence criminelle de la société n'aurait su garder de lui-même.

"Tes anciens et tes juges iront mesurer la distance qui sépare le cadavre de cet homme des villes qui sont situées dans les environs".(Deut. 21,2).

Cette opération devait avoir lieu même, précise Rabbi Shimon (Sanhédrin 14), quand la proximité du cadavre par rapport à telle ou telle ville était évidente. Il ne fallait pas se fier à l'apparence du rapprochement géographique pour établir les responsabilité mais, par la mesure exacte, la déterminer objectivement et sans passion.

Ce souci de procédure peut vouloir démontrer que l'instruction devait être menée sans aucun parti pris ; on ne se fiait pas à l'apparence des sens, mais les données objectives des chiffres de l'arpenteur enlevaient tout argument à la cité qui aurait été tentée de nier sa responsabilité.

Le principe cher entre tous à la juridiction juive "yétzé din leamito" que personne ne puisse s'élever contre la chose jugée est sauvegardée.

Cette exigence de mesure chiffrée négligeant l'évaluation apparente peut aussi être comprise sous un angle moral: la responsabilité que la Communauté avait encourue vis-à-vis de la victime ou vis-à-vis du meurtrier, pouvait précisément être causée par une superficielle considération de ce homme inconnu qui se présentait et qui allait devenir victime ou assassin.

Son apparence peut-être opulente avait écartée de lui ceux qui ne voulaient envisager l'aide à autrui que sous l'aspect de l'assistance matérielle, ou peut-être une pudeur de pauvre honteux cachait-elle un grand dénuement sous des dehors bienséants. Une gaieté extérieure ne peut-elle, par ailleurs, dissimuler une grande détresse.

La société se laisse prendre facilement aux sortilèges des mirages, elle le fait d'autant plus volontiers qu'elle cherche des alibis, des arguments à son indifférence.

L'homme seul, pauvre ou nu, s'en était retourné entre deux villes et était devenu victime par abandon ou criminel par désespoir.

Il aurait fallu aller au fond des choses, analyser la réelle situation matérielle, briser la coque de timidité, de pudeur ou d'amertume, pour engager le dialogue avec cet autre et l'empêcher d'errer sans espoir dans la cité. Telle peut encore être la leçon de cette obligation de délimiter précisément quelle ville devra sacrifier la génisse pour se laver de son indifférence et son égoïsme.

La Michna Sota 9,6 commente ainsi l'intervention des juges et des anciens concernant ce meurtre dont l'auteur reste inconnu: "Pourrions-nous imaginer un instant que les anciens du Tribunal soient coupables de meurtre ? Que veut dire alors: "Nos mains n'ont pas versé ce sang ?" Cela signifie: Cet homme n'est pas entré dans notre domaine et que nous l'ussions laissé partir sans nourriture. "Et nos yeux n'ont pas vu", cela signifie: nous n'avons pas vu cet homme pour le laisser partir sans accompagnement.

Et le Talmud d'amplifier cet enseignement en concluant en ces termes: "Celui qui ne prête pas assistance à son prochain, c'est comme si ses mains avaient versé du sang et comme s'il avait assisté impassible à un meurtre." Une leçon que les nations devraient méditer.

Claude Layani

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