Voyage en barbarie : des geôles secrètes à la frontière israélienne

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Des géoles à ciel ouvert à quelques kilomètres d'israel

                            Ils ont enquêté sur un terrifiant trafic de migrants érythréens dans le Sinaï

Luc Mathieu qui a couvert pour Libération le conflit syrien et le djihadisme, ainsi qu’à Cécile Allegra et Delphine Deloget, ont été récompensées conjointement pour Voyage en barbarie.

Leur longue et éprouvante enquête a abouti à un documentaire diffusé par Public Sénat le 14 octobre dernier, qui a déjà été primé meilleur documentaire lors du New York City International Film Festival 2015. Leur reportage a également été publié en plusieurs épisodes dans Le Monde cet automne.

L’Erythrée, prison à ciel ouvert

Leur passionnant documentaire décrit le calvaire subi par de jeunes Erythréens qui tentent de fuir leur pays transformé en prison à ciel ouvert par Issayas Afehworki, héros de l’indépendance devenu dictateur paranoïaque, une sorte de Pol Pot oublié.

Pour échapper à la misère, à l’absence de liberté et à un service militaire qui dure jusqu’à 50 ans, les Erythréens sont de plus en plus nombreux à tenter l’aventure vers l’Europe ou Israël.
Mais beaucoup de ces candidats à l’exil sont capturés par des trafiquants, souvent Soudanais, qui au terme d’un épuisant voyage dans le désert ou par la mer Rouge, les livrent aux Bédouins du Sinaï.

Parmi cette population laissée pour compte par l’Etat égyptien, certains sont devenus des bourreaux qui enferment et torturent atrocement leurs captifs, afin d’obtenir une rançon de leur famille et de la nombreuse diaspora érythréenne.
50 000 Erythréens seraient passés depuis cinq ans par ces geôles secrètes à quelques kilomètres de la frontière israélienne, et 10 000 n’en sont pas revenus.
Un “juste” chez les Bédouins

Voyage en barbarie a retrouvé quelques rescapés qui tentent de se reconstruire.

On en découvre certains, réfugiés en suède, où une militante érythréenne, Meron Estefanos, a réussi à les faire parvenir après les avoir inlassablement soutenus dans leur captivité. Car aussi incroyable que cela paraisse, les otages restent en contact avec l’extérieur grâce au téléphone que leur laissent leurs tortionnaires. Avec parfois des supplices “en direct” avec leurs familles, qui se ruinent et s’endettent à vie pour réunir les sommes énormes – jusqu’à 50 000 dollars – exigées pour une hypothétique libération.

Cécile Allegra et Delphine Deloget ont également pu rencontrer un “juste” parmi les Bédouins, Cheikh Mohammed Hassan Awwad qui, avec ses hommes armés jusqu’aux dents, aurait délivré près de 500 migrants.

Religieux rigoureux, il agit au nom de sa religion, affirmant : “La torture est contraire à l’islam ! Arrêtez de kidnapper les Africains !”
Source les INROCKS


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