Comment contrôler le Djihad en France?

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Selon Manuel Valls, 3000 djihadistes seraient en France. Comment peut-on tous les surveiller?

Les djihadistes ont des profils très différents, certains sont d'anciens membres des filières irakiennes ou afghanes et ont été condamnés à la prison puis libérés. Ils ont néanmoins un rêve commun: rejoindre l'Etat Islamique. Pourquoi la surveillance des apprentis-djihadistes en France est- elle si compliquée ?

«La tâche est immense, et il ne faut pas croire que nous pourrons toujours parer tous les coups. Le fait d'être connus des services n'empêche pas des auteurs potentiels d'attaques de passer au travers des mailles des filets" annonce une source anti terroriste.

Pour augmenter la surveillance des terroristes, plus de 2680 postes seront créés. Il s'agira aussi de faire une liste des suspects, classés par ordre de dangerosité et de s'y référer en permanence.

«Au premier niveau, quand on a un nom, on commence par voir s'il apparaît dans d'autres enquêtes. Si c'est le cas, on le relie à un réseau. Si ce n'est pas le cas, on regarde les fichiers administratifs: il travaille ou pas? Il touche le chômage? Est-il sorti du territoire, combien de fois? On échange avec les alliés pour voir s'il apparaît dans des bases de données étrangères, on regarde son compte en banque...»

Quand intervient la mise sur écoute des suspects?

La surveillance accrue d'un potentiel djihadiste est difficile car elle necessite un grand nombre d'hommes mobilisés. Pour un seul suspect, pas moins de vingts policiers sont requis.

«Si le client semble sérieux, on peut passer aux écoutes. Et si on découvre des choses inquiétantes, on peut décider un suivi de terrain. Avec une limite évidente: il faut une vingtaine d'agents pour surveiller une cible 24 heures sur 24», selon la source.

Les écoutes ne sont pas fiables à 100% et les djihadistes savent très bien les détourner pour échapper à la surveillance de la police.

Les candidats au djihad ne cessent d'augmenter

Les français qui partent faire le djihad, sont souvent ceux que l'on n'attend le moins. En effet, parmi eux, on trouve des jeunes françaises, comme Emilie mère de deux enfants et convertie à l'Islam. Elle est partie en novembre 2013 pour rejoindre le front en Syrie "je suis dans un groupe de soeurs combattantes en Syrie" écrivait -elle sur les réseaux sociaux.

La tentation de l'enfer

Les lycéennes françaises qui partent faire le djihad sont nombreuses, proies faciles car vulnérables et influençables, elles sont recrutées sur les réseaux sociaux puis basculent dans une spirale infernale.

Attirées par des promesses de leurs recruteurs, les jeunes filles s'aperçoivent de la réalité du djihad trop tard: mariage forcé, violences, surveillance et souvent aucune chance de faire machine arrière.

Selon, Hans-Georg Maassen, chef des renseignements intérieurs allemands, « elles veulent épouser des martyrs. Il y a presque une obsession avec le paradis après la mort, qui se transforme en culte de la mort. »

Les femmes ne combattent pas, mais elles sont exposées à des bombardements de la coalition contre des groupes djihadistes en Irak ou en Syrie.

Le nombre de français impliqués dans le djihad a plus que doublé en un an, il passe de 555 à 1281.  Selon les services de renseignement, 190 djihadistes français sont revenus en France et 250 sont en «transit vers la zone».

Caroline Haïat

Avec AFP, Ouest-France et le Figaro

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