Reprise des cours dans le sud d'Israël malgré des tirs de roquettes

Israël - le - par .
Transférer à un amiImprimerCommenterAgrandir le texteRéduire le texte
FacebookTwitterGoogle+LinkedInPinterest

Pour la première fois depuis deux semaines, plusieurs centaines d'enfants ont repris le chemin des classes dimanche dans le sud d'Israël, bravant la menace des tirs de roquettes palestiniens sur fond de poursuite de l'offensive de Tsahal sur la Bande de Gaza.

Les établissements scolaires ont fermé leurs portes le 27 décembre, au premier jour de l'opération militaire "Plomb durci" destinée à en finir avec des années de tirs de roquettes de militants palestiniens sur le sud d'Israël. Les tirs ayant diminué, l'armée israélienne a fait savoir dimanche que les élèves pouvaient retourner dans les écoles dont les bâtiments sont suffisamment solides pour résister à une attaque.

Inquiète, Chana Oved aurait préféré que son fils Daniel, bientôt âgé de 10 ans, reste à la maison, mais après deux semaines sans école, le petit garçon était impatient dimanche de sortir et retrouver ses camarades. "J'ai peur. Je ne veux pas qu'il y aille, mais il a insisté", expliquait cette mère de famille de 48 ans, alors que l'enfant la traînait dans l'école élémentaire Haroeh de Sderot. "D'habitude, il n'aime pas aller à l'école".

La ville de Sderot, située à 1,5km de la frontière avec la Bande de Gaza, a fréquemment été la cible de tirs de roquettes au cours des huit dernières années. Huit habitants ont été tués, des centaines d'autres blessés et la quasi-totalité de la population est traumatisée par les fréquentes sirènes qui retentissent et les explosions de projectiles.

Toutes les écoles de Sderot ont été fortifiées. L'école Haroeh est protégée par un toit en béton, elle compte plusieurs abris en cas d'explosions de bombes et une gare routière fortifiée se trouve à l'extérieur. Dimanche, des soldats étaient postés dans l'établissement scolaire pour venir en aide aux élèves en cas de déclenchement d'une sirène.

Bien qu'angoissée, Chana Oved reconnaissait néanmoins que son fils trouverait quelque distraction à l'école. Tous deux ont été blessés dans l'explosion d'une roquette qui a frappé leur maison il y a plusieurs années et Daniel présente depuis des symptômes de stress post-traumatique. "Il est traité par un psychologue" mais les symptômes sont toujours là, dit-elle. "Il n'a plus jamais été le même".

D'après des conseillers de l'école, les enfants se sentent généralement plus en sécurité dans l'enceinte de l'établissement, au milieu de leurs amis, et les interactions sociales les aident à mieux faire face au danger qui les entoure.

Dimanche, nombre d'élèves semblaient cependant être restés chez eux. Des représentants de la municipalité ont annoncé que quelque 2.300 élèves s'étaient rendus en cours, soit un taux d'environ 60%. Quatre roquettes sont tombées sur Sderot dans la journée, dont une près d'une école, sans faire de blessés, selon l'armée.

La ministre de l'Education Yuli Tamir a déclaré que les élèves avaient repris le chemin des cours seulement dans les zones protégées du sud d'Israël. Elle a exprimé l'espoir que la reprise des cours permette de renouer avec un semblant de routine en ces heures de tension et d'incertitude pour les enfants.

Dans de nombreuses autres communes du sud d'Israël, les écoles sont restées fermées. Des roquettes ont frappé plusieurs établissements scolaires inoccupés ces deux dernières semaines. Dimanche, un jardin d'enfants déserté a été touché dans la ville d'Ashdod.

Leah Maman, employée comme secrétaire à l'école Haroeh, s'est rendue au travail avec sa fille de 12 ans, Eden, car l'établissement scolaire de l'enfant, dans un village proche, n'est pas fortifié et n'a pas rouvert ses portes. Eden confiait sa hâte de reprendre les cours. "Mes amis me manquent", expliquait-elle.

D'autres parents ont refusé de renvoyer leurs enfants en classe, car même si les écoles sont fortifiées, le chemin pour s'y rendre comporte des risques. Les habitants de Sderot disposent seulement de 15 secondes pour trouver un abri entre le moment où les sirènes retentissent et l'explosion d'une roquette. "Le problème ne trouve pas à l'intérieur des écoles, mais dans le fait de s'y rendre", soulignait Mari Ochana, dont la fille de 16 ans est restée à la maison. Ces quinze secondes peuvent être "critiques"

Vos réactions

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A voir aussi