Accueil à l’agence juive

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AJF.gifAujourd’hui je suis allée à l’agence juive pour confirmer l’inscription au volontariat civil en Israël d’une de mes filles…

Je félicite cette initiative offerte aux jeunes et moins jeunes,  désireux de vivre, pendant quelques semaines, un Israël de l’intérieur, loin des médias, et des circonvolutions des différents  courant intellos , ici ou là,  qui dissèquent ce  pays, sans en reconnaître sa  globalité,  ignorant bien souvent sa réalité.

C’est par cette approche, avec ses jeunes militaires, conscients de leur rôle dans la société israélienne, de leur utilité,  avec cette identité fortement ancrée, qui avancent sans peurs, ni doutes, sur le chemin à suivre, qui font un excellent exemple pour ces jeunes qui débarquent de France, pour la plupart remplis de fausses idées sur la liberté, la force, et les convictions quand ils ne sont pas paumés sur les  promesses d’un avenir qui déchantent souvent un manque de responsabilités,  par manque de véritables manques, devrai-je dire …

C’est une école de vie qui apporte une vision agrandie, particulièrement sur la vie en  collectivité, sur la fraternité, qui apprends à faire le tri entre essentiel, nécessaire, et superflu.

Mon fils, âgé de 18 ans a fait son premier volontariat le 11 juillet 2006 le jour même où éclatait la seconde guerre du Liban .
Bien-sûr j’étais inquiète, mais en même temps fière qu’il puisse vivre une telle expérience,  saisir  les contrastes , pour ne pas dire les paradoxes de ce pays comprendre, que devant l’urgence nous avons juste le temps d’être nous mêmes, avec nos émotions et pour seule arme l’envie de vivre, parce que vivre est le défi permanent.

Il est en revenu grandi, enraciné dans son identité, avec cette altérité accrue, une sensibilité, plus forte aussi, quand il pense à ces soldats disparus avec qui il avait sympathisé à la base, qui lui ont appris quelques brides d’hébreu pour draguer les filles du bâtiment d’à côté, et qu’il ne reverra plus, même si on ne lui a pas dit clairement.

Il a pris conscience de la valeur de la vie, surtout devant ces  jeunes soldats, du même âge que lui, qui malgré le risque de ne pas revenir, ont donné le meilleur d’eux-mêmes avec leurs nouveaux amis en vivant simplement l’instant présent.
C’est sur cette expérience réussie que l’une de mes filles a souhaité à son tour la vivre.

Le rendez-vous est donc pris avec l’UPI qui a élu domicile pour cette année à l’agence juive.
Quand la sécurité est entre les mains d’un imbécile, elle devient abus de pouvoir et même discrimination évidente :
Est-il possible que parce que le nom indiqué sur votre passeport n’est pas juif, on vous refuse l’accès au bureaux de l’UPI ?
Est-il possible qu’un vigile, alors que vous lui parlez dans sa propre langue, un hébreu courant, vous demande de sortir de l’agence juive avec votre fille parce qu’il estime que vous êtes peut-être un danger ?

Est il possible que celui-ci exige que ce rendez-vous, dûment enregistré sur son cahier, pour participer au volontariat civil en Israël…,  doit se passer dans la rue parce qu’il nous refuse l’accès au bureau ?

Est-il possible que nous nous soyons donc retrouvées, cette charmante dame bénévole de l’UPI frappée du même coup par cet anathème, dans un café à régler les derniers détails de cette inscription au volontariat civil en Israël ?
Oui c’est possible ! C’est encore possible après 60 ans, une seconde guerre mondiale, des israéliens de souche, qui n’ont connu ni de près ni de loin la Shoa, se permettent de dire, « dehors vous n’êtes peut-être pas juif… »
Est-ce utile de vous dire que ce vigile par excès d’orgueil et non pas de zèle, donne une vision cauchemardesque des israéliens dans leur ensemble ?  

Etait-ce utile de rappeler à ce vigile, que sans ces hommes de courage et de conviction, dont mon père faisait parti, qui ont répondu présents en 1948 à l’appel de Ben Gourion pour défendre Israël, prenant place sur ce vieux rafiot « l’Althalèna », ce vigile de l’agence juive, ne serait pas là aujourd’hui à vociférer derrière sa vitre triple vitrage « dehors! », sûr de son droit imbécile, armée de cette arrogance, qui font de lui le parfait exemple, la clé de voûte du pourquoi du rejet d’Israël, par les médias, par les, « non-juifs ».

Il illustre, à son insu, par cette paranoïa et arogance, abusives, cet émergeant néo-antisémitisme qui aveugle toute la nouvelle génération,.

Elles, pourtant, gorgées d’amour pour leur état, qui se retrouvent face à de tels individus qui brisent à jamais leur foi, et part, de la même cette identité chèrement acquise, au sein d’une diaspora qui ne demande qu’à les intégrer.
Qui sont donc ces hommes dont l’éducation s’est réduite à deux critères relationnels juifs ou pas juifs ?
Incapable de sortir de cette paranoïa qui font de cet état un creuset parfait pour toutes sortes d’extrémisme.
tant qu’Israël fera de la Shoah, consciemment ou inconsciemment sa pierre d’achoppement pour  justifier de tels comportements abusifs, irrationnels, il devient, lui même, l’instrument de sa propre destruction et  il sera à jamais poursuivie par les mêmes monstres qui exigent son éradication tout comme l’avait prévu les nazis .

Tout comme le vrai pouvoir, la volonté de paix se fait de l’intérieur avant d’être extérieure.
A fuir ses démons on commence par leur ressembler.

Claudine Douillet

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