Alyado: Le defi d'Israel par Bernard Zanzouri

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Le défi d'Israël

Pendant très longtemps, l'alya de France était le parent pauvre des alyotes. Beaucoup plus présente dans les discours des politiques que dans les financements, c'était une vague - ou plutôt une vaguelette - qui, comment dire, en fait... n'intéressait personne.

Moins sexy qu'un olé qui quittait la Sibérie après un bras de fer avec le KGB, moins fortuné et influent que l'américain, moins touchant que l'éthiopien qui devait rattraper mille ans de civilisation, l'immigrant français souffrait du complexe du "parvé" et de son sionisme exacerbé qui lui faisait accepter tout et n'importe quoi avec une bienveillante résignation.


Ses diplômes n'étaient pas reconnus même s'il sortait d'HEC et de L'ESSEC? Et bien ils se débrouillerait. Il devait repasser le permis de conduire parce que des milliers de juifs russes étaient venus ici avec des permis achetés au marché noir? Pas grave!


Dentiste depuis 20 ans dans son cabinet parisien, il devait pourtant passer un examen casse-pipe mal traduit et mal foutu qu'il devait repasser au bas mots trois fois pour avoir le droit d'exercer? Que faire, c'était comme ça.


Cette réalité infernale doublée de sa mentalité pionnière - certes tout à son honneur - était aussi la cause de nombreux retours en France. Retours de gens meurtris, désillusionnés, déçus. Et portant sur le front la marque de Caïn. La marque du yored.
Mais, depuis quelques mois, c'est la fête, la révolution. Les chiffres de l'alya de France sont en hausse constante. De nulle part au monde, figurez-vous, on ne monte en Israël plus que de l'hexagone.


Et soudain tout le monde s'intéresse au petit olé français. Qui n'a pas son petit selfie avec un immigrant de France souriant de toute ses dents?
Ministres, députés, directeurs de ministères se réclament d'obédience française; presse nationale et internationale se ruent à l'assaut des associations aidant à l'intégration et jusqu'ici laissées dans l'ombre et obligées de demander l'aumône pour subsister.
L'immigrant de France est soudain dépeint comme extraordinaire, courageux, sioniste, prêt à servir son pays.


Parfait. Sur tous les plans.


Mais sait-on seulement qu'il tire la langue, dans sa grande majorité, pour joindre les deux bouts? Même quand il n'en dit rien? Qu'il prend juste en moyenne 6 jours de vacances au rabais dans l'année avec sa famille? Qu'il parle un hébreu boitillant à cause des call-centers sans lesquels il serait retourné en France depuis longtemps?
Il faut arrêter avec les photos, les slogans et les messages tronqués qui font croire que cette immigration de France massive vient du travail de qui que ce soit. C'est un fait et que nous n'allons pas analyser ici. Mais maintenant il faut travailler tous ensemble pour que cette vague tant attendue soit aidée. Conseillée. Guidée. Accueillie avec amour. Solidarité. Sincérité.


Tout autre scénario serait une honte.


Personnellement, j'ai l'honneur de diriger le programme de l'association AMI qui va faciliter l'alya des ados et de leurs famille. Mon premier voyage pour promouvoir ce projet - AMI Alyado - a été un grand plaisir et une grande découverte. Je vous raconterai tout ça dans mon prochain article. À bientôt.

 

Bernard Zanzouri

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