Festival de Cannes avec Alliance.Un choc avec la présentation du premier film israélien.

Chronique Cinéma - le - par .
Transférer à un amiImprimerCommenterAgrandir le texteRéduire le texte
FacebookTwitterGoogle+LinkedInPinterest

 

LOIN.jpg

Premier film israélien présenté aujourd’hui à Cannes, au sein de la section parallèle, "Un Certain Regard" le troisième long métrage de Keren Yedaya, « Loin de mon père ». C’est une adaptation très libre du roman de Shez « Loin de son absence ».

 

LOIN.jpg

 Après des passages réguliers sur la Croisette, la réalisatrice de « Mon trésor », qui avait obtenu la Caméra d’Or en 2004, annonce son retour avec un film ultra sulfureux qui, je pense, fera parlé de lui. Pourquoi ? L’histoire peut paraitre banale à première vue (quoique), celle d’un couple, Moshe, la cinquantaine et Tami la vingtaine toute fraiche vivent ensemble.

 

 Lui, n’hésite pas à la violer ou à la rouer de coup régulièrement, tandis qu’elle, reste plus ou moins consentante. Cette relation montrant Tami qui ne semble pas pouvoir se libérer. Elle lui prépare son petit déjeuner, son diner, lui coupe ses ongles, elle s’occupe de la maison de fond en comble,… 

 

Le problème réside dans le fait qu’ils sont père et fille. Tami semble physiquement enfermée, aussi bien dans cet appartement sombre, que dans ce corps qu’elle refuse d’accepter : elle est comme prisonnière. 

 

Du coup, pour se punir, n’hésitera-t-elle pas à exprimer sa souffrance à travers ses désordres alimentaires (jusqu’à se faire vomir) ou ses scarifications (scènes difficiles à supporter lorsqu’elle se taillade à plusieurs reprises ses poignets) ?

 

 « Loin de mon père » demeure un film insoutenable, car l’inceste y est montré de manière frontale, rien n’y est suggéré, les scènes de sexes, de violence sont d’une crudité extrême. Keren Yedaya ne perd pas de temps ; son film donne le ton (très réaliste) dès le début du film (« Mon film permet, explique la réalisatrice, d’accompagner des personnages qui prennent conscience de leur condition d’esclave »). 

 

Un grand bravo à l’actrice principale du film Maayan Turjeman qui joue ici son premier rôle! Loin de mon père, un choc donc : Keren Yedaya conclue en disant que « si le monde du cinéma veut faire entendre la voix des femmes, il doit comprendre que nous faisons, nous réalisatrices, les films d’une manière différente ». Jamais film israélien n’a osé aller aussi loin. Ce film n’a pas encore de date de sortie française.  

Laurent Bartoleschi

Vos réactions

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A voir aussi